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Vous êtes ici :Épopée de 1976
Vous êtes ici : :: Sections :: Matchs (de 1933 à saison précédente)Sujet
Épopée de 1976
PRÉSENTATION
Félin
Au milieu des années 1970, l’AS Saint-Étienne construit sa légende. Les joueurs réveillent et décomplexent un football français moribond. En trois saisons, les stéphanois affrontent les meilleures équipes du vieux continent pour atteindre en 1976, la finale des plus belles compétitions européennes : la Coupe d'Europe des Clubs Champions.





Le staff et l'effectif

Sommaire

Que sont-ils devenus quarante ans après ?
Roger Rocher

Roger Rocher (né le 6 février 1920 à Champlost dans l'Yonne et décédé le 29 mars 1997 à Saint-Étienne) était un industriel stéphanois, principalement connu pour avoir été le dirigeant de l'AS Saint-Étienne de 1961 à 1982.

>> [06/02/20] Dispositif Roger Rocher <<
A l'occasion du centenaire de la naissance de Roger Rocher
www.forumpeuplevert.com/t2782-06-02-20-dispositif-roger-rocher


Robert Herbin

Sa présentation

Robert Herbin est né le 30 mars 1939 à Paris et décédé le 27 avril 2020 à Saint-Étienne.

Formé au Cavigal de Nice, Herbin passe inexplicablement au travers des mailles du système de recrutement du grand club local, l'OGC Nice, à l'époque l'une des meilleures équipes françaises. Il entre en 1957 dans l'équipe de l'AS Saint-Étienne où il s'affirme vite comme l'un des grands espoirs du football français. Demi défensif athlétique et intransigeant, doué d'une détente et d'une frappe de balle exceptionnelles, Herbin s'épanouit dans le système 4-2-4 en vogue au début des années 1960 et s'impose assez rapidement en Équipe de France (quatrième du championnat d'Europe dès 1960), participant notamment à la Coupe du Monde 1966 en Angleterre. Il est l'un des piliers de la première génération du grand Saint-Étienne, quadruple champion de France consécutif de 1967 à 1970. Lors de la saison 1969-70, l'entraîneur des Verts Albert Batteux déplace Herbin au poste d'arrière central aux côtés de Bernard Bosquier. L'association fait merveille et Herbin continuera à ce poste durant toute sa carrière, même si l'émergence de la « garde noire » (Marius Trésor et Jean-Pierre Adams) lui barre le chemin de l'Équipe de France.
Suite à la démission d'Albert Batteux en 1972, Herbin se retrouve à trente-trois ans l'un des plus jeunes entraîneurs de France. S'appuyant sur un centre de formation sans égal à l'époque, il intègre une ribambelle de jeunes (Janvion, Lopez, Bathenay, Santini, Synaeghel, et surtout Rocheteau) aux cadres des Verts et bâtit l'une des toutes meilleures équipes d'Europe, n'échouant en finale de la Coupe des Champions 1976 face au Bayern Munich (0-1) que par la faute des tristement célèbres poteaux carrés du Hampden Park de Glasgow. Sous sa férule et après l'arrivée au club de Michel Platini à l'été 1979, les Verts restent au sommet du football français jusqu'en 1981, année de leur dernier titre de champion à ce jour.
L'affaire de la « caisse noire » durant la saison 1982-83 voit Herbin comploter contre le président stéphanois Roger Rocher pendant la grave lutte pour le pouvoir qui secoue l'ASSE. Cependant six mois après la chute de Rocher, Herbin doit quitter son club de toujours et est immédiatement engagé, ô ironie, par le rival régional lyonnais alors à l'agonie. Malgré de réels progrès en trois mois seulement, Herbin ne peut éviter la relégation en Division 2. Il quitte alors Lyon pour Valence, en Division 3, avant de faire son grand retour à Saint-Étienne en 1987. La période faste des Verts est toutefois bien révolue et les titres ne reviennent pas, ce qui conduit Herbin à quitter l'ASSE en 1990. Il occupe plusieurs autres postes d'entraîneur (entre autres en Arabie saoudite ou au Red Star) avant d'intégrer la FFF où il siège actuellement au Conseil Fédéral.

Le lendemain de son décès, les médias lui rendent hommage :


Une de L'Équipe

Journal télévisé de TF1


Ses anecdotes

Robert Herbin est le seul entraîneur de la période moderne du football français à avoir marqué un but pour son équipe en Division 1. Lors de la dernière journée de la saison 1974-75, trois ans après l'arrêt de sa carrière de joueur mais à trente-six ans seulement, Herbin s'offrit le luxe de disputer un match sans véritable enjeu (les Verts étant déjà mathématiquement champions) à domicile face à Troyes en tant qu'arrière central. Il y inscrivit sur penalty le dernier des cinq buts stéphanois.
Il était surnommé « le Sphinx » car il n'aimait pas s'exprimer ou le faisait contraint et forcé et avec parcimonie.


Sa carrière de joueur et d'entraîneur

Avant 1957

Joueur à Cavigal de Nice

1957-1975

Joueur à AS Saint-Étienne (489 matchs et 98 buts)
1962 : vainqueur de la Coupe de France
1964 : champion de France
1967 : champion de France
1968 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1969 : champion de France
1970 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France

1960-1968

Joueur en Équipe de France (23 sélections et 3 buts)

1972-1983

Entraîneur à AS Saint-Étienne
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions
1977 : vainqueur de la Coupe de France
1981 : champion de France

1983-1985

Entraîneur à Olympique lyonnais

1985-1986

Entraîneur à Al Nasr Riyad

1986-1987

Entraîneur à RC Strasbourg

1987-1990

Entraîneur à AS Saint-Étienne

1991-1995

Entraîneur à Red Star


Ivan Curkovic

Sa présentation

Ivan Curkovic est né le 15 mars 1944 à Mostar en Yougoslavie (sur le territoire actuel de la Bosnie-Herzégovine, mais il est yougoslave). Il est président du Partizan de Belgrade, club de football serbe. Il a également occupé le poste de président du Comité National Olympique de la Serbie-Monténégro, poste qu'il a quitté en février 2009. Il mesure 1,79 m pour 71 kg.

Après un brillant début de carrière en Yougoslavie qui le voit appelé en sélection nationale, Curkovic rejoint en 1972 l'AS Saint-Étienne, juste avant la grande époque de l'équipe. Lors de son premier match avec les Verts en amical, il encaisse quatre buts, ce qui provoque la gouaille du président stéphanois Roger Rocher envers le recruteur Pierre Garonnaire, instigateur du transfert : « C'est ça, Curkovic ? ». Mais l'inquiétude ne sera pas longue. Les bonnes performances s'enchaînent et Curkovic devient rapidement le chef de la défense stéphanoise et participera activement aux succès nationaux et européens des Verts dans les années 1970. On peut citer en particulier la demi-finale retour de la Coupe des Champions 1976 face au PSV Eindhoven, où il réalise un de ses matchs les plus aboutis, préservant un 0-0 qui qualifie l'ASSE (vainqueur à l'aller 1-0) pour la finale. Signe de son influence au club, Curkovic fait venir en 1974 à Saint-Étienne comme gardien remplaçant un compatriote, Esad Dugalic, qui restera cinq ans au club mais ne jouera que deux rencontres.
Cependant Curkovic ne connaît pas le même succès en équipe nationale. La Yougoslavie dispose en effet dans les années 1970 d'une bonne génération de gardiens de but, et Curkovic est concurrencé par Ilja Pantelic, Enver Maric, ou encore Ognjen Petrovic. Curkovic ne figure d'ailleurs pas dans les listes des vingt-deux joueurs sélectionnés pour les grands tournois (Coupe du Monde 1974 et Euro 76) auxquels participe la Yougoslavie durant sa carrière.
A trente-six ans, au début de saison 1980-1981, Curkovic cède sa place lors de la quatrième journée après une défaite à Bastia à Jean Castaneda, qu'il a formé. Il met un terme à sa carrière professionnelle à la fin de la saison et quitte le club suite à une rivalité avec Robert Herbin. Le président Rocher voulait pourtant en faire son successeur. En 1982, il s'occupe des gardiens de l'Équipe de France lors de la Coupe du Monde.
Curkovic réussit par la suite sa reconversion sans pour autant couper les ponts avec le monde du football. En 2001, il assure un bref intérim à la tête de l'équipe nationale de Serbie-Monténégro avant de prendre ses fonctions actuelles au Partizan de Belgrade et au Comité national olympique serbe. Il est également Consul des Seychelles à Belgrade.


Sa carrière de joueur

1960-1964

Joueur à Velež Mostar

1964-1972

Joueur à Partizan Belgrade
1965 : champion de Yougoslavie

1972-1981

Joueur à AS Saint-Étienne
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions
1977 : vainqueur de la Coupe de France
1980 : vainqueur du Tournoi de Toulouse
1981 : champion de France

1974-1981

Joueur en Équipe d'Yougoslavie (19 sélections)


Esad Dugalic

Sa présentation

Esad Dugalic est né le 10 janvier 1947 à Mostar en Yougoslavie (sur le territoire actuel de la Bosnie-Herzégovine) et décédé en juin 2011.

Ami personnel d'Ivan Curkovic, originaire de la même ville que lui, il a évolué au FC Velez Mostar, au Sarajevo FK, à Osijek et au FK Igman. En 1974, il signe à l'AS Saint-Étienne comme doublure de Curkovic pour remplacer Gérard Migeon parti à l'Olympique de Marseille. Il y restera jusqu'en 1979 où il sera remplacé comme deuxième gardien par Jean Castaneda. Au total, il n'aura joué que deux matchs avec l'équipe première (un trente-deuxième de finale de Coupe de France contre Le Mans et un match de championnat en 1976-1977 contre Bastia), Curkovic étant rarement blessé. Par contre, Dugalic ratera la finale de Glasgow le 12 mai 1976 et sera remplacé sur le banc par Jean Castaneda : il était blessé à la main.


Sa carrière de joueur

1964-1966

Joueur à Velež Mostar

1966-1967

Joueur à First Vienna

1968-1970

Joueur à Sloboda Užice

1970-1971

Joueur à FK Sarajevo

1971-1973

Joueur à NK Osijek

1973-1974

Joueur à Igman Konjic

1974-1979

Joueur à AS Saint-Étienne


Gérard Farison

Sa présentation

Gérard Farison est né le 15 mars 1944 à Terrenoire (Saint-Étienne). Il joue au poste d'arrière gauche et réalise toute sa carrière à l'AS Saint-Étienne.
Il remporte avec cette équipe cinq championnats de France en 1968, 1970, 1974, 1975 et 1976 ainsi que trois coupes de France en 1974, 1975 et 1977.
Il compte une sélection en Équipe de France.

Gérard Farison naît et grandit à Terrenoire dans une famille ouvrière. Ailier gauche à ses débuts, il rejoint l'AS Saint-Étienne en 1962 et devient arrière gauche, il remporte avec son club la Coupe Gambardella en 1963 face au CASG U.A. seizième sur le score de trois à zéro. Mais, avant d'être simplement admis au sein de la réserve professionnelle du club, il végète longtemps en promotion d'honneur. Il ne signe ainsi son premier contrat stagiaire qu'à l'âge de vingt-trois ans.
Ses débuts en équipe première remonte à la saison 1967-1968, il ne joue qu'un match cette saison-là, au poste d'ailier gauche, face au Lille OSC le 14 juin 1968, une victoire trois à zéro. Barré par Vladimir Durkovic, Francis Camerini et Georges Polny, il doit attendre la saison 1970-1971 pour s'imposer au sein de la défense stéphanoise et signer son premier contrat professionnel en 1970 à vingt-six ans.
Surnommé « Tachan » pour sa ressemblance avec Henri Tachan, Gérard Farison est un arrière gauche moderne, il monte souvent sur son aile tout en étant un intraitable défenseur. Il s'impose définitivement à son poste en 1972 avec l'arrivée de Robert Herbin au poste d'entraîneur.
En 1973-1974, les Stéphanois remportent le titre en ne perdant qu'un match lors des quatorze dernières journées du championnat puis réussissent le doublé, leur troisième de l'histoire, en battant, deux à un, l'AS Monaco en finale de la Coupe de France. Lors de la réception d'après-match, il effectue un saut périlleux qui lui vaut une blessure à la cuisse et il rate ainsi les trois premiers mois de compétition de l'année suivante.
Les Verts réussissent également le doublé en 1975 en terminant le championnat avec neuf points d'avance sur le deuxième, l'Olympique de Marseille puis en battant en finale de la Coupe de France le RC Lens, deux à zéro. En Coupe d'Europe des Clubs Champions, les Stéphanois battent successivement le Sporting Lisbonne, le NK Hajduk Split et le Ruch Chorzów mais doivent s'incliner en demi-finale face au Bayern Munich, deux à zéro sur les deux matchs.
Il est en 1975-1976 un des acteurs majeurs de l'épopée stéphanoise en Coupe d'Europe. Les Stéphanois parviennent en finale, mais Gérard Farison ne peut disputer le match contre le Bayern Munich ayant été blessé, le 4 mai 1976 en championnat, dans une rencontre houleuse contre le Nîmes Olympique.
Il est alors appelé en en Équipe de France lors d'un match amical contre la Pologne, remporté par les bleus deux à zéro, le 24 avril 1976. C'est sa seule apparition en bleu, à l'exception d'une rencontre de gala non-officielle contre le Borussia Mönchengladbach, le 24 août 1976. Convoqué une dernière fois pour disputer une rencontre face au Danemark le 1er septembre 1976, il déclare forfait pour se consacrer à son club. En fin de saison, les Stéphanois réalisent le triplé en championnat avec trois points d'avance sur l'OGC Nice.
L'année suivante, les Stéphanois échouent en quart de finale de la coupe des clubs champions face à Liverpool le futur vainqueur de l'épreuve. En championnat, les Verts ne terminent que cinquième mais remportent en fin de saison la Coupe de France, face au Stade de Reims, la sixième du club stéphanois. Le but de la victoire est marqué par Alain Merchadier sur un corner tiré par Gérard Farison.
Après les « Verts », il rejoint, en 1980, l'équipe de Fréjus comme entraîneur-joueur en division d'honneur régionale, tout en étant éducateur sportif à la mairie. Il prend sa retraite en 2002 à Saint-Raphaël où il vit toujours.


Sa carrière de joueur et d'entraîneur

1962-1980

Joueur à AS Saint-Étienne
1963 : vainqueur de la Coupe Gambardella
1968 : champion de France, vainqueur du Challenge des Champions
1970 : champion de France, finaliste du Challenge des Champions
1971 : vice-champion de France
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1976 : champion de France
1977 : vainqueur de la Coupe de France

1980-?

Joueur et entraîneur à ES Fréjus


Gérard Janvion

Sa présentation

Gérard Janvion est né le 21 août 1953 à Fort-de-France (Martinique). Footballeur français, il a joué aux postes d'arrière latéral, stoppeur et milieu défensif. Il était surnommé « le Cerbère ».

C'est comme attaquant que Gérard Janvion entame sa carrière à l'AS Saint-Étienne. Sa vitesse de course encourage Robert Herbin à en faire un arrière latéral droit dès 1975. C'est à ce poste qu'il connaît la gloire, prenant la place d'Alain Merchadier ou Pierre Repellini les deux spécialistes du poste à l'époque.
Il est ensuite sélectionné en Équipe de France, avant d'être barré par Patrick Battiston. Ce même joueur lui prend sa place à Saint-Étienne en 1980, Janvion se retrouvant dès lors arrière gauche. Polyvalent, c'est au poste de stoppeur qu'on le retrouve lors de la Coupe du Monde 1982, à l'initiative de Michel Hidalgo. Associé à Marius Trésor, les bleus vont atteindre les demi-finales, lors de la fameuse rencontre de Séville contre la RFA. On le voit aussi parfois en milieu de terrain défensif, comme lors de la finale de la Coupe de France contre Reims en 1977.
En 1983, il quitte les Verts en plein marasme, pour rejoindre le Paris Saint-Germain, avant de partir terminer sa carrière à l'AS Béziers. Un temps entraîneur à la Martinique, il a depuis coupé les ponts avec le football.


Sa carrière de joueur et d'entraîneur

1965-1972

Joueur à CS Case-Pilote

1972-1983

Joueur à AS Saint-Étienne
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions
1977 : vainqueur de la Coupe de France
1981 : champion de France, finaliste de la Coupe de France
1982 : vice-Champion de France, finaliste de la Coupe de France, demi-finaliste de la Coupe du Monde

1975-1982

Joueur en Équipe de France (40 sélections)

1983-1985

Joueur à Paris Saint-Germain

1985-1987

Joueur à Béziers

1999-2000

Entraîneur à Sainte-Suzanne (DH Réunion)

2000-2001

Entraîneur à L'Assaut de Saint-Pierre (DH Martinique)

2001-2002

Entraîneur adjoint à Équipe de la Martinique

2002-2005

Employé de la ligue de la Martinique

2005-2006

Entraîneur à CS Case-Pilote (DH Martinique)

2006-2008

Entraîneur à Club Péléen du Morne-Rouge (DH Martinique)


Christian Lopez

Sa présentation

Christian Lopez est né le 15 mars 1953 à Aïn Témouchent en Algérie française. Joueur de l'Équipe de France et de l'AS Saint-Étienne, il était célèbre pour ses tacles et son jeu de tête.

Il entre dans l'histoire du football français lors du quart de finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1976 contre le Dynamo Kiev où, revenu de nulle part, il empêche Oleg Blokhine de marquer le but qui aurait probablement éliminé Saint-Étienne alors que Ivan Curkovic était éliminé. Sur la contre-attaque, les Verts ouvrent le score, se qualifiant 3-0. Après son séjour chez les Verts (1969 à 1982), il est transféré à Toulouse. Il termine sa carrière à Montélimar.
Employé au service des sports de la mairie du Cannet, il prend en main les destinées du club de l'ES Le Cannet-Rocheville qu'il fait monter en CFA2 à l'issue de la saison 2007-2008.
Christian Lopez est également consultant football pour Eurosport.


Sa carrière de joueur, d'entraîneur et de dirigeant

1968-1969

Joueur à Association Sportive de Rocheville

1969-1982

Joueur à AS Saint-Étienne
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions
1977 : vainqueur de la Coupe de France
1981 : champion de France
1982 : demi-finaliste de la Coupe du Monde

1975-1982

Joueur en Équipe de France (39 sélections et 1 but, 9 fois capitaine)

1982-1985

Joueur à Toulouse FC

1985-1986

Joueur à Montpellier La Paillade SC

1986-1988

Entraîneur à UMS Montélimar

1988-1994

Entraîneur à JS Cugnaux

1997-1998

Entraîneur à EF Bastia

1999-2002

Entraîneur à AS Cannes (équipe jeunes)

2002

Entraîneur à AS Cannes

2002-2003

Entraîneur à AS Cannes (équipe jeunes)

2003-2004

Entraîneur à AS Cannes (équipe réserve)

2004-2006

Entraîneur à ES Cannet-Rocheville

2006-2010

Directeur général à ES Cannet-Rocheville

Depuis 2010

Entraîneur à ES Cannet-Rocheville


Alain Merchadier

Sa présentation

Alain Merchadier est né le 13 mars 1952 à Toulouse (Haute-Garonne). Il fait l'essentiel de sa carrière comme arrière latéral droit à l'AS Saint-Étienne avec qui il remporte trois championnats de de France en 1974, 1975, et 1976 et deux coupes de France en 1974 et 1977.
Il compte cinq sélections en Équipe de France entre 1973 et 1975.
Il devient ensuite entraîneur puis directeur sportif du Toulouse FC dans les années 1990. Il est aujourd'hui recruteur pour le FC Nantes.

Alain Merchadier débute le football au Toulouse FC où son père, Jean, a été joueur professionnel. Repéré par Pierre Garonnaire, le recruteur de l'AS Saint-Étienne, il rejoint à dix-sept ans le centre de formation des « Verts ». En 1970, il remporte avec Christian Lopez, Christian Synaeghel, Jacques Santini, Patrick Revelli et Christian Sarramagna, la Coupe Gambardella face à l'Olympique lyonnais (3-3, 5 t.a.b. à 4). Il fait ses débuts en équipe première, le 19 août 1970, lors de la deuxième journée du championnat face à l'AS Angoulême (1-1). En fin de saison, il est de nouveau finaliste de la Coupe Gambardella avec les juniors stéphanois. Les Verts sont battus par l'Olympique Lyonnais qui prend sa revanche sur la finale précédente (1-2).
Ses apparitions en équipe première se font plus importantes et il est alors sélectionné en Équipe de France espoirs, le 19 mai 1972, pour affronter à Dublin les espoirs irlandais (0-0). En 1973, il s'impose dans la défense stéphanoise au poste d'arrière latéral droit ou stoppeur. Robert Herbin, devenu entraîneur, fait confiance aux jeunes Stéphanois et ceux-ci remportent le titre en ne perdant qu'un match lors des quatorze dernières journées du championnat puis réussissent le doublé, leur troisième de l'histoire, en battant l'AS Monaco en finale de la Coupe de France (2-1). Lors de ce match, Alain Merchadier marque le but du 2-0 à la 61e minute du match sur une reprise au premier poteau.
Alain Merchadier est appelé, par Ştefan Kovács, en Équipe de France le 13 octobre 1973 mais n'entre pas en jeu face à la RFA. Il fait ses débuts sous le maillot bleu le match suivant, face au Danemark, dans un poste de stoppeur aux côtés de Jean-Pierre Adams. Les Français s'imposent sur le score de 3-0. En 1974, les Verts gardent leur titre en terminant le championnat avec neuf points d'avance sur le deuxième, l'Olympique de Marseille puis en battant en finale de la Coupe de France le RC Lens (2-0) mais Alain Merchadier ne dispute pas la finale. En Coupe d'Europe des Clubs Champions, les Stéphanois battent successivement le Sporting Lisbonne, le NK Hajduk Split et le Ruch Chorzów mais doivent s'incliner en demi-finale face au Bayern Munich (2-0 sur les deux matchs).
L'année suivante, il perd peu à peu sa place de titulaire au profil de Gérard Janvion et connaît sa dernière sélection en bleu le 26 mars 1975 face à la Hongrie (2-0) en entrant en remplacement de son coéquipier chez les Verts, Christian Lopez, à la 83e minute. C'est du banc de touche qu'il assiste principalement à l'aventure européenne des Verts en 1976. Il est cependant titulaire en défense centrale lors du match retour contre Liverpool à Anfield Road. Dans un choc avec John Toshack, il est blessé au nez et doit laisser sa place à Hervé Revelli. Pour la finale de la Coupe d'Europe face au Bayern Munich, Robert Herbin lui préfère Pierre Repellini pour remplacer Gérard Farison blessé. En fin de saison, les Stéphanois réalisent le triplé en championnat avec trois points d'avance sur l'OGC Nice. En 1977, il remporte de nouveau la Coupe de France face au Stade de Reims. Il offre la victoire aux Verts à la 89e minute en reprenant de la tête un corner tiré par Gérard Farison.
Il quitte l'AS Saint-Étienne en 1978 et rejoint l'AS Nancy-Lorraine où il ne dispute que sept matchs en deux saisons. Il termine sa carrière professionnelle à l'AAJ Blois en Division 2 en 1981.
Après sa carrière de footballeur, Alain Merchadier devient sur les conseils de Robert Herbin entraîneur-joueur à AS Decizoise puis entraîne le Lisieux en Division 3, le Saint Lô également en Division 3, l'ES Castres et l'AS Montferrand où il s'occupe également du centre de formation. En 1990, il devient directeur sportif du Toulouse FC et quitte le club quand celui-ci est rétrogradé en National. Il crée ensuite une société de recrutement de footballeurs, Panathénées Sport Management, en association avec Michel Farenc. En 2005, il est recruté par le Lille OSC pour dénicher d'éventuels nouveaux talents en Haute-Garonne. En juillet 2009, il rejoint le FC Nantes toujours comme recruteur.


Sa carrière de joueur, d'entraîneur et de dirigeant

Avant 1969

Joueur à Toulouse FC

1969-1978

Joueur à AS Saint-Étienne
1970 : vainqueur de la Coupe Gambardella
1971 : vice-champion de France, finaliste de la Coupe Gambardella
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France
1976 : champion de France
1977 : vainqueur de la Coupe de France

1973-1975

Joueur en Équipe de France (5 sélections)

1978-1980

Joueur à AS Nancy-Lorraine

1980-1981

Joueur à AAJ Blois

1983-1984

Entraîneur à AS Montferrand

1985-1986

Entraîneur à CA Lisieux

1988-1990

Entraîneur à FC Saint-Lô

1990-2001

Directeur sportif à Toulouse FC


Oswaldo Piazza

Sa présentation

Osvaldo José Piazza est né le 6 avril 1947 à Buenos Aires, Argentine. Il a été un des acteurs majeurs de ce que nous appelons aujourd'hui l'Épopée des Verts. Il occupait le poste d'arrière central, et se fit remarquer pour ses contres-attaques. Après avoir mis un terme à sa carrière, il devint entraîneur de football puis directeur sportif.


Sa carrière à l'AS Saint-Étienne

Arrivé à l'orée de la saison 1972-1973 à l'AS Saint-Étienne, le grand Osvaldo Piazza (1,83 m) sera pour beaucoup dans la domination de Saint-Étienne sur le championnat français et les coupes (nationales et internationales).
Ayant commencé comme remplaçant, Robert Herbin (l'entraîneur de l'époque) le fera rapidement entrer en défense. Ce fut une révélation. Son duo avec Christian Lopez eut non seulement pour effet de former une défense imperméable mais l'Argentin se montra très vite porté vers l'avant et ses montées offensives se montrèrent souvent payantes.
Ses traits de caractères sont : la disponibilité (Dominique Rocheteau le surnommera la « Locomotive » de l'équipe) et un charisme notoire (ce qui contribua grandement à sa popularité). Pour ce qui est de ce dernier, peu de footballeurs peuvent se vanter d'avoir une chanson en leur hommage, preuve de sa popularité grandissante, Bernard Sauvat lui dédia une chanson : « Mon Copain l'Argentin ».
Mais c'est lors de sa seconde saison chez les Verts que l'Argentin pose enfin sa griffe sur ce football français. En effet, les Verts s'adjugent cette année-là le doublé coupe-championnat marquant notamment à la 70e minute le premier but stéphanois contre le RC Lens mettant ainsi son équipe sur la voie. Il récoltera ensuite une succession de titres avec un nouveau doublé en 1975, le championnat en 1976 et la Coupe de France en 1977.
Cependant, le grand Osvaldo a plus apporté à Saint-Étienne que la simple reconnaissance nationale, les campagnes européennes qu'il mena avec ces coéquipiers furent toutes aussi brillantes avec, au zénith, la fameuse finale de Coupe d'Europe des Clubs Champions du 12 mai 1976, perdue 1-0 contre le grand Bayern Munich du non moins grand Franz Beckenbauer. C'est durant cette épopée que le joueur reçoit d'ailleurs la plupart de ces distinctions. Ainsi, France Football l'élut en 1975 « Meilleur joueur étranger de l'année » alors que Onze Mondial, lui, le reconnaît meilleur joueur en 1976 et 1977.
Il a marqué son premier but en Ligue 1 le 26 août 1972, lors du match AS Saint-Étienne - Paris FC (3-0). Il marquera ensuite son seul et unique but en Coupe de France lors de la finale AS Saint-Étienne - RC Lens (2-0), le 14 juin 1975 au Parc des Princes. Quant à son premier but en Coupe d'Europe des Clubs Champions, il le fêtera lors du match AS Saint-Étienne - CSKA Sofia (1-0), le 29 septembre 1976 lors des seizièmes de final retour. Lors des huitièmes de final, il marquera son second but en Coupe d'Europe des Clubs Champions lors du match AS Saint-Étienne - PSV Eindhoven (1-0), le 20 octobre 1976. Enfin, il marquera son dix-septième et dernier but en Ligue 1, à l'occasion de Bordeaux - AS Saint-Étienne (2-2), le 3 août 1977.
Il sera le premier Argentin à jouer sous les couleurs du club stéphanois. Après lui, six joueurs suivront ses pas : Raúl Nogués, Daniel Bilos, Ignacio Piatti, Gonzalo Bergessio, Augusto Fernández et Alejandro Alonso.


Sa carrière au CA Vélez Sársfield

Osvaldo Piazza, après être resté sept ans à l'ASSE (1972-1979), retournera dans son pays natal dans lequel il jouera trois saisons au CA Velez Sarsfield. Il réalise une bonne première saison ce qui lui vaut de participer à la Copa Libertadores en 1980.


Sa carrière en sélection argentine

Sélectionné quinze fois en équipe nationale d'Argentine, César Luis Menotti fera appel à lui pour la Coupe du Monde 1978 en Argentine justement. Malheureusement, la junte militaire du général Videla a pris le pouvoir en Argentine et Osvaldo montre son désaccord. D'autres énormes talents argentins se sont rangés derrière lui tel Carlos Bianchi, Rubén Ayala, Enrique Wolff, Carlos Babington ou encore Ricardo Bochini.
Dans le journal « La Tribune Le Progrès » du 21 juin 2009, il explique qu'un mois avant la Coupe du Monde 1978, sa femme connaît un grave accident de voiture à Salon de Provence. Il doit quitter la sélection coûte que coûte pour se rendre à son chevet. César Luis Menotti, qui comptait en faire un titulaire, lui donne quinze jours de réflexion pour savoir s'il souhaite ou non participer à ce qui devait être sa Coupe du Monde.
Ne se considérant pas en condition moralement, il décide de rester en France. L'Argentine gagnera sans lui.


Sa reconversion

A trente-cinq ans, l'Argentin revient en France, plus précisément à AS Corbeil-Essonnes dans la banlieue de Paris pour une dernière saison de football mais en tant qu'entraîneur-joueur cette fois-ci. Venu au départ pour jouer stoppeur, il se blesse grièvement en descendant du bus après un match : son pied se prend dans un trou de la chaussée, lui arrachant les ligaments du genou. Classé bon dernier en championnat, Corbeil voit son entraîneur Michel Bourlard éjecté suite à une déroute mémorable (7 à 0 à domicile contre l'AS Angoulême).
Piazza débute sur le banc par une brillante victoire 4 à 1 à l'extérieur contre La Berrichonne de Châteauroux entraînée par son avant-centre, un certain Hervé Revelli. Mais Corbeil finit bon dernier du championnat. Le club ne s'en remettra jamais. Une fois cette première expérience d'entraîneur effectuée, il retourne en Amérique du Sud où son parcours d'entraîneur sera plutôt moyen voire parfois décevant même s'il peut être gratifié de plusieurs titres, tous acquis plus de dix ans après sa reconversion.
Après avoir rejoint le CA Almirante Brown de San Justo, en Argentine, en 1990-1991, il migre peu après vers le Championnat du Paraguay et plus précisément vers le Club Olimpia. C'est avec cette migration que vient son premier titre, en 1993, avec l'acquisition du championnat 1992-1993 du Paraguay. Cependant, le club échoue de peu en Copa Libertadores.
Osvaldo Piazza décide donc après quelques saisons de partir vers le CA Velez Sarsfield, club de son Argentine natale, avec lequel il gagne, durant la saison 1995-1996 le tournoi d'ouverture et de clôture du championnat ainsi que la Supercopa Sudamericana. Le tout en collaboration étroite avec son ami Carlos Bianchi.
En 1998, il part à Lima et rejoint l'Universitario de Deportes avec laquelle il restera jusqu'en 2000 avant de rejoindre le CA Independiente de Buenos Aires puis de retourner à l'Universitario de Deportes en 2002.
Il a notamment lancé dans le grand bain du monde professionnel, l'Uruguayen Diego Forlán à l'Independiente (2000) et le Péruvien Juan Manuel Vargas à l'Universitario de Deportes (2002), et eu sous ses ordres des joueurs de renom tels Mariano Pernía, Gabriel Milito, Federico Insua, Esteban Cambiasso, Alejandro Alonso, Lucho González, Mariano Andújar, ou encore Daniel Montenegro.


Son retour aux couleurs

Après avoir été proche de devenir le nouvel entraîneur des Verts en 2000, il retrouve enfin son club en 2004. En effet, en 2004, alors que l'ASSE remonte tout juste en Ligue 1 et change tour à tour d'entraîneur (Frédéric Antonetti remplacé par Élie Baup), de président (Bernard Caïazzo succède à Thomas Schmider), la nouvelle équipe dirigeante décide de faire appel à ce footballeur de l'époque mythique du club pour devenir son ambassadeur et, occasionnellement, son recruteur en Argentine.
En janvier 2006, il organise un stage pour cinq jeunes Argentins du Club Atlético Talleres, dont Javier Pastore, seize ans à l'époque, fait partie. Les dirigeants stéphanois ne jugeront pas bon de le garder et le regretteront quelques mois plus tard, suite à l'explosion du milieu.
Actuellement, Osvaldo Piazza passe le plus clair de son temps en Argentine, où il n'a plus vraiment de rôle au sein du club stéphanois depuis le départ d’Élie Baup en mai 2006.


Sa carrière de joueur et d'entraîneur

1967-1972

Joueur à Club Atlético Lanús (Argentine)

1972-1979

Joueur à AS Saint-Étienne
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France, demi-finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions, élu meilleur joueur étranger de l'année par France Football
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions, membre du Onze de l'Année d'Onze Mondial
1977 : vainqueur de la Coupe de France, membre du Onze de l'Année d'Onze Mondial

1972-1977

Joueur en Équipe d'Argentine (15 matchs)

1979-1982

Joueur à Vélez Sarsfield (Argentine)

1982-1983

Joueur et entraîneur à AS Corbeil-Essonnes

1990-1991

Entraîneur à Almirante Brown (Argentine)

1992-1994

Entraîneur à Olimpia (Paraguay)
1993 : champion du Paraguay

1994-1997

Entraîneur à Vélez Sarsfield (Argentine)
1995 : champion d'Argentine (championnat d'ouverture)
1996 : champion d'Argentine (championnat de clôture), vainqueur de la Supercopa Sudamericana

1997-1998

Entraîneur à Universitario (Pérou)
1998 : champion du Pérou

1999-2000

Entraîneur à Colón (Argentine)

2000-2001

Entraîneur à Independiente (Argentine)

2001

Entraîneur à Huracán (Argentine)

2002

Entraîneur à Universitario (Pérou)

2003

Entraîneur à Libertad (Paraguay)

2004

Entraîneur à Colón (Argentine)


Pierre Repellini

Sa présentation

Pierre Repellini est né le 27 octobre 1950 à Hyères dans le Var. Joueur polyvalent, il évolue principalement au poste de défenseur latéral gauche. Il effectue toute sa carrière professionnelle à l'AS Saint-Étienne avec qui il remporte trois championnats de de France en 1974, 1975, et 1976 et une Coupe de France en 1974.
Il compte quatre sélections en Équipe de France entre 1973 et 1974.
Il devient ensuite entraîneur notamment au Red Star et à l'AS Saint-Étienne. Il est aujourd'hui vice-président délégué de l'UNECATEF et représentant des éducateurs au sein de la LFP et de la FFF.

Pierre Repellini découvre le football au Hyères FC où il joue au poste d'attaquant. Repéré par Pierre Garonnaire, le recruteur de l'AS Saint-Étienne, il rejoint à dix-neuf ans le centre de formation des « Verts ». Sélectionné en Équipe de France juniors, il dispute avec ses coéquipiers, Serge Chiesa et Jean-Marie Elie notamment, le tournoi juniors de l'UEFA en juillet 1969. Les Français terminent derniers de leur groupe.
Replacé au poste d'arrière latéral droit, il fait ses débuts en équipe première, le 13 décembre 1970, lors de la dix-huitième journée du championnat face à l'AS Nancy-Lorraine. la rencontre se termine sur un match nul un partout. Les deux années suivantes, ses apparitions se font plus fréquentes et en 1973, il s'impose dans la défense stéphanoise au poste d'arrière. Robert Herbin, devenu entraîneur, fait confiance aux jeunes Stéphanois et ceux-ci remportent le titre en ne perdant qu'un match lors des quatorze dernières journées du championnat puis réussissent le doublé, leur troisième de l'histoire, en battant deux à un l'AS Monaco en finale de la Coupe de France.
Pierre Repellini est appelé, par Ştefan Kovács, le nouveau sélectionneur, en Équipe de France le 8 septembre 1973 face à la Grèce, une victoire trois à un et enchaîne trois titularisations successives avec les « Bleus ». Il connaît sa dernière sélection lors de cette même saison, le 8 mai 1974 face à l'Argentine, une défaite un à zéro. En 1974-1975, les Verts gardent leur titre en terminant le championnat avec neuf points d'avance sur le deuxième, l'Olympique de Marseille puis en battant en finale de la Coupe de France le RC Lens deux à zéro mais Pierre Repellini ne dispute pas la finale. En Coupe d'Europe des Clubs Champions, les Stéphanois battent successivement le Sporting Lisbonne, le NK Hajduk Split et le Ruch Chorzów mais doivent s'incliner en demi-finale face au Bayern Munich sur le score de deux à zéro sur les deux matchs.
Il perd ensuite sa place d'arrière latéral au profit de Gérard Janvion. Joueur gaucher polyvalent, rigoureux et doté d'un bon tir, Robert Herbin l'utilise aussi bien à l'arrière, qu'au milieu et même au poste d'avant-centre en 1978 quand Hervé Revelli traverse une période difficile. C'est cette polyvalence qui lui permet de jouer la finale de la Coupe d'Europe comme arrière gauche à la place de Gérard Farison blessé. En fin de saison, les Stéphanois réalisent le triplé en championnat avec trois points d'avance sur l'OGC Nice. La saison suivante, il ne dispute pas la finale de la Coupe de France. « Celui qui préfère être remplaçant chez les Verts, plutôt que titulaire partout ailleurs » quitte le club en 1980.
Il retourne alors à Hyères et joue trois ans au sein du Hyères FC puis en 1983 rejoint les rangs de l'Olympique Saint-Maximin où il termine sa carrière en 1986.
L'AS Saint-Étienne lui propose alors de revenir au club et de devenir entraîneur du centre de formation. Après avoir exercé ce poste pendant cinq ans, il devient entraîneur à l'AS Lyon-Duchère lors de la saison 1991-1992. En 1992, il rejoint le Red Star 93 comme adjoint de Robert Herbin puis devient deux ans plus tard entraîneur de l'équipe première, Herbin devenant manager général. Sous ses ordres, le club audonien se maintient dans la première partie du tableau de Division 2 en 1995 et 1996. En 1996-1997, le club se retrouve en difficultés dès le début du championnat et Repellini est remplacé par Abdel Djaadaoui, le 29 septembre 1996.
Il revient en 1997 dans le Forez en compagnie d'Herbin. La saison est difficile et les Verts finissent la saison à la dix-septième place à deux points seulement du premier relégable. Dans le cadre d'un partenariat avec les Verts, il retourne en 1999 au Red Star, descendu en National, et dirige l'équipe première en collaboration avec Jean-Luc Girard. Le club termine douzième du championnat mais atteint les demi-finales de la Coupe de la Ligue. Il devient l'année suivante entraîneur du centre de formation puis revient dirigé l'équipe première en janvier 2001 jusqu'à la fin de la saison, toujours en collaboration avec Girard. Il ne parvient pas à sauver le club qui descend en CFA.
En 2002, il devient vice-président délégué de l'UNECATEF, le syndicat des entraîneurs et des éducateurs, et siège au sein de la LFP et de la FFF.


Sa carrière de joueur et d'entraîneur

Avant 1969

Joueur à Hyères FC

1969-1980

Joueur à AS Saint-Étienne
1971 : vice-champion de France
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions

1973-1975

Joueur en Équipe de France (4 sélections)

1980-1983

Joueur à Hyères FC

1983-1986

Joueur à Olympique Saint-Maximin

1991-1992

Entraîneur à AS Lyon-Duchère

1995-1996

Entraîneur à Red Star

1997-1998

Entraîneur à AS Saint-Étienne

2001

Entraîneur à Red Star


Christian Sarramagna

Sa présentation

Christian Sarramagna est né le 29 décembre 1951 à Bayonne. Il évolue au poste d'ailier gauche du début des années 1970 au début des années 1980.

Après avoir débuté à l'Aviron bayonnais, il rejoint l'AS Saint-Étienne avec qui il remporte trois titres de champion de France en 1974, 1975 et 1976 ainsi qu'une Coupe de France en 1975. Il est également avec les Verts finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1976. IL rejoint ensuite le Montpellier PSC où il termine sa carrière.
En Équipe de France, il compte quatre sélections obtenues entre 1973 et 1976.
Il devient ensuite entraîneur et dirige notamment l'AS Saint-Étienne, le FC Martigues, le FC Mulhouse et l'Aviron bayonnais. Il est également à deux reprises sélectionneur de l'équipe nationale du Mali. Il est actuellement entraîneur du CS Hammam Lif.


Le joueur

Christian Sarramagna débute le football à l'âge de treize ans à l'Aviron bayonnais où il pratique également le rugby et la pelote basque. En parallèle aide ses parents dans la boulangerie familiale. En 1968, il remporte le concours du jeune footballeur et se fait remarquer par les Girondins de Bordeaux et l'AS Saint-Étienne. Il rejoint le club stéphanois et en 1970, il remporte avec Christian Lopez, Christian Synaeghel, Jacques Santini, Patrick Revelli et Alain Merchadier, la Coupe Gambardella face à l'Olympique lyonnais (3-3, 5 t.a.b. à 4).
Il fait ses débuts en équipe première, le 29 août 1970, lors de la cinquième journée du championnat face à l'Olympique de Marseille, Christian Sarramagna inscrit le but de la victoire, deux à un, à la 68e minute. L'année suivante, son temps de jeu augmente et il est alors appelé par Georges Boulogne en Équipe de France B pour une rencontre face à la Tunisie. Christian Sarramagna inscrit le but de l'égalisation à la 49e minute mais les Français s'inclinent sur le score de deux à un. Ce pur gaucher dribbleur et centreur progresse aux côtés de Spasoje Samardzic qui lui apprend à centrer avant de déborder et à travailler ses centres liftés. Il devient titulaire sur l’aile gauche de l’attaque stéphanoise en 1972-1973 après le départ de Georges Bereta.
En début de saison 1973, il est convoqué par le nouveau sélectionneur Ștefan Kovács en Équipe de France. Il fait ses débuts en « Bleu » le 8 septembre 1973 face à la Grèce dans le cadre d'un match amical. Titulaire au coup d'envoi, il est remplacé par Daniel Ravier à la 77e minute de la rencontre remportée sur le score de trois à un. Non convoqué pour le match suivant, il est de nouveau titulaire face au Danemark en novembre, victoire trois à zéro, puis doit attendre la fin de la saison pour être de nouveau sélectionné face à l'Argentine. Il dispute toute la rencontre perdue par les Français sur le score de un à zéro. En club, il connaît de nombreuses blessures au quadriceps et ne dispute que dix-sept rencontres d'un championnat qui voit les Stéphanois remporter le titre en ne perdant qu'un match lors des quatorze dernières journées. Toujours gêné par ses blessures, il ne dispute pas la finale de la Coupe de France contre l'AS Monaco remportée par les Verts deux à un.
En 1974-1975, il est en concurrence à son poste d'ailier gauche avec Yves Triantafilos et ne dispute que dix rencontres du championnat remportée une nouvelle fois par les Verts avec neuf points d'avance sur le deuxième, l'Olympique de Marseille. Triantafilos indisponible, l'entraîneur stéphanois Robert Herbin le titularise en Coupe de France et il remporte avec ses coéquipiers la finale face au RC Lens sur le score de deux à zéro. La saison suivante, avec l'éclosion au haut-niveau de Dominique Rocheteau, son temps de jeu reste faible en championnat. Rocheteau blessé, il est titularisé pour la finale de la Coupe d'Europe face au Bayern Munich. Par son activité sur son aile, il est un des meilleurs joueurs stéphanois de la final. A la quarantième minute sur un de ses centres, Jacques Santini voit sa tête repoussée par la transversale puis huit minutes plus tard, Christian Sarramagna voit sa reprise de la tête passer au ras du poteau de Sepp Maier. Il est remplacé à la 82e minute du match par Rocheteau qui ne peut changer le cours du match remporté par le Bayern un à zéro. Il est alors appelé en Équipe de France par le sélectionneur Michel Hidalgo, et dispute dix jours après une rencontre amicale face à la Hongrie perdue un à zéro.
Christian Sarramagna est de nouveau appelé en Équipe de France en septembre 1976 mais n'entre pas en jeu face au Danemark. Il dispute lors de cette saison dix-huit matchs de championnat, et en Coupe de France il inscrit le quatrième but, de la victoire cinq à un, des Stéphanois face au FC Nantes en match retour de la demi-finale. Il ne dispute cependant pas la finale remportée par les Verts deux à un face au Stade de Reims. Avec la réserve stéphanoise, il gagne cette même année le titre de Division 3 face au FC Nantes. Il inscrit au match aller un triplé face à la réserve nantaise. La saison suivante, Christian Sarramagna est victime, en février 1978, d'une fracture ouverte de la jambe suite à un choc avec Serge Amouret dans les arrêts de jeu de la première mi-temps du match de championnat contre le FC Rouen. Il rate alors la Coupe du Monde 1978 et voit la suite de sa carrière compromise alors qu'il est en fin de contrat. Le président stéphanois Roger Rocher le prolonge alors d'un an, et il fait son retour sur les terrains le 20 avril 1980 lors d'une rencontre disputée face au Nîmes Olympique. Il entre en jeu à la 83e minute en remplacement de Jean-Marie Elie.
En 1979-1980, Christian Sarramagna quitte les Verts et s'engage avec le Montpellier PSC, club de Division 2. Il atteint avec ses coéquipiers la demi-finale de la Coupe de France. Les Montpelliérains s'inclinent à ce stade de la compétition face à l'AS Monaco. L'année suivante, le club est premier du groupe A de Division 2 et accède ainsi à la première division. Le Montpellier PSC ne parvient cependant pas à remporter le titre de champion national de Division 2 s'inclinant sur deux matchs face au Stade Brestois (5-2). La saison en Division 1 est cependant difficile et le MPSC redescend aussitôt. Christian Sarramagna met alors fin à sa carrière professionnelle et rejoint l’Émulation sportive du Grau-du-Roi comme entraîneur-joueur.


Dernière modification le 21 juin 2020
Félin
L'entraîneur

Christian Sarramagna dispute deux saisons avec l'ES Grau-du-Roi. L'équipe monte en division d'honneur et remporte la coupe Gard-Lozère. Il rejoint en 1985, toujours comme entraîneur-joueur, l'Indépendante Pont-Saint-Esprit, club également de division d'honneur. Le club remporte également la coupe Gard-Lozère et atteint les seizièmes de finale de la Coupe de France en février 1986 où il est difficilement éliminé, en prolongations du match retour, par l'Olympique de Marseille, futur finaliste de la compétition.
En 1987, Robert Herbin, de nouveau entraîneur de l'AS Saint-Étienne, lui propose de devenir son adjoint. Après trois ans à ce poste, André Laurent le président stéphanois, lui propose de devenir entraîneur général du club. Les Verts terminent, sous sa direction, 13e de Division 1 en 1991 puis dizième en 1992. En 1992, Christian Sarramagna est engagé par le FC Martigues, club de Division 2. Malgré des moyens financiers limités, le club termine premier du groupe A avec un point d'avance sur l'AS Cannes et accède ainsi pour la première fois à l'élite. Le club Martégale remporte ensuite le titre de champion de Division 2 face au vainqueur du groupe B, le SCO Angers sur le score de cinq à quatre sur les deux matchs. En Division 1, le club connaît une saison difficile et termine dix-huitième. Le FCM bénéficie alors de la relégation administrative de l'Olympique de Marseille pour rester en Division 1.
Sans club au début de la saison 1994-1995, il est recruté en août, par le CS Sedan Ardennes, pour succéder à Michel Leflochmoan renvoyé suite à une série de défaites. A cinq journées de la fin du championnat, alors que le club est en position de relégable, Christian Sarramagna est démis de ses fonctions et remplacé par Bruno Metsu qui ne parvient cependant pas à sauver le club de la descente en National. En 1995, il devient entraîneur du FC Mulhouse. Le club alsacien termine quatorzième grâce à un bon parcours durant les matchs retour. La saison suivante, il est démis de ses fonctions au bout de seize journées et il est remplacé par Gilles Bourges, le responsable du centre de formation.
En janvier 1998, il devient sélectionneur national du Mali avec pour objectif désigné par la fédération malienne, la victoire dans la Coupe d'Afrique des nations organisée à domicile en 2002. L'équipe ne parvient pas à se qualifier pour la CAN 2000 puis se fait éliminer, en avril 2000, en préliminaire du tournoi qualificatif africain pour la Coupe du Monde de 2002 par la Libye. Cinq jours après ce résultat, Il est licencié par la fédération.
Christian Sarramagna revient alors en France et devient en juillet 2000, directeur technique et entraîneur de son club formateur, l'Aviron bayonnais qui vient d'être promu en championnat d'Aquitaine de division d'honneur. Deuxième du championnat en 2001 derrière le FC Marmande, l'Aviron remporte l'année suivante le championnat et la coupe d'Aquitaine. Sur sa lancée, le club remporte le groupe F de CFA2 en 2003 et le groupe C de CFA en 2004. La même saison, les Bayonnais atteignent les huitièmes de finale de la Coupe de France après avoir éliminés deux clubs de Ligue 1, l'En Avant de Guingamp puis les Girondins de Bordeaux. Ils sont battus à ce stade de la compétition par le Paris Saint-Germain sur le score de deux à zéro. En janvier 2006, après la victoire de ses joueurs sur l'AS Cannes lors de la vingtième journée du championnat, Christian Sarramagna annonce sa démission du poste d'entraîneur. Celle-ci est due à des désaccords avec son président sur l'avenir et la professionnalisation du club.
Il est rappelé, en mai 2006, à la tête du Mali par le président de la fédération malienne, son ancien coéquipier, Salif Keita. Il ne reste cependant qu'un mois en poste, le président d'Airness, Malamine Koné, financeur de la fédération et de l'équipe nationale souhaitant nommé lui-même le nouveau sélectionneur. Un mois plus tard, il signe un contrat de deux ans avec le FC Sète, qui vient d'être relégué en National. Le club sétois ne parvient pas à remonter immédiatement et le président sétois, Émile Anfosso, en profond désaccord avec lui, le licencie.
En juillet 2007, il s'engage avec La Berrichonne de Châteauroux comme coordinateur technique et responsable de la formation. En février 2008, il est nommé entraîneur à la place de Cédric Daury alors que le club est quinzième avec trois points d'avance sur le premier relégable. Le club garde sa place en Ligue 2 et Christian Sarramagna est confirmé dans son poste d'entraîneur pour la saison suivante. En décembre, alors que le club est dix-huitième, il quitte son poste en espérant que « son retrait provoquera une prise de conscience du groupe professionnel et placera chacun devant ses responsabilités ». Il redevient alors coordonnateur sportif du club jusqu'à la fin de la saison.
En novembre 2009, sa venue à la Jeunesse sportive de Kabylie est annoncée mais les négociations avec le club échouent pour des raisons financières. Il est ensuite pressenti pour devenir l'entraîneur du Club africain en juin 2010 puis sélectionneur du Rwanda en octobre 2011 mais il n'est finalement pas retenu.
Il retrouve un poste en janvier 2011 comme entraîneur du CS Hammam Lif où il signe un contrat jusqu'en juin 2013. Il quitte le club en 2012 et retourne entraîner en France trois ans plus tard, pour le SO Cholet.


Sa carrière de joueur et d'entraîneur

1964-1968

Joueur à Aviron Bayonnais

1968-1979

Joueur à AS Saint-Étienne
1970 : vainqueur de la Coupe Gambardella
1971 : vice-champion de France
1974 : champion de France
1975 : champion de France, vainqueur de Coupe de France
1976 : finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions

1972

Joueur en Équipe de France B (1 sélection, 1 but)

1973-1976

Joueur en Équipe de France (4 sélections)

1979-1982

Joueur à Montpellier PSC
1981 : vice-champion de France de Division 2

1982-1985

Joueur et entraîneur à ES Grau du Roi

1985-1987

Joueur et entraîneur à Indépendante Pont Saint-Esprit

1990-1992

Entraîneur à AS Saint-Étienne

1992-1994

Entraîneur à FC Martigues

1994-1995

Entraîneur à CS Sedan

1995-1997

Entraîneur à FC Mulhouse

1998-2000

Sélectionneur du Mali

2000-2006

Entraîneur à Aviron bayonnais

2006

Sélectionneur du Mali

2006-2007

Entraîneur à FC Sète

2008-2009

Entraîneur à La Berrichonne de Châteauroux

2011-2012

Entraîneur à CS Hammam Lif (Tunisie)

2015-2016

Entraîneur à SO Cholet


Dominique Bathenay

Sa présentation

Dominique Bathenay est né le 13 février 1954 à Pont-d'Ain.

Il acheva sa carrière de joueur en 1987 après avoir successivement joué à Granges-lès-Valence, Tournon, à l'AS Saint-Étienne, au Paris Saint-Germain et au FC Sète.
Il a ensuite entraîné le FC Sète, le Stade de Reims, l'Union sportive monastirienne, l'AS Choisy-le-Roi, l'AS Saint-Étienne, le Nîmes Olympique, les Seychelles, le CS Sedan-Ardennes. Nommé en septembre 2008, sélectionneur des Émirats arabes unis il ne parvient pas à qualifier l'équipe pour la Coupe du Monde 2010. Il est remplacé le 20 juin 2009 par l'entraîneur slovène Strechko Catanic.
Il a également présidé la commission de la Coupe de France entre 1996 et 2000.

Le but : impossible de penser à Dominique Bathenay sans évoquer le boulet de canon des trente mètres marqué contre Ray Clemence, et toute son équipe de Liverpool en quart de finale retour de la Coupe d'Europe des Clubs Champions 1977. Un tir qui se logea dans la lucarne droite du goal (ce but a longtemps fait partie du générique de Téléfoot).
Or, si ce but spectaculaire a constitué un tournant lors du match retour, il n'a fait pourtant que suivre celui du match aller, but encore plus remarquable et déjà marqué par le même Bathenay, à la fois d'une façon et sous un angle des plus inhabituels : une frappe de vingt mètres, alors que Bathenay tournait le dos au but, déviant un tir excentré qui passe à proximité et à environ 1m60 de hauteur. C'est de l'extérieur du pied que le joueur dévie le ballon et l'envoie au ras du second poteau. Le tir est aussi inattendu pour le gardien, qu'impossible à préméditer pour le joueur. C'est donc à la fois un tir réflexe et un geste très difficile aussi bien au plan physique (musculaire) qu'au plan technique. Ce tir rarissime envoie le même Ray Clemence dans les choux, tout comme il le sera deux semaines plus tard à Liverpool par le même tireur. Ces deux très grands buts signés Bathenay furent les deux seuls que l'ASSE avait réussi à marquer contre Liverpool dans ce quart de finale.
Dominique Bathenay est le recordman des victoires en Coupe de France (à cinq reprises).


Sa carrière de joueur, d'entraîneur et de dirigeant

1963-1967

Joueur à Granges-lès-Valence

1967-1971

Joueur à RC Tain-Tournon

1971-1978

Joueur à AS Saint-Étienne
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions
1977 : vainqueur de la Coupe de France

1975-1982

Joueur en Équipe de France (20 sélections et 4 buts)

1978-1985

Joueur à Paris Saint-Germain
1982 : vainqueur de la Coupe de France
1983 : vainqueur de la Coupe de France

1985-1987

Joueur à FC Sète

1987-1988

Entraîneur à FC Sète

1988-1989

Entraîneur à Stade de Reims

1989-1990

Entraîneur à Union Monastir (Tunisie)

1990-1994

Entraîneur à AS Choisy-le-Roi

1996

Entraîneur à AS Saint-Étienne

1996-2000

Président de la commission de la Coupe de France

2000-2002

Entraîneur à Nîmes Olympique

2002-2003

Entraîneur aux Seychelles

2003-2004

Entraîneur à CS Sedan-Ardennes

2006-2008

Sélectionneur adjoint des Émirats arabes unis

2008-2009

Sélectionneur des Émirats arabes unis


Jean-Michel Larqué

Sa présentation

Jean-Michel Larqué est né le 8 septembre 1947 à Bizanos (Pyrénées-Atlantiques).

Il débute dans le football au club de la Jeanne d'Arc le Béarn de Pau et remporte le concours du jeune footballeur en 1964. Recruté par l'AS Saint-Étienne, il rejoint l'équipe première en 1966 et en devient le capitaine quelques années plus tard. Remportant de nombreux trophées sur la scène nationale avec l'équipe stéphanoise, il participe à l'« épopée des Verts » qui échoue en finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions contre le Bayern Munich en 1976. Un an plus tard, il signe au Paris Saint-Germain où il devient entraîneur-joueur. Après deux ans dans le club de la capitale, il termine sa carrière dans le club du Racing club de Paris où il est de nouveau entraîneur-joueur. Il met un terme à sa carrière en 1983.
En Équipe de France dont il est capitaine à trois reprises, Jean-Michel Larqué joue quatorze matchs et inscrit deux buts entre 1969 et 1976. Il participe également aux Jeux olympiques de 1968 à Mexico.
Il devient en 1979 commentateur sportif sur Antenne 2 aux côtés de Thierry Roland. En parallèle, il est journaliste pour le mensuel Onze Mondial à partir de 1980 puis rédacteur en chef de cette revue jusqu'en 2001. Après avoir quitté Antenne 2 pour TF1 en 1984, il poursuit sa carrière de commentateur toujours aux côtés de Thierry Roland, avec lequel il forme l'un des duos les plus célèbres de la télévision française. Leur duo et la célèbre phrase de Larqué « Tout à fait Thierry » inspirent Les Guignols de l'info qui créent leurs marionnettes en 1992. En octobre 2001, il rejoint RMC Info et depuis le 15 septembre 2002, il anime l'émission Larqué Foot sur cette même radio. Quand Thierry Roland quitte TF1 en 2004, Jean-Michel Larqué forme des duos avec Thierry Gilardi jusqu'au décès de ce dernier puis avec Christian Jeanpierre. A l'issue de la Coupe du Monde 2010, Larqué quitte TF1. En 2011, son tandem avec Thierry Roland est reformé sur CFoot et également sur M6 pour commenter un match de l'Équipe de France. Il rejoint définitivement M6 pour commenter avec Denis Balbir les matchs de l'Euro 2012 suite au forfait de Thierry Roland pour raisons médicales puis à son décès quelques jours plus tard.


Ses débuts footballistiques

Né le 8 septembre 1947 à Bizanos d'un père cheminot et d'une mère couturière, Jean-Michel Larqué commence sa formation à la Jeanne d'Arc le Béarn de Pau où sa grand-mère paternelle était concierge du stade Jean Brouchin et son père président du club, il a donc pu commencer à jouer au football tout petit. Très tôt, il se destine au professorat d’éducation physique et longtemps, son cœur balance entre un métier « sûr » et l’aventure risquée du sport professionnel.
En 1964, à l'âge de seize ans, Jean-Michel Larqué gagne le concours du jeune footballeur à Colombes où son père l'a inscrit. Il est alors repéré par le recruteur de l'AS Saint-Étienne, Pierre Garonnaire qui lui propose par le biais de son père de faire un stage au sein du club stéphanois. L'année scolaire terminée, il part en août faire un stage de huit jours dans le Forez. Se retrouvant aux côtés d'Aimé Jacquet et de René Ferrier, il se fait de nouveau remarquer et ne tarde pas à taper dans l'œil des dirigeants stéphanois. Rentré à Pau, il devient le capitaine de l'Équipe de France junior composée entre autres d'Henri Michel, Louis Floch, Francis Camerini et Marco Molitor.
Courtisé par plusieurs clubs, il est approché par les Girondins de Bordeaux mais n'apprécie pas l'ambiance au sein du club. Il obtient son baccalauréat en 1965 et commence son année de préparation au professorat d'éducation physique à Pau. En octobre 1965, il quitte le Béarn et rejoint Saint-Étienne où il prend une licence amateur à l'ASSE et étudie en classe préparatoire au lycée du Portail rouge. Avec les autres stagiaires qui l’entourent (Revelli, Bereta ou Camerini), il s’intègre rapidement parmi les Mitoraj, Jacquet, Herbin et Mekloufi.


Son éclosion puis capitaine des Verts (1966-1977)

Avec l'ASSE, Jean-Michel Larqué effectue sa première apparition le 27 mars 1966 au stade Marcel Saupin face au FC Nantes sous la houlette de Jean Snella, séduit par son aisance technique. Positionné à l’aile droite face à Gabriel De Michèle, il tient honorablement son poste malgré une lourde défaite chez le champion de France en titre (0-5). En juin 1966, à la fin de son année préparatoire et grâce à sa sélection en Équipe de France universitaire, Larqué passe le concours de l'INSEP à Paris mais échoue. Poursuivant ses études à la faculté de Lyon, il devient titulaire suite à une grave blessure au genou de Robert Herbin et remporte son premier titre de champion de France au terme de la saison 1966-1967.
En 1968, dirigés par Albert Batteux qui succède à Jean Snella, les Stéphanois remportent le premier doublé coupe-championnat de l'histoire du club, et passent pour la première fois un premier tour de Coupe d'Europe. Toutefois, Jean-Michel Larqué ne dispute pas la finale de la Coupe de France : il est remplacé par Rachid Mekloufi qui joue alors son dernier match. Toujours étudiant, il est sélectionné au tournoi olympique de Mexico en 1968. La France, après avoir terminé première de son groupe, est éliminée en quart-de-finale face au Japon sur le score de 3-1.
Le 10 septembre 1969, alors que Saint-Étienne pointe à la tête du classement et que Jean-Michel Larqué a déjà inscrit trois buts depuis le début du championnat, il est appelé pour la première fois en Équipe de France A par Georges Boulogne pour un match qualificatif pour la Coupe du Monde 1970. Rentré à la 73e minute en remplacement de Serge Chiesa, Larqué et les Bleus s'imposent 3-1 face à la Norvège avec un triplé d'Hervé Revelli, son coéquipier en club. Les Stéphanois sont de nouveau champions en 1969, l'année où il obtient son diplôme de professeur d'EPS en se classant 90e sur 1 500 élèves. N'arrivant plus à jongler entre l'enseignement et sa carrière de footballeur, il renonce au professorat et signe son premier contrat professionnel avec le président Roger Rocher pour un salaire de 3 000 francs par mois. La même année, l'AS Saint-Étienne remporte le Challenge des Champions remporté 3-2 face à l'Olympique de Marseille ; Larqué inscrit le troisième but stéphanois. L'AS Saint-Étienne remporte la saison suivante un triplé historique coupe-championnat-Gambardella. C'est leur quatrième succès d'affilée en championnat, ce qu'aucune équipe n'avait réussi à faire jusque là.
Après trois saisons sans titre qui voient les départs de joueurs cadres comme Salif Keïta et Robert Herbin devenant l'entraîneur, Jean-Michel Larqué devient le capitaine de l'équipe et les Stéphanois signent un nouveau doublé coupe-championnat en 1974. Les jeunes vainqueurs de la Gambardella en 1970 (Lopez, Merchadier, Santini, Revelli, Sarramagna, Synaeghel et Rocheteau) ont renforcé l'équipe.
En 1974-1975 les Verts s'offrent leur première épopée européenne : ils éliminent le Sporting Portugal, le Hajduk Split (avec un but de Larqué) et le Ruch Chorzów (avec là-aussi un nouveau but décisif du capitaine stéphanois qui permet la qualification au tour suivant), avant de s'incliner 2-0 en demi-finale face au Bayern Munich. Principal artisan de cette épopée, il déclare : « être éliminé de la façon où nous avons été sorti de cette compétition, ce n'est pas un déshonneur, nous n'avons pas à avoir honte » avant de fondre en larmes suite à l'élimination de son équipe. En parallèle, les Stéphanois remportent le championnat de France, le premier en tant que capitaine pour lui qui le 3 mai 1975, lors d'une victoire 4-1 contre l'OM, a effectué une course de cinquante mètres puis éliminé Marius Trésor avant de marquer d'un tir des vingt mètres. Le 14 juin 1975, il ajoute à son palmarès une nouvelle Coupe de France remportée 2-0 contre le RC Lens où il inscrit un but mémorable : il double la mise avec une reprise de volée limpide à l'entrée de la surface, ce but est toujours considéré aujourd'hui comme l'un des plus beaux de l'épreuve. Cette année exceptionnelle lui vaut d'être nommé « Meilleur joueur professionnel français » par ses pairs. Courtisé par le Bayern Munich, il manque de peu de rejoindre le Real Madrid. Alors qu'il s'est mis d'accord avec les dirigeants du club espagnol, le président stéphanois Roger Rocher le convainc de rester.
Le 15 novembre 1975, une rencontre qualificative pour l'Euro 76 contre la Belgique, marque le dernier match du sélectionneur Ștefan Kovács. Entré à la mi-temps, Jean-Michel Larqué se fait tacler en plein vol par Jean Dockx, ce qui provoque la colère du Stéphanois qui lui assène un coup de poing puis est expulsé à la 67e minute. C'est son seul carton rouge en Équipe de France.
La saison suivante, les Verts remportent le championnat de France pour la troisième année consécutive, et réalisent un parcours européen resté dans les mémoires : ils éliminent le KB Copenhague (5-1), les Glasgow Rangers (4-1), le Dynamo Kiev (3-2) et le PSV Eindhoven (1-0) dans leur route vers la finale. Larqué y joue un rôle important : il marque en effet deux coups-francs précieux en demi et en quart contre le Dynamo Kiev et le PSV Eindhoven. En finale, ils affrontent donc le Bayern Munich à Glasgow le 12 mai 1976, vainqueur de la compétition les deux années précédentes. Dans une finale équilibrée les Verts touchent deux fois les poteaux (devenus les fameux « poteaux carrés » de l'Hampden Park) avant de s'incliner 1-0 sur un coup-franc de Franz Roth à la 57e minute. Malgré cette défaite, Jean-Michel Larqué est au sommet de sa carrière.
Capitaine lors de ses trois derniers matchs avec l'Équipe de France, Jean-Michel Larqué joue son dernier match en Bleu le 1er septembre 1976, en amical à Copenhague contre le Danemark. Il se blesse au genou et compromet ses chances de disputer la Coupe du Monde 1978.
La saison qui s'ensuit s’avère décevante pour Jean-Michel Larqué. Blessé au début de la saison, il revient en forme lors d'un derby contre l'Olympique lyonnais en marquant le premier but de la tête avec les Verts. Mais son niveau est en déclin comme l'atteste sa performance contre Liverpool en quart-de-finale de Coupe d'Europe : battu 3-1, Larqué n'échappe pas à la débâcle subie par les siens. En désaccord avec l'entraîneur et devenu moins performant sur les terrains, Robert Herbin (son ancien coéquipier) l'écarte du groupe en mai 1977 et Larqué se retrouve en équipe réserve. Il est tout de même champion de France de troisième division avec celle-ci. Ne pouvant plus se satisfaire de cette situation et n’étant plus retenu à Saint-Étienne, il décide de quitter le Forez pour la capitale parisienne.


Sa fin de carrière en terre parisienne (1977-1983)

En juillet 1977, Jean-Michel Larqué devient entraîneur du Paris Saint-Germain alors présidé par Daniel Hechter devenant à vingt-neuf ans, l'un des plus jeunes entraîneurs de première division. Dans un club en construction où les politiques s'impliquent beaucoup, la première année est compliquée et, en l’absence de meneur et de fond de jeu, il rechausse les crampons et devient entraîneur-joueur. Au terme de la saison, le Paris Saint-Germain termine onzième du championnat. La présidence de Daniel Hechter est marquée par ses déboires finaux. Ce dernier est écarté de la présidence en janvier 1978 suite à l'affaire de la double billetterie du Parc des Princes. Hechter est remplacé par Francis Borelli et cette fois-ci, Larqué se consacre exclusivement au rôle de joueur quittant son poste d'entraîneur en août 1978. Il joue vingt matchs et le PSG se classe treizième au terme de la saison. Jean-Michel Larqué arrête en tant que joueur après vingt-cinq matchs en deux saisons alors qu'il lui reste deux ans de contrat et met un terme à sa carrière professionnelle. Après avoir quitté le staff technique le 2 juillet 1979, il effectue une dernière saison au Paris Saint-Germain en tant que manager général du club.
En 1980, Jean-Michel Larqué, jeune retraité professionnel, rejoint en tant que joueur le Racing Club de Paris qui évolue en Division 3. Lors de la saison 1980-1981, les Parisiens terminent à la quatrième place et à six points du promu, le RC Fontainebleau. Devenu entraîneur, Larqué et son équipe ne terminent pourtant la saison 1981-1982 qu'à la septième place, à neuf points du promu, le Red Star, et à treize points de la réserve du FC Nantes. Seule consolation, le sommet de la saison, en trente-deuxièmes de finale de Coupe de France : le Racing affronte l'AS Saint-Étienne au Parc des Princes, devant 20 000 spectateurs venus assister au match. Larqué, entraîneur-joueur du Racing, voit cependant son ancien club repartir largement victorieux (0-3). En 1982, l'industriel Jean-Luc Lagardère décide d'investir dans le football pour monter un second grand club à Paris derrière le Paris Saint-Germain. Il pense d'abord à une fusion du Racing et du Paris FC, mais en l'absence d'informations précises sur les finances du PFC, les dirigeants du Racing club de France refusent. Il reprend alors seul le Paris FC, et décide de ressusciter le nom et l'image du Racing, en rebaptisant le club parisien Racing Paris 1 sous les couleurs bleu ciel et blanc, avec l'accord du Racing. Ce dernier aligne toujours son équipe en troisième division en 1982-1983, mais en cas de maintien du RP1 en Division 2, les dirigeants du Racing ont promis une fusion. Celle-ci est donc accomplie en 1983, le Racing ayant fini quatrième du groupe A ; l'équipe de troisième division du RCF devient la réserve du RP1, les équipes de jeunes du Racing lui sont également attachées, le tout sous le nom de Racing Club de Paris. Les équipes de jeunes et la réserve existantes du RP1 sont séparées de l'ensemble, sous le nom de Paris FC 83. A l'issue de l'année 1982, Jean-Michel Larqué met un terme définitif à sa carrière en tant qu'entraîneur et joue une dernière saison avec le RC Paris en 1982-1983.


Sa reconversion au journalisme : ses débuts à Antenne 2 (1979-1985)

Alors qu'il joue encore avec le Paris Saint-Germain, Raymond Castans, patron de RTL qui est le sponsor officiel du club propose à Jean-Michel Larqué de commenter les matchs sur Antenne 2. En 1979, il rejoint Antenne 2 pour commenter les matchs de football et participer à l'émission Stade 2, il commence ainsi une nouvelle carrière celle de journaliste sportif devenant le premier ex-joueur professionnel du football français à exercer cette profession. Il forme un tandem avec Bernard Père et Thierry Roland en alternance. Le 5 mars 1980, Larqué commente son premier match avec Thierry Roland lors d'un quart-de-finale de Coupe UEFA entre l'AS Saint-Étienne et le Borussia Mönchengladbach.


Ses activités sur TF1, à Onze mondial et sur RMC (1985-2010)

En 1985, le duo Larqué-Roland quitte Antenne 2 pour TF1, recruté par Jean-Claude Dassier qui est le patron des sports de la première chaîne pour remplacer Michel Denisot parti sur Canal+. Outre les commentaires des matchs, ils animent le magazine Téléfoot, alors l'émission française phare du football le dimanche matin après le départ de Didier Roustan lui-aussi pour la chaîne cryptée en 1989.
A partir de 1980, Jean-Michel Larqué s'essaye à la presse écrite et obtient sa carte de presse en tant que pigiste du mensuel de football « Onze Mondial ». Il en devient le rédacteur en chef en 1986 puis directeur de la rédaction quelques années plus tard. En 2001, il quitte ses fonctions et n'est plus que consultant pour le mensuel. Il quitte définitivement Onze Mondial en mars 2008. Il est chroniqueur dans le Match du lundi sur Europe 1 et Pathé Sport de 1998 à 2001 et dans « On refait le match » sur RTL et LCI à ses débuts en août 2001. La même année, il contacte le directeur des sports de RMC, François Pesenti. Après avoir rejoint RMC, il anime l'émission Dimanche Foot diffusée le dimanche de dix heures à midi. En octobre 2001, il devient le premier consultant de la « Dream Team » RMC où il est surnommé « Capitaine Larqué ». Depuis le 15 septembre 2002, il anime une émission éponyme « Larqué Foot » avec Jean Rességuié et depuis la Coupe du Monde 2006, il est chroniqueur régulier dans l'« After Foot » avec Gilbert Brisbois, Roland Courbis et Daniel Riolo les soirs de matchs et dans « Coach Courbis » les soirs sans matchs.
Passionné de rugby à XV, il a commenté deux matchs à l'occasion de la Coupe du Monde 1991 avec Richard Astre, ancien demi de mêlée du XV de France : Pays de Galles-Argentine en phase de poules à Cardiff et Canada-Nouvelle-Zélande en quart de finale à Villeneuve d'Ascq.
Le 30 juin 2002, à la mi-temps de la finale de la Coupe du Monde 2002, Thierry Roland et Jean-Michel Larqué se disputent alors qu'ils commentent le match sur TF1. Alors que le fils de Roland lui a demandé deux places pour la finale, TF1 leur annonce qu'ils ne les ont plus ; ce qui déclenche la colère de Thierry Roland qui accuse Laurent Petit (l'attaché de presse de TF1) de ne pas lui avoir fourni les places qu'il lui a demandées. Prenant la défense de Laurent Petit, Larqué se fait à son tour houspiller par son collègue. Ayant laissé leurs micros ouverts, la dispute se déroule en direct et elle ne tarde pas à faire le « buzz » sur Internet. C'est le seul clash que les commentateurs ont eu en vingt-cinq ans de collaboration.
En 2005, Thierry Roland est licencié par le nouveau directeur des sports de TF1 Charles Villeneuve. Le duo commente leur dernier match de l'Équipe de France le 17 novembre 2004 lors de France-Pologne (0-0) au Stade de France. Le 5 juin 2005, la finale de la Coupe de France Auxerre-Sedan est le dernier match commentés par le duo sur TF1. Ensemble, ils ont commenté six Championnats d'Europe et six Coupes du Monde. Jean-Michel Larqué poursuit sa carrière de commentateur aux côtés de Thierry Gilardi, qui vient de quitter Canal+. Le 26 mars 2008, lendemain du décès de Gilardi, Jean-Michel Larqué, bouleversé par la mort de l'homme qui était devenu son ami, annonce dans « Luis Attaque » sur RMC qu'il n'assurera pas, à titre exceptionnel, le commentaire du match amical France-Angleterre. Après avoir songé à raccrocher, il assure, une semaine plus tard, le commentaire du match de Ligue des Champions Arsenal FC - Liverpool FC sur TF1 avec Christian Jeanpierre.
Étant éditorialiste voire polémiste sur RMC, il est souvent sévère dans ses analyses, dans un registre totalement différent que celui qu'il a sur TF1, ce qui lui a valut des critiques de certains de ses confrères comme Pierre Ménès notamment. Une des cibles récurrentes de Larqué est Raymond Domenech notamment lorsqu'il était sélectionneur des Bleus mais ce dernier avait répondu sans le citer en le qualifiant d'« aigri » et de « vieux rabougris ». Le président d'alors de la FFF Jean-Pierre Escalettes a même voulu censurer le consultant de RMC. Très exigeant avec le Saint-Étienne actuel, le gardien de but Jérémie Janot avait décidé de répondre aux nombreuses critiques de Larqué via Twitter en l'insultant de « vieil aigri » et de « conn*rd ». En septembre 2008, Luc Sonor (ancien entraîneur adjoint) porte plainte contre Jean-Michel Larqué après que ce dernier l'est insulté de « pipe ». Suite à cette plainte, Larqué est jugé coupable « d'injure publique envers particulier », il est condamné à verser une amende ainsi qu'un dédommagement symbolique à Luc Sonor.
Le 11 juillet 2010, il commente son dernier match sur TF1 lors de la victoire de l'Espagne contre les Pays-Bas un but à zéro lors de la finale de la Coupe du Monde 2010. Le 30 juillet 2010, TF1 et Jean-Michel Larqué décident de se séparer à l'issu d'un « commun accord » après vingt-six ans de collaboration. A la suite de cette annonce, il déclare : « c'est une belle aventure humaine qui se termine dans la dignité. Une pensée toute particulière pour Thierry Roland, pour le regretté Thierry Gilardi et pour Christian Jeanpierre. J'ai vécu avec TF1 une reconversion qui m'a permis de vivre des moments de bonheur intense ». Il est remplacé par Bixente Lizarazu, déjà présent pour le commentaire des matchs de Ligue des Champions aux côtés de Jeanpierre et Larqué.

Durant sa carrière de journaliste, Jean-Michel Larqué s'est distingué par son style particulier au micro. En plus de son élocution particulière, sa notoriété dans les médias est surtout due à son duo formé avec Thierry Roland, son fidèle acolyte pendant plus de quinze ans. Leur duo inspire les Guignols qui créent leurs marionnettes en 1992. L'émission satirique caricaturent les deux hommes et reprend souvent leur phrase devenue célèbre : Thierry Roland, voulant la confirmation de son collègue après une réplique, lui demande « n'est-ce pas mon petit Jean-Mimi ? », Larqué acquiesce : « oui, tout à fait Thierry ! ». Sa marionnette est très souvent embarrassée par les propos tenus par son collègue Thierry Roland. Lors des matchs commentés par le duo, Thierry Roland joue plutôt le rôle du commentateur-supporteur alors que Jean-Michel Larqué apporte un commentaire plus technique.
A titre personnel, Jean-Michel Larqué aime s'épancher dans le défaitisme et utilise souvent les onomatopées pour montrer sa désapprobation. Ses répétitions exclamatives et ses exclamations répétitives montrent son caractère nerveux comme lors d'un Milan AC-Lyon en 2006 où il répète plusieurs fois « Abidal, il s'est troué ». S'appuyant sur son expérience de footballeur, il partage souvent ses connaissances techniques et tactiques en analysant l'action pour expliquer au téléspectateur ce que le joueur aurait dû ou n'aurait pas dû faire. Dans le même registre, il essaye même parfois d'anticiper les actions pour montrer sa « science du commentateur ». Au début de match, Larqué désigne une « tête de Turc » qu'il ne va pas lâcher jusqu'à la fin du match comme par exemple un attaquant maladroit. Parmi ses souffre-douleurs, il y a eu Frank Lebœuf, Vincent Candela, Vikash Dhorasoo, Djibril Cissé, Hatem Ben Arfa ou encore Michaël Ciani. A contrario, il s'attribue rapidement un « chouchou », généralement dans l'équipe adverse qu'il considère comme une perle rare comme par exemple un meneur de jeu capable de faire la différence à chaque instant. Enfin, il fait souvent des annonces pour les événements sportifs de sa région, le Pays Basque.
Certaines de ses expressions comme « il a avalé la trompette là », « il lui a fait un café crème », « le pied en porte-manteau », « mon dieu, mon dieu, mon dieu... » ou « il lui a donné dans le zig alors qu’il est parti dans le zag » contribuent aussi à sa popularité.


Son retour dans le Chaudron comme manager général (1993-1994)

En 1993, il est de retour dans le monde du football en tant que manager général de l'AS Saint-Étienne. Pourtant, les conditions de son retour ne sont pas joyeuses. En effet, juste avant la demi-finale de Coupe de France jouée par le club stéphanois, Jean-Michel Larqué critique ouvertement le bilan du président André Laurent dans Téléfoot où ce dernier est l'invité de l'émission. Peu après la défaite de l'AS Saint-Étienne en Coupe de France, André Laurent démissionne et est remplacé par le duo Yves Guichard - Jean-Michel Larqué nommé par le Groupe Casino. Ce dernier s'occupe principalement du recrutement et du centre de formation aux côtés de Christian Larièpe. Ce qui sera une réussite puisque quatre ans plus tard, les moins de dix-sept ans sont sacrés champions de France et remportent la Coupe Gambardella.
L'entraîneur Jacques Santini, arrivé un an plus tôt, dispose d'une équipe composée entre autres de Laurent Blanc, Joseph-Antoine Bell et Roland Wohlfarth recrutés notamment par Jean-Michel Larqué. Après avoir évité son éviction par Yves Guichard en décembre, l'entraîneur stéphanois est conservé et l'AS Saint-Étienne termine à la onzième place du classement. Au terme d'une saison mouvementée, Jean-Michel Larqué décide de quitter le club en septembre 1994 quelques mois après la démission de l'entraîneur de l'époque Jacques Santini. Suite à son départ, Jean-Michel Larqué est critiqué pour avoir précipité la chute du club stéphanois en ayant effectué plusieurs transferts coûteux.


L'après TF1 (depuis 2010)

Depuis la Coupe du Monde 2010, il est éditorialiste pour le bi-hebdomadaire France Football où une rubrique lui est consacrée : « Reprise de volée ». Il revient sur la précédente journée de Ligue 1 et critique les performances de certains joueurs et certaines équipes.
En septembre 2010, il rejoint L'Équipe TV et pendant un an, il anime France Foot, l'émission avec Smaïl Bouabdellah et Hervé Penot.
En juillet 2011, Jean-Michel Larqué rejoint la nouvelle chaîne de LFP CFoot où il est chroniqueur chaque lundi, aux côtés de son collègue de RMC Rolland Courbis, dans l'émission C Le Talk présentée par David Astorga. Sur cette chaîne, il retrouve aussi son fidèle acolyte Thierry Roland avec qui il anime « La grande histoire » et « La version originale ».
Le 12 août 2011, Jean-Michel Larqué tient des propos désobligeants sur les Juifs concernant le départ de Samir Nasri d'Arsenal vers Manchester City. Dans son émission « Larqué Foot », il raconte une anecdote un peu hasardeuse : « je me rappelle toujours d'une réflexion d'Arsène Wenger, qui résume un petit peu quand même la philosophie du Board d'Arsenal. Il m'a dit le jour où j'ai vu que le Board d'Arsenal, qui est plutôt de confession juive [le correspondant de RMC à Londres Philippe Auclair lui précise que ce n'est plus le cas]. A cette époque il l'était donc et qu'ils se sont mis autour une table avec les représentants d'Emirates. Il m'a dit : j'ai tout compris, j'ai compris ce jour-là qu'il y avait une chose importante pour le Board d'Arsenal. C'était l'argent. Et aujourd'hui l'argument selon lequel Nasri rapporterait zéro livre, c'était insupportable ». Averti des remous que ses propos maladroits pouvaient provoquer, Jean-Michel Larqué a tenu à s'expliquer en fin d'émission : « non, non s'ils savaient. Le malheureux Paul Elkaïm qui a sauvé mon fils. Enfin bon pour moi il n'y a pas de raccourcis. Mille excuses si j'ai... ». Malgré ses excuses, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) porte plainte le 17 août pour diffamation contre le consultant. Deux jours plus tard, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) annonce sa décision de porter plainte contre Jean-Michel Larqué notamment pour incitation à la discrimination, à la haine et à la violence raciste. Ces deux plaintes ne donneront pas de suite.
Le 6 septembre 2011, il est de retour aux commentaires d'un match de l'Équipe de France, en Roumanie comptant pour les éliminatoires de l'Euro 2012, avec Thierry Roland mais cette fois-ci sur l'antenne de M6. Il rejoint finalement M6 pour le championnat d'Europe et commente les matchs de cette compétition avec Denis Balbir suite au forfait de Thierry Roland. En plein Euro, Thierry Roland décède d'un accident vasculaire cérébral le 16 juin 2012. Malgré sa tristesse, Jean-Michel Larqué décide de continuer l'aventure sur M6.


Ses autres activités

Jean-Michel Larqué est un membre actif du Variétés Club de France, présidé par Thierry Roland, depuis septembre 1974. Il en devient par la suite l'entraîneur.
Depuis 1983, il organise des stages de football pour les jeunes footballeurs âgés de sept à dix-neuf ans. Localisé tout d'abord à Cavaillon, les stages se déroulent actuellement dans des centres situés à Saint-Jean-de-Luz et Cambo-les-Bains et sont encadrés par quarante-cinq saisonniers. Jean-Michel Larqué est présent sur les terrains tous les jours. Parmi les joueurs professionnels passés par les stages « Larqué », il y a eu Florent Malouda, Bruno Cheyrou ou encore Pantxi Sirieix. En mars 2009, L'Équipe publie un classement des stages de foot en France, les Stages Larqué sont neuvième sur onze.
Jean-Michel Larqué, expérimenté de ses qualités de tireur de coup-francs lorsqu'il était joueur, donne régulièrement des cours particuliers de jeu au pied au demi de mêlée de l'Équipe de France de rugby à XV et du Biarritz Olympique Dimitri Yachvili depuis 2004.
Il est président du District de football des Pyrénées-Atlantiques. de 2006 à octobre 2017. De 2012 à 2017, il est vice-président de la Ligue d'Aquitaine de football, chargé de mener une réflexion sur les Championnats des Jeunes.
Il fait également des apparitions dans quelques films, y jouant son propre rôle au côté de son compère Thierry Roland notamment dans « Delphine 1, Yvan 0 », sorti en 1996, où ils commentent la première année de vie en couple de Delphine et Yvan. Dans « Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain », sorti en 2001, il est un acteur de doublage alors qu'il joue son propre rôle dans le film « Micmacs à tire-larigot » sorti en 2009.


Sa famille

Marié en 1969 avec sa première femme Renée, ils ont eu trois enfants : Peggy, née le 5 juillet 1972, Grégory, né le 24 décembre 1974 et Anthony, né le 3 mai 1980.
Divorcé depuis 2001, Jean-Michel Larqué vit à Saint-Pée-sur-Nivelle, au Pays basque, avec sa compagne Régine Dolci. Ils ont une fille, Manon, née le 31 octobre 2005.


Sa carrière de joueur et d'entraîneur

1955-1965

Joueur à Jeanne d'Arc le Béarn
1964 : remporte le Concours du jeune footballeur

1965-1977

Joueur à AS Saint-Étienne
1967 : champion de France, vainqueur du Challenge des Champions
1968 : champion de France, vainqueur du Challenge des Champions
1969 : champion de France, vainqueur du Challenge des Champions
1970 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1971 : vice-champion de France
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France, élu meilleur joueur français de l'année par France Football, reçu la médaille de l'Académie des sports
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions

1968

Joueur en Équipe de France (pour les Jeux Olympiques, 4 sélections)

1969-1976

Joueur en Équipe de France (14 sélections et 2 buts, 3 fois capitaine)

1972

Joueur à la Coupe de l'Indépendance du Brésil

1977-1979

Joueur à Paris Saint-Germain

1977-1978

Entraîneur à Paris Saint-Germain

1980-1983

Joueur à RC Paris

1981-1982

Entraîneur à RC Paris

Ses récompenses

Après sa carrière de footballeur : il est élu major de promotion des entraîneurs et reçoit la médaille de la ligue du Sud-Ouest
16 mai 2000 : il est fait Chevalier de la Légion d'honneur avec Thierry Roland par Jacques Chirac


Jacques Santini

Sa présentation

Jacques Santini est né le 25 avril 1952 à Delle dans le Territoire de Belfort. Il fut le sélectionneur des « « Bleus » du 21 août 2002 au 25 juin 2004. Il a été l'adjoint de Jean-Guy Wallemme au Racing Club de Lens entre juin 2010 et janvier 2011.

Joueur professionnel, Jacques Santini effectue quasiment toute sa carrière à l'AS Saint-Étienne, dont il porte les couleurs entre 1969 et 1981. Santini connaît ainsi les grandes heures des Verts, avec lesquels il remporte quatre championnats de France, deux Coupes de France et participe à la finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1976. Il reste l'auteur du fameux coup de tête sur les « poteaux carrés » (la barre transversale en fait) de l'Hampden Park de Glasgow. Il termine sa carrière professionnelle au Montpellier La Paillade, puis au CA Lisieux, en troisième division, où il prend la place de joueur - entraîneur, jusque là occupée par Didier Notheaux, entre 1983 et 1985.


Sa reconversion

Après avoir découvert un peu le métier d'entraîneur à Lisieux pendant deux ans, Santini connaît sa première grande expérience avec le Toulouse Football Club, entre 1985 et 1989. Il entraîne ensuite différents clubs de première division, comme le Lille OSC, l'AS Saint-Étienne et le FC Sochaux qu'il rejoint en cours de saison en décembre 1994.
Après une saison sans club, il est nommé directeur technique de l'Olympique lyonnais à partir de 1997. Il devient ensuite l'entraîneur du club de 2000 à 2002. C'est avec Lyon qu'il gagne ses premiers titres d'entraîneur : une Coupe de la Ligue en 2001 et le titre de champion de France en 2002. En juin 2002, son contrat s'achève sans qu'il n'en ait demandé le renouvellement, et il reprend son poste de directeur technique, ayant pris part à la désignation de son successeur sur le banc, Paul Le Guen.
Mais à peine quelques semaines plus tard, après l'échec des « Bleus » lors de la Coupe du Monde 2002 en Asie, il est appelé en août 2002 pour succéder à Roger Lemerre. Il parvient à remporter la Coupe des Confédérations en 2003, et à qualifier facilement, dans un groupe éliminatoire extrêmement faible (Chypre, Malte, Israël et Slovénie), les « Bleus » pour la phase finale de l'Euro 2004 au Portugal. Fort de ce bilan, il souhaite obtenir une prolongation de son contrat au-delà de l'Euro, tandis que la fédération souhaite attendre les résultats de l'Équipe de France au Portugal avant de renouveler sa confiance à son sélectionneur. Santini prend alors son monde de vitesse en annonçant quelques jours avant le début de la compétition sa signature dans le club anglais de Tottenham pour la saison 2004-2005. A l'Euro, les « Bleus » de Santini ne brillent guère. Après un premier tour laborieux, ils se font éliminer en quart de finale par la Grèce, futur vainqueur du championnat d'Europe.
Comme annoncé, il rejoint alors aussitôt Tottenham. Mais l'aventure anglaise est brève. Il démissionne de son poste après seulement cinq mois et treize matchs à la tête de l'équipe, officiellement pour « problèmes personnels », mais suite à des problèmes internes liés à l'organigramme des Spurs, et plus particulièrement avec Frank Arnesen, le directeur sportif.
Le 8 juin 2005, il remplace Guy Roux au poste d'entraîneur de l'AJ Auxerre. Après une saison acceptable (sixième place en Ligue 1, qualification pour la Coupe Intertoto), il annonce son départ dès le 17 mai 2006.
Jacques Santini est souvent décrit par les journalistes sportifs comme un « mystère ». En effet, plus encore que ses prédécesseurs Aimé Jacquet et Roger Lemerre, Santini est rétif à parler aux journalistes et parvient à éluder les questions. Les Guignols de l'info caricaturent ce trait en en faisant une personne franche mais qui parle très lentement.
En mai 2008, il est approché par la fédération tunisienne pour occuper le poste de sélectionneur de l'équipe nationale, mais refuse l'offre de contrat au dernier moment, pour un désaccord avec la date d'entrée en vigueur du contrat (le 1er juillet 2008) et sur la nationalité de son adjoint, qu'il voulait français, alors que la FTF le voulait tunisien. Il refuse également le poste au Heart of Midlothian Football Club, club écossais de première division.
En janvier 2010, il est nommé à un rôle de conseiller bénévole à la politique sportive de l'AS Saint-Étienne. Président de la commission sportive de l'ASSE, il démissionne à l'issue de la saison. Le 1er juin 2010, il rejoint la direction technique du Racing Club de Lens, remplaçant Dominique Cuperly. Il est chargé d'assister Jean-Guy Wallemme et de lui « apporter son expérience », mais aussi de la « protection et de l'accompagnement » pour la suite de sa carrière. En janvier 2011, peu après le licenciement au poste d'entraîneur de Jean-Guy Wallemme, le contrat de Jacques Santini est lui aussi résilié.
Il est également consultant Canal+, il participe à l'émission « Les Spécialistes » ainsi qu'au « 11 d'Europe ».


Sa carrière de joueur et d'entraîneur

1964-1969

Joueur à Fesches-le-Châtel

1969-1981

Joueur à AS Saint-Étienne
1974 : champion de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions
1977 : vainqueur de la Coupe de France
1981 : champion de France, finaliste de la Coupe de France

1981-1983

Joueur à Montpellier HSC

1983-1985

Joueur et entraîneur à CA Lisieux

1985-1989

Entraîneur à Toulouse FC

1989-1992

Entraîneur à Lille OSC

1992-1994

Entraîneur à AS Saint-Étienne

1994-1995

Entraîneur à FC Sochaux

2000-2002

Entraîneur à Olympique lyonnais
2001 : vainqueur de la Coupe de la Ligue
2002 : champion de France, élu meilleur entraîneur français de l'année par France Football

2002-2004

Sélectionneur de l'Équipe de France
2003 : vainqueur de la Coupe des Confédérations

2004

Entraîneur à Tottenham Hotspur

2005-2006

Entraîneur à AJ Auxerre


Christian Synaeghel

Sa présentation

Christian Synaeghel est né le 28 janvier 1951 à Leffrinckoucke dans la banlieue de Dunkerque.

Il est le fils de Lucien Synaeghel, métallurgiste à l'usine des Dunes et ancien joueur de l'US Dunkerque et de l'US Bray-Dunes, et de son épouse Yvonne Desfrennes. Christian Synaeghel et sa sœur jumelle Christiane sont les derniers d'une famille comprenant cinq enfants. Ses frères sont ouvriers en usine. Christian Synaeghel débute le football à l'âge d'onze ans dans le club de sa ville, l'US Leffrinckoucke et, en parallèle, obtient un CAP mécanique. Repéré par Pierre Garonnaire, le recruteur de l'AS Saint-Étienne, il rejoint à dix-sept ans le centre de formation des « Verts » où il est surnommé « le ch'ti » par ses coéquipiers. En 1970, il remporte avec Christian Lopez, Alain Merchadier, Jacques Santini, Patrick Revelli et Christian Sarramagna, la Coupe Gambardella face à l'Olympique lyonnais (3-3, 5 t.a.b. à 4).
Il fait ses débuts en équipe première, le 12 août 1970, lors de la première journée du championnat face au FC Nantes, les Stéphanois s’inclinent trois à deux. Robert Herbin, devenu entraîneur, fait confiance aux jeunes Stéphanois et Synaeghel devient une pièce essentielle au milieu du terrain, lors de la saison 1973-1974, grâce à ses qualités d'endurance, d'efficacité et d’opiniâtreté. Les Stéphanois remportent le titre en ne perdant qu'un match lors des quatorze dernières journées du championnat puis réussissent le doublé, leur troisième de l'histoire, en battant l'AS Monaco en finale de la Coupe de France sur le score de deux à un. Lors de ce match, Christian Synaeghel ouvre le score à la 44e sur une reprise d'une tête plongeante d'un centre court de la droite de Patrick Revelli. Il fait également ses débuts avec les espoirs français, le 14 octobre 1973, et affronte les espoirs allemands à Mulhouse. Les « Bleuets » l'emportent sur le score d'un à zéro.
Christian Synaeghel est sélectionné le 16 novembre 1974 en Équipe de France par Ştefan Kovács. Il entre, en position de milieu gauche, en remplacement d'Henri Michel à la 65e minute du match disputé contre la RDA. Les deux équipes se séparent sur un match nul deux partout. En France, les Verts réussissent le doublé en terminant le championnat avec neuf points d'avance sur le deuxième, l'Olympique de Marseille puis en battant en finale de la Coupe de France le RC Lens sur le score de deux à zéro. En Coupe d'Europe des Clubs Champions, les Stéphanois battent successivement le Sporting Lisbonne, le NK Hajduk Split et le Ruch Chorzów mais doivent s'incliner en demi-finale face au Bayern Munich, deux à zéro sur les deux matchs.
Il est l'année suivante un des acteurs majeurs de l'épopée stéphanoise en Coupe d'Europe. Les Stéphanois parviennent en finale mais Christian Synaeghel ne peut disputer le match ayant été blessé, le 4 mai 1976 en championnat, dans une rencontre houleuse contre le Nîmes Olympique. En fin de saison, les Stéphanois réalisent le triplé en championnat avec trois points d'avance sur l'OGC Nice.
Christian Synaeghel connaît sa dernière sélection en Équipe de France le 30 mars 1977 à Lansdowne Road face à l'Irlande. Les Irlandais gagnent la rencontre un à zéro. Il est forfait le match suivant contre la Suisse et n'est plus ensuite en sélection. Longtemps blessé, il ne dispute lors de cette saison que vingt matchs de championnat et ne dispute pas la finale de la Coupe de France.
Après une dernière saison comme titulaire, il rejoint le FC Metz en 1978. Le club termine cinquième du championnat manquant la qualification européenne au goal average. Il dispute son dernier match sous le maillot messin le 16 janvier 1982 face au Brest FC et met fin à sa carrière en fin de saison.
Il rejoint alors les magasins de bijouterie appartenant à sa belle-famille et devient responsable de magasin puis gérant des stocks à Veauche jusqu'à sa retraite. Son fils, Yann, a également été professionnel au sein de l'AS Saint-Étienne.


Sa carrière de joueur

Avant 1968

Joueur à US Leffrinckoucke

1968-1978

Joueur à AS Saint-Étienne
1970 : vainqueur de la Coupe Gambardella
1971 : vice-champion de France
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1976 : champion de France

1974-1977

Joueur en Équipe de France (5 sélections)

1978-1982

Joueur à FC Metz


Hervé Revelli

Sa présentation

Hervé Revelli est né le 5 mai 1946 à Verdun dans la Meuse. Il évolue au poste d'attaquant du milieu des années 1960 au début des années 1980.

Formé à l'AS Saint-Étienne, il remporte avec ce club sept titres de champion de France et quatre coupes de France. Finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1976, il est le meilleur buteur de toute l'histoire de l'ASSE avec cent soixante-quinze buts inscrits en championnat. Durant sa carrière, il évolue également à l'OGC Nice puis au CS Chênois et termine son parcours de joueur professionnel à La Berrichonne de Châteauroux.
Devenu entraîneur, il dirige notamment des équipes de divisions inférieures françaises, de nombreuses équipes du Maghreb et la sélection béninoise.
Il compte trente sélections en Équipe de France de 1966 à 1975 pour quinze buts marqués mais ne dispute aucune compétition internationale avec les « Bleus ». Il est le frère de Patrick Revelli.
Hervé Revelli est le meilleur buteur de toute l'histoire de l'ASSE avec 175 buts en championnat.


Sa carrière de joueur et d'entraîneur

1962-1964

Joueur à AS Gardanne

1964-1971

Joueur à AS Saint-Étienne
1967 : champion de France, vainqueur du Challenge des Champions, meilleur buteur du Championnat de France
1968 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1969 : champion de France, vainqueur du Challenge des Champions, élu meilleur joueur français de l'année par France Football
1970 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France, meilleur buteur du Championnat de France

1966-1975

Joueur en Équipe de France (30 sélections et 15 buts)

1971-1973

Joueur à OGC Nice

1973-1978

Joueur à AS Saint-Étienne
1974 : champion de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions
1977 : vainqueur de la Coupe de France

1979-1980

Joueur et entraîneur à CS Chênois

1980-1983

Joueur et entraîneur à La Berrichonne de Châteauroux

1983-1984

Entraîneur à SC Draguignan

1986-1987

Entraîneur à Club Sportif Sfaxien (Tunisie)

1989

Sélectionneur de l'Île Maurice

1989-1994

Entraîneur à AS Saint-Priest

1998

Entraîneur à Club Athlétique Bizertin (Tunisie)

2003-2004

Entraîneur à MC Oran (Algérie)

2004

Entraîneur à MC Alger (Algérie)

2004-2005

Sélectionneur du Bénin

2005

Entraîneur à ES Sétif (Algérie)

2005-2007

Entraîneur à Beaurepaire
2006 : champion de district en Drôme-Ardèche

2007-2008

Entraîneur à Toulouse Fontaines

2009-2011

Entraîneur à Union sportive Feurs


Patrick Revelli

Sa présentation

Patrick Revelli est né le 22 juin 1951 à Mimet et est aujourd'hui responsable commercial de l'AS Saint-Étienne.

Vainqueur de la Coupe Gambardella en 1970, le « gaulois » comme on le surnomme à cause de ses imposantes moustaches est l'un des fers de lance des Verts de Saint-Étienne.
Attaquant vif et malin, il joue sur tout le front de l'attaque au gré des blessures et méformes des autres attaquants. Jeune frère d'Hervé, il s'entend bien avec ce dernier, avant-centre remiseur d'exception. Patrick Revelli reste dans les mémoires pour, après être entré en jeu à la place de Sarramagna, offrir la balle de but à Dominique Rocheteau pendant les prolongations contre le Dynamo de Kiev, après un superbe numéro de débordement.
A l'arrivée des « stars » à l'ASSE, il trouve refuge à Sochaux où il retrouve une seconde jeunesse, emmenant son club jusqu'aux demi-finales de la Coupe UEFA.
Il ne connaît qu'occasionnellement l'Équipe de France, à une époque où elle est particulièrement moribonde.
Après l'arrêt de sa carrière, il devient l'entraîneur de l'US Feurs (Loire, DH) puis il est responsable commercial de l'ASSE. Il travaille également pour Adidas.
Patrick Revelli a marqué cent un buts en championnat de France.


Sa carrière de joueur et d'entraîneur

1968-1978

Joueur à AS Saint-Étienne
1970 : champion de France
1974 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1975 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions
1977 : vainqueur de la Coupe de France

1973-1977

Joueur en Équipe de France (5 sélections et 1 but)

1978-1982

Joueur à FC Sochaux-Montbéliard
1980 : finaliste du Tournoi des As international
1981 : finaliste de la Coupe des Alpes, demi-finaliste de la Coupe UEFA

1982-1984

Joueur à AS Cannes

1984-1986

Joueur à Indépendante Pont-Saint-Esprit

1989-1995

Entraîneur à ASF Andrézieux-Bouthéon

1998-1999

Entraîneur à AS Saint-Étienne (équipe réserve)

2002-2004

Entraîneur du Qatar (équipe des moins de dix-huit ans)

2004-2006

Entraîneur à US Feurs


Félin
Dominique Rocheteau

Sa présentation

Dominique Rocheteau est né le 14 janvier 1955 à Saintes en Charente-Maritime. Il évoluait aux postes d'attaquant de pointe et d'ailier droit.

La carrière de Dominique Rocheteau est indissociable de Saint-Étienne, qui est dans les années 1970 l'équipe la plus populaire de l'hexagone. Arrivé dans le Forez à l'âge de dix-sept ans, il ne peut prendre vraiment part aux magnifiques doublés coupe-championnat de 1974 et 1975, ne jouant que quelques matchs à cause de multiples blessures. Enfin remis, il explose littéralement l'année suivante au sein du dispositif en 4-3-3 mis en place par l'entraîneur Robert Herbin. Il devient rapidement l'une des coqueluches du public, en particulier des supportrices. Ses dribbles élégants et ravageurs sur l'aile droite conjugués à sa longue chevelure bouclée, lui valent rapidement le surnom (qu'il déteste) d'« Ange Vert » attribué par le rédacteur en chef du magazine Onze, Jean-Pierre Frimbois.


L'ange vert en action

En 1976, Rocheteau passe proche de l'exploit. Après un premier match de légende à Glasgow, ou il inscrit un but et fait une passe décisive pour Hervé Revelli, il va participer à l'un des plus beaux retournement de situation de l'histoire du foot français. Opposée à l'un des grands favoris de la Coupe d'Europe des Clubs Champions 1976, le Dynamo de Kiev, emmené par le ballon d'or Oleg Blokhine, Saint-Étienne est nettement battu, 2 à 0, au match aller. Le match retour est homérique. Alors que la première mi-temps s'est achevée sur le score de 0 à 0, Blokhine est à deux doigts d'ouvrir le score, mais se fait prendre le ballon au dernier moment. Sur le contre, Saint-Étienne ouvre la marque par Hervé Revelli, puis 2-0 six minutes plus tard, sur coup-franc, par Jean-Michel Larqué. Kiev, qui avait pris le contrôle du match, est sonné. Durant la prolongation, Dominique Rocheteau, blessé à la cuisse et épuisé, parvient à reprendre in extremis un centre de Patrick Revelli et marque le but de la victoire.
Le club français élimine le PSV Eindhoven au tour suivant, grâce notamment à une prestation exceptionnelle du gardien Yvan Curkovic au match retour après la victoire (1-0) au match aller sur un coup-franc obtenu par Rocheteau et transformé par Jean-Michel Larqué, et atteint la finale contre le Bayern Munich de Beckenbauer, tenant du titre, qui l'avait éliminée l'année précédente en demi-finale. Blessé durant la seconde mi-temps du match contre le PSV, Rocheteau ne jouera malheureusement que les sept dernières minutes de cette rencontre. Dominatrice, l'équipe stéphanoise se fera surprendre contre le cours du jeu sur un coup franc tiré avant le coup de sifflet de l'arbitre. Elle ne pourra refaire son retard, malgré de multiples occasions dont deux tirs sur le poteau et un sur la barre transversale du gardien allemand Sepp Maier, auteur d'une remarquable partie. Cette année, Saint-Étienne remporte néanmoins son troisième titre de champion de France de rang, avant de conquérir, l'année suivante, la Coupe de France face à Reims.
A partir de 1978, l'AS Saint-Étienne, gavée de succès durant tant d'années, opéré un changement radical de politique. Le vivier formé par le centre de formation du club est de plus en plus délaissé au profit d'un recrutement onéreux de stars comme Zimako, Lacombe, Platini, Rep, Battiston. Saint-Étienne amorce alors son lent déclin. Après une très bonne saison 1978-1979 durant laquelle il marquera vingt et un buts et adressera douze passes décisives, Rocheteau vivra un exercice 1979-1980 plus difficile. Malgré un bon départ (meilleur buteur du club après quinze journées) il se blesse gravement en Championnat de France contre Angers. Éloigné de longues semaines des terrains, son absence coïncide avec une période euphorique de l'ASSE (élimination du PSV Eindhoven en Coupe de l'UEFA après un match retour historique) et à contrario son retour avec un passage à vide des Verts dans la saison. Saint-Étienne se fait alors éliminer de la Coupe de l'UEFA par Mönchengladbach puis de la Coupe de France par l'équipe de Montpellier alors en seconde division. Lors de ses deux confrontations, Dominique Rocheteau manquera des buts qui auraient peut-être changé la tournure des événements et certains au club ne manquent pas de lui en faire la remarque. Bien qu'il garde la confiance de Robert Herbin, Rocheteau sent une réserve à son égard au sein de la direction du club et préfère partir au Paris Saint-Germain qui lui propose de plus de quitter son aile droite pour un poste d'avant-centre. Lui qui se sentait bloqué dans son rôle d'ailier voit là l'occasion de donner un tournant à sa carrière.
Il est resté recordman pendant vingt ans (1988-2008) du nombre de buts marqués dans l'histoire du Paris Saint-Germain (cent buts), avant d'être dépassé par Pedro Pauleta.


Le Paris Saint-Germain, un nouveau départ

En 1980, Rocheteau quitte l'AS Saint-Étienne et son poste d'ailier droit pour rejoindre le jeune club du Paris Saint-Germain, où il retrouve la position fétiche de sa prime jeunesse, celle d'avant-centre, qu'il avait dû céder à Hervé Revelli, puis à Johnny Rep, chez les Verts. Mais son style reste très atypique. Très mobile, peu enclin à jouer dos au but ou en pivot, Rocheteau préfère user de son arme la plus efficace, le dribble, pour semer la panique dans les défenses adverses. Bon passeur, il ne se montre cependant pas trop individualiste (parfois même pas assez).
Le PSG a beau être ambitieux, il obtient des résultats irréguliers. Rocheteau lui-même accusera plusieurs baisses de forme dues à de fréquentes blessures (il n'est guère épargné par les défenseurs) et à une certaine fragilité psychologique. Avec son nouveau club, il remporte néanmoins plusieurs titres. Il gagne la Coupe de France en 1982 après une finale épique disputée face à Saint-Étienne, alors emmené par Michel Platini, qui joue là son dernier match pour un club français. Le PSG l'emporte 6 à 5 aux tirs aux buts après un match nul 2 buts partout, Rocheteau inscrivant un but pour Paris, Platini deux buts pour les Verts. En 1983, Paris conserve son titre en l'emportant face au nouveau champion de France, Nantes (victoire 3 à 2).
Dominique Rocheteau acquiert également un dernier titre de champion de France en 1986 (le premier pour le club parisien), après une première partie de saison hallucinante (plus de vingt matchs d'affilés sans défaite), sous la direction de Gérard Houiller. Cette année-là, il sera même vice roi des buteurs du championnat, avec dix-neuf buts, derrière le goleador de Metz, Jules Bocandé, qui deviendra deux mois plus tard son coéquipier. Avec Paris, Rocheteau atteint également la finale de la Coupe de France en 1985 (défaite 1 à 0 face à Monaco), et dispute un quart de finale de Coupe d'Europe.


L'ange plane aussi en bleu

Rocheteau est certainement le joueur français qui a été sélectionné le plus rapidement en Équipe de France. Après une démonstration en match de préparation à la saison 1975-1976 contre Leeds (il entre en seconde mi-temps et renverse à lui tout seul la situation en marquant deux buts), le sélectionneur des bleus Stefan Kovacs présent ce jour-là au stade Geoffroy-Guichard lui lance comme une boutade : « on se voit en sélection, hein petit ? ». Mais quelques jours plus tard, associé à Emon et Molitor en attaque et servi par son coéquipier Larqué, il joue son premier match amical en bleu face au Real de Madrid et y inscrit encore deux buts. Malgré l'apport du jeune prodige, l'Équipe de France, déjà mal engagée dans les qualification de l'euro 1976 se fait finalement éliminer par la Belgique et la RDA. La donne change avec l'arrivée de Michel Hidalgo. Les Bleus vont connaître un vrai renouveau grâce à l'arrivée de cet entraîneur atypique, Michel Hidalgo et à celle d'une exceptionnelle génération de joueurs, emmenée par Michel Platini. L'attaquant stéphanois participe ainsi activement à la Coupe du Monde 1978 disputée en Argentine, après avoir inscrit le premier but du France-Bulgarie (3-1) décisif pour la qualification. Cette compétition est l'occasion pour Rocheteau d'afficher une véritable conscience politique, chose plutôt rare dans le milieu du football, en exprimant ouvertement ses réticences quant au fait de disputer une compétition sportive dans un pays alors sous le joug d'une dictature militaire.
Parallèlement, au sein d'une Équipe de France arrivée à maturité, il dispute deux nouvelles Coupe du Monde. En 1982, évincé des titulaires après un très mauvais match initial face à l'Angleterre (défaite 3 à 1), il remplace Bernard Lacombe, blessé, face à l'Autriche, lors du premier match du second tour, pour lequel les bleus se sont qualifiés in extremis, grâce à un sauvetage sur sa ligne à la dernière minute de manuel Amoros face à la Tchécoslovaquie. A peine entré en jeu, Rocheteau obtient le coup franc victorieux tiré par Genghini, la doublure de Platini. Il ne lâchera plus le poste. Il prendra donc part, en demi-finale, au terrible France-Allemagne de Séville, quelques jours après un magnifique doublé marqué contre l'Irlande du Nord. Son tir au but réussi, après la prolongation, n'empêchera pas les Allemands de l'emporter, après que Maxime Bossis et Didier Six auront échoué sur le gardien Harald Shumacher.
En 1986, au Mexique, il dispute peut-être son plus beau mondial. Bien que légèrement blessé avant le match du Canada et laissé au repos lors du second contre l'URSS pour se soigner, il entre à nouveau en jeu lors du troisième match contre la Hongrie. Il marque un but et fait une passe décisive. Qualifiée pour les huitièmes, la France domine ensuite copieusement le champion du monde italien, l'emportant 2 à 0 sur un rythme effréné, Rocheteau réussissant deux nouvelles passes décisives pour Platini et Stopyra. Il en réussira une dernière pour Platini, portant son total à quatre, ce qui fait de lui l'un des meilleurs passeurs de la compétition, lors de la rencontre d'anthologie qui oppose en quarts de finales les artistes français au Brésil de Zico, Socrates et Careca, qui comptent parmi les meilleurs techniciens de la planète. Cette rencontre exceptionnelle (qualifiée de plus beau match de l'histoire du football par Pelé lui-même) s'achèvera aux pénaltys par une victoire française, après des retournements de situation incroyables.
Blessé durant cette rencontre et remplacé par Bruno Bellone, il ne pourra malheureusement pas participer à la demi-finale face à l'Allemagne. Il verra ses coéquipiers, épuisés par le quart de finale d'anthologie disputé face au Brésil, perdre 2 buts à 0. Rocheteau ne prendra pas part au match pour la troisième place (remporté par la France 4 à 2 face à la surprenante Belgique), et mettra, à l'issue de la compétition, un terme à sa carrière internationale.
Entre les deux, il remporte l'Euro 1984 disputé en France. Cette compétition lui laissera un arrière-goût amer, puisqu'il ne prendra part qu'à deux rencontres, Michel Hidalgo lui préférant Bernard Lacombe et hésitant à associer les deux hommes à la pointe de l'attaque. remplaçant lors du premier match face au Danemark (1 à 0), il entre en cours de jeu face à la Belgique (5 à 0). Mais lors du match suivant, face à la Yougoslavie, Dominique Rocheteau, positionné en pivot dans un rôle qu'il déteste, peine et finit par être remplacé par Thierry Tusseau. Il ne reviendra plus sur le terrain de la compétition et verra ses coéquipiers l'emporter en demi face au Portugal (3 à 2) puis en finale face à l'Espagne (2 à 0).
Un an plus tard, en revanche, ses prestations avec Paris lui assurent une place de titulaire lors de la finale de la coupe intercontinentale disputée en 1985 contre l'Uruguay d'Enzo Francescoli. Il marque l'un des deux buts de la brillante victoire française, l'autre étant inscrit par José Touré, avec lequel il forme un duo d'attaque prometteur, qui sera brisé quelques mois plus tard, le jeune attaquant nantais ayant été grièvement blessé lors du quart de finale de Coupe de l'UEFA face à l'Inter de Milan.
Il a été deuxième meilleur passeur derrière Diego Maradona de la Coupe du Monde 1986 avec quatre passes décisives.


Sa fin de carrière à Toulouse

Après une dernière saison délicate avec le PSG, dont il devient néanmoins le meilleur buteur de l'histoire avec cent réalisations (il ne sera dépassé que par Pauleta bien des années plus tard), Rocheteau, désireux de s'éloigner de la pression médiatique de la capitale, rejoint en 1987 les rangs du Toulouse Football Club. Il y retrouve son ancien coéquipier stéphanois Jacques Santini, devenu entraîneur, et Yannick Stopyra, avec lequel il avait formé un duo redoutable lors de la Coupe du Monde 1986. Il y effectuera deux saisons mitigées, et deux dernières participations à la Coupe d'Europe.
Usé par dix-sept ans de professionnalisme, au cours desquels il aura été souvent la cible préférée de rugueux défenseurs, il raccroche définitivement les crampons après une ultime rencontre contre le Racing Club de Paris, au sein duquel son ancien coéquipier de l'Équipe de France, Maxime Bossis, semble jouer lui, coïncidence, aussi son dernier match de professionnel (en fait, Bossis sortira de sa retraite deux ans plus tard pour jouer une saison avec son club formateur de Nantes). Rocheteau termine sa carrière avec seulement trois cartons jaunes à son palmarès : un avec Saint-Étienne en Coupe d'Europe contre le CSKA Sofia et deux avec l'Équipe de France (contre la Hollande lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 1982 et le dernier contre la Hongrie en Coupe du Monde 1986).


Sa reconversion

Pendant quelques numéros, Dominique Rocheteau, alors qu'il joue encore, livrera des chroniques au mensuel de football Onze. Papiers au contenu plutôt personnel, où il parlera de ses passions, évoquant notamment ses liens avec la musique...
Reconverti un temps dans la fonction d'agent de joueur, il arrêtera suite à des problèmes avec David Ginola. Il devient ensuite Président de la Commission d'éthique de la FFF.
Dominique Rocheteau s'est également un temps laissé tenter par le cinéma. On a pu ainsi le voir tenir un rôle important dans le film Le Garçu de Maurice Pialat, où il partageait notamment l'affiche avec Gérard Depardieu. Il apparaît également dans le film Casablanca Driver où il joue son propre rôle. Il a aussi fait publier son ouvrage « On m'appelait l'ange vert… », aux éditions Le cherche midi, en avril 2005.
Amoureux du Vietnam, Rocheteau crée une académie de football au sud d'Hô-Chi-Minh-Ville pour les jeunes du pays et en devient le conseiller technique bénévole.
Dominique Rocheteau a créé le centre de stages de football Footatlantic, où il y encadre des jeunes de huit à seize ans à Pâques et l'été. Il leur inculque la pratique du football et ses valeurs essentielles, pour les faire progresser sur le terrain mais aussi en dehors. On peut le rencontrer tous les mercredis matin sur la plage de Vallières (St Georges de Didonne) durant les vacances d'été.
Le 29 juin 2010 il est nommé vice-président du conseil de surveillance de l'AS Saint-Étienne et quitte son poste de Président de la Commission d'éthique de la FFF. Il déclare : « c'est une question d'équité puisque cette commission a un pouvoir disciplinaire [...] Je vais m'attacher à ce que l'ASSE redevienne le meilleur club formateur du championnat de France. La politique de formation doit être très compétitive. On l'a vu avec l'Espagne lors de la Coupe du Monde : ce sont des joueurs qui jouent ensemble depuis les équipes de jeunes ».
Il occupe ensuite tour à tour les postes de conseiller du président, coordinateur sportif et enfin directeur sportif à partir de 2017. Une fonction qu’il quitte en mai 2019, à l'âge de 65 ans, pour prendre une retraite bien méritée.


Sa carrière de joueur

1966-1970

Joueur à Étaules

1970-1971

Joueur à La Rochelle

1971-1980

Joueur à AS Saint-Étienne
1974 : champion de France
1975 : champion de France, élu révélation de l'année par France Football
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions, récompensé du Onze de bronze
1977 : vainqueur de la Coupe de France
1982 : vainqueur de la Coupe de France
1983 : vainqueur de la Coupe de France
1985 : fait Chevalier de l'ordre national du Mérite
1986 : champion de France, deuxième meilleur buteur du championnat de France 1986 avec dix-neuf buts

1975-1986

Joueur en Équipe de France (49 sélections et 15 buts)
1975 : finaliste des Jeux méditerranéens (Équipe de France amateure)
1982 : demi-finaliste de la Coupe du Monde 1982
1984 : vainqueur de l'Euro 1984
1985 : vainqueur de la Coupe intercontinentale des nations (1 but en finale)
1986 : demi-finaliste de la Coupe du Monde

1980-1987

Joueur à Paris Saint-Germain

1984

Joueur dans l'équipe FIFA (1 sélection et 1 but, face au Cosmos de New York en compagnie de Beckenbauer, Keegan, Kempes, Magath... pour la lutte contre le cancer)

1986

Joueur dans l'équipe FIFA (1 sélection, face aux Amériques, pour l'UNICEF)

1987-1989

Joueur à Toulouse FC


Jean-Marc Shaer

Sa présentation

Jean-Marc Shaer est né le 1er janvier 1953 à Dunières en Haut-Loire.

Cet avant-centre formé à Saint-Étienne participe en partie à l'épopée des Verts lors de la Coupe d'Europe des Clubs Champions 1976. Mais il se révèle à Auxerre où il dirige l'attaque bourguignonne avec Serge Mesonès et monte en Division 1 en 1980. Il joue ensuite à Nice, Valenciennes et Sète. Il termine sa carrière à Moulins, club de Division 4, en 1986.
Après sa carrière de footballeur, il exerce le métier de photographe pour le quotidien régional « La Montagne » à l'agence locale de Moulins. Il est surnommé par les Moulinois « Alain Prost » pour sa ressemblance avec l'ancien pilote automobile.
Jean-Marc Shaer a disputé 89 matchs en Division 1 et a marqué quinze buts. S'ajoutent 193 matchs en Division 2 et 65 buts marqués.


Sa carrière de joueur

Avant 1971

Joueur à Dunières

1971-1977

Joueur à AS Saint-Étienne
1976 : champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions

1976

Joueur en Équipe de France olympique (4 sélections et 2 buts)
1976 : quart de finaliste aux Jeux Olympiques

1977-1981

Joueur à AJ Auxerre
1979 : finaliste de la Coupe de France
1980 : champion de France de Division 2

1981-1982

Joueur à OGC Nice

1982-1984

Joueur à US Valenciennes-Anzin

1984-1985

Joueur à FC Sète

1985-1986

Joueur à AS Moulins


Que sont-ils devenus quarante après ?

Les héros malheureux de la finale de Glasgow, disputée le 12 mai 1976 contre le Bayern de Munich, n'ont pas tous connu la même destinée. Après avoir fait vibrer la France et descendu les Champs-Élysées, certains sont restés dans le milieu du football, d'autres ont tourné la page.

Les Verts de la belle époque réunis quarante ans après :



Robert Herbin (76 ans) : le retraité heureux

L'entraîneur mythique, dit le Sphinx, est installé dans la périphérie stéphanoise. Celui qui n'aimait pas s'exprimer ou qui le faisait contraint et forcé avec parcimonie, tient une chronique, « Le billet de Robby », chaque mardi dans le journal Le Progrès. Il y analyse tous les matchs des Verts auxquels il assiste. Une retraite heureuse.

Ivan Curkovic (71 ans) : le « milliardaire »

La plus belle reconversion. Joueur, il avait acheté des terrains marécageux en Floride qui sont, par la suite, devenus constructibles. Une plus-value monumentale à la revente. Le yougoslave est devenu immensément riche.
Il a travaillait à Roanne pour le compte d'une entreprise de travaux publics et a assumé également la présidence du Partizan de Belgrade de 1989 à 2006. Membre de la commission technique de la FIFA et du comité olympique serbe (jusqu'en 2009), il porte aussi la casquette de consul honoraire des îles Seychelles en Serbie. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 2005.
Début 2016, son nom est cité comme candidat possible à la présidence de l'UEFA pour succèder à Michel Platini.

Esad Dugalic : la fidèle doublure disparue

Né dans la même ville que son ami Ivan Curkovic, il l’a rejoint à l’ASSE. Il sera sa doublure de 1974 à 1979 et ne jouera que deux matchs chez les Verts. Il est décédé en juin 2011 en Bosnie-Herzégovine, à l’âge de 64 ans.

Gérard Farison (71 ans) : le stéphanois pure souche

L'un des moins médiatiques de la bande. Stéphanois de naissance, il a accompli toute sa carrière dans le club de sa ville jusqu’en 1980. Il s'est par la suite installé à Fréjus, y occupant le poste d'entraîneur-joueur. Il devient ensuite éducateur sportif pour le compte de la mairie. Il vit depuis 2002 une retraite paisible à Saint-Raphaël.

Gérard Janvion (62 ans) : la résurrection aux Antilles

Ou la grande désillusion. Pendant de très nombreuses années, l'antillais a erré, au sens propre comme au sens figuré, dans les rues de Saint-Étienne. Démuni, pratiquement abandonné de tous, Gérard Janvion a fini par rebondir sur son île après une courte escapade en tant qu'entraîneur à La Réunion. Intégrant le staff technique de la Ligue de la Martinique, il est sélectionneur adjoint et également responsable des espoirs.

Christian Lopez (62 ans) : l'homme à la Porsche

Après avoir mis un terme à sa carrière de joueur à Montélimar, le roi des tacles à l'anglaise a connu une passe difficile. Agent commercial, vendeur de photocopieuses puis de placements financiers, le défenseur a même du vendre ses maillots pour vivre.
Celui qui, à l'époque ne roulait qu'en Porsche, est revenu habiter Le Cannet. Il travaille pour l'AS Cannes puis le Cannet-Rocheville où il occupe différents postes au fil du temps, allant d'entraîneur à directeur du club. Il est employé au service des sports de la mairie du Cannet. Il a également fait quelques années comme consultant pour Eurosport.

Alain Merchadier (64 ans) : le spécialiste du recrutement

Deux ans après sa carrière de footballeur, il a été entraîneur au niveau amateur pendant sept ans. Il a aussi occupé quelques fonctions dans le monde professionnel, notamment comme directeur sportif à Toulouse pendant dix ans, puis recruteur pour Lille et Nantes. Avec Michel Farenc, il crée sa société de recrutement de footballeurs, le Panathénées Sport Management. Il œuvre aujourd’hui auprès de la Ligue de football Midi-Pyrénées.

Oswaldo Piazza (68 ans) : un Hercule au repos

Une trajectoire chaotique. Quelques incursions dans le milieu du foot en tant qu'entraîneur en Argentine puis au Pérou, le défenseur des Verts, devenu chauve, a été détaché par l'ASSE en Argentine avec pour mission de recruter les jeunes talents locaux, mission sans grand succès. Il y a quelques années, celui que ses partenaires appelaient Hercule a proposé un plan de restructuration au président stéphanois qui a été refusé. Il réside aujourd’hui en Argentine, mais revient régulièrement à Saint-Étienne.

Pierre Repellini (65 ans) : l'homme des dossiers

Devenu entraîneur, principalement au Red Star et à l’ASSE, il a décidé de ranger ses crampons pour occuper les postes de vice-président délégué et directeur général du syndicat des entraîneurs et des éducateurs, l'UNECATEF (Union Nationale des Entraîneurs et Cadres Techniques du Football). L'homme est également délégué de l'Équipe de France auprès de la FFF. Des terrains aux dossiers avec le ballon comme seul horizon. Il est également consultant pour la télévision.

Christian Sarramagna (64 ans) : l'africain

Le gaucher fou. Un talent unique mais trop inconstant pour devenir une icône de l'ère stéphanoise. Il a entraîné de nombreux clubs dans de petites divisions en France avant de tenter sa chance, par deux fois, au Mali en tant que sélectionneur national. Depuis 2016, il est directeur sportif au SO Cholet (National 1) mais ne désespère pas de repartir un jour sur le continent noir.

Dominique Bathenay (61 ans) : au pays de l'or noir

« Babate » a terminé sa carrière de joueur au PSG en 1985 après avoir remporté cinq coupes de France et trois titres de champion de France. Ensuite, la plus grosse frappe du championnat a effectué un long tour de France en tant qu'entraîneur à Sète, Reims, Choisy-le-Roi, Saint-Étienne, Sedan et Nîmes avant de partir au Maghreb puis aux Seychelles. Sa dernière expérience, sélectionneur des Émirats arabes unis, s'est achevée en 2009. Il est en attente d’un nouveau défi.

Jean-Michel Larqué (68 ans) : le journaliste

Il a entraîné quelques mois le PSG avant de vite comprendre que ce métier n'était pas fait pour lui. Le capitaine des Verts a trouvé alors sa voie dans la presse. Longtemps rédacteur en chef de « Onze Mondial », ancien commentateur sportif sur TF1, Larqué a assuré aussi de nombreuses chroniques et une émission dominicale sur RMC de 2002 à 2018. Il s'occupait également de l'entraînement personnel du rugbyman Dimitri Yachvili et s'occupe toujours de stages de foot pour les jeunes à Biarritz.

Jacques Santini (64 ans) : « la grande muette »

Celui qui ne souhaitait jamais s'exprimer et qui déteste plus que tout les médias. Il a été entraîneur de Lisieux, Toulouse, Lille et Sochaux avant de s'imposer à Lyon, club avec lequel il a remporté la Coupe de la Ligue en 2000 et le titre de champion l'année suivante. Devenu sélectionneur national, sans grande réussite puisque les Bleus seront éliminés en quart de finale de l'Euro 2004, puis patron technique de Tottenham où il n'a jamais pu s'adapter, le « grand Jacquot » est revenu en France en 2005, à Auxerre, mais a quitté son poste un an plus tard en désaccord avec la direction. Depuis, il est au chômage.

Christian Synaeghel (65 ans) : le bijoutier

Il est l'un des rares de la bande à avoir complètement tourné le dos au foot. Depuis ses exploits sur les terrains, on n'a plus jamais entendu parler de lui. L'homme qui savait si bien tomber dans les surfaces de réparation a rejoint le réseau de bijouteries appartenant à sa belle famille et devient responsable de magasin puis gérant des stocks à Veauche, non loin de Saint-Étienne. Depuis le début des années 2010, il profite de sa retraite à Saint-Hilaire-Cusson-la-Valmitte, à trois quarts d'heure de Saint-Étienne.

Hervé Revelli (69 ans) : à la recherche du temps perdu

Le double meilleur buteur du championnat, sept fois champion de France et cinq fois vainqueur de la Coupe de France n'a jamais oublié le foot. Il a entraîné douze clubs, en France, en Tunisie et en Algérie, et a été sélectionneur de l'Île Maurice et du Bénin. Il aide maintenant des demandeurs d'emploi à trouver du travail.

Patrick Revelli (64 ans) : le commercial à la cravate

Après sa carrière de joueur, « le Gaulois », surnom hérité de son imposante moustache, a été entraîneur au niveau amateur durant quelques années, il a eu notamment en charge l'équipe réserve de l'ASSE. Il est ensuite parti deux ans au Qatar assurer son avenir financier où il a été responsable de l'équipe nationale des moins de dix-huit ans. De retour en France, il a entraîné l'US Feurs.
Revelli a été responsable commercial pour l'ASSE avant d'être licencié en 2008 par Roland Romeyer à qui il en veut toujours. Il a également conseillé Maurice Vincent durant son mandat de maire de Saint-Étienne (2008-2014). Il est actuellement éducateur au club de L'Étrat-La Tour.

Dominique Rocheteau (60 ans) : le moralisateur

« L'ange vert », l'idole de toute une génération, s'est essayé au métier d'acteur mais l'homme était trop introverti pour pouvoir s'exprimer pleinement dans ce nouveau jeu de rôle. Un temps Président de la Commission d'éthique de la FFF, une institution qui « réprimande » les mauvais gestes sur les terrains et les propos déplacés dans la presse, il rejoint l'ASSE. Il devient notamment conseiller du président puis coordinateur sportif.

Jean-Marc Shaer (63 ans) : le photographe

Remplaçant lors de l’épopée, il fut l’un des premiers à s'en aller. Passé par Auxerre, Nice, Valenciennes, Sète ou encore Moulins, il est en parallèle devenu photographe professionnel. Une carrière qu’il a bouclée au quotidien régional « La Montagne » à l'agence locale de Moulins.


Le championnat

Les résultats

1ère journée
ASSE2 - 1Reims


2e journée
Metz1 - 1ASSE


3e journée
ASSE2 - 0Lens


4e journée
ASSE5 - 2Bordeaux


5e journée
Marseille4 - 2ASSE


Le match Marseille - ASSE décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Les OM-ASSE sont toujours des revues à grand spectacle. Il s'y passe toujours quelque chose. Le public le sait, il est venu nombreux au stade vélodrome. Les deux équipes observent d'abord un round d'observation, mais cela ne dure pas car l'ASSE se met tout à coup à jouer bien, très bien. C'est ainsi qu'à la dizième minute, une contre-attaque menée par Farison permet à Patrick Revelli de mettre Rocheteau sur orbite. Le tir du jeune international est violent, précis. Charnier est battu. L'OM passe alors de mauvais moments et à la 29e minute, un nouveau centre fulgurant de Piazza et Repellini trouve l'inévitable Rocheteau qui, parti à la limite du hors-jeu, dribble Charrier et marque. 2-0. On ne croit plus à un éventuel retour de l'OM, tant le champion de France est souverain. Et pourtant, le football réserve bien des surprises. En dix minutes en effet, profitant d'un relâchement incompréhensible des Verts, les Marseillais égalisent puis prennent l'avantage. Un coup de tête de Buigues sur corner tout d'abord, puis un tir de près de Zwunka après une infiltration de Boubacar et une série de "ratés" des défenseurs stéphanois, enfin à la 42e minute, un centre de Bereta qui trouve Emon tout à fait démarqué. Incroyable mais vrai... En seconde mi-temps, l'ASSE accélère le rythme mais reçoit à la cinquième minute un nouveau coup de poignard sous la forme d'un tir aérien d'Emon qui lobe complètement Curkovic. Les Stéphanois se jettent alors dans la bataille mais en débit d'occasions propices, ils ne parviennent pas à refaire leur retard devant un OM qui se défend pied à pied ».


6e journée
ASSE1 - 1PSG


7e journée
Lille0 - 0ASSE


8e journée
ASSE1 - 1Nice


Le match ASSE - Nice décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Les Verts tentent d'entrée de placer le match sous leur botte. Pendant la première demi-heure, ils vont effectivement dominer les Niçois, se créer des occasions mais en face Baratelli réalisera quelques arrêts stupéfiants sur des tirs de Patrick Revelli et Santini. Et plus le match avance, plus on sent que les méridionaux prennent assurance et confiance.
C'est par un coup de théâtre que débute la seconde mi-temps. Sur un coup-franc tiré par Huck, Massa marque sans opposition. Les Stéphanois se reprennent mais leurs réactions sont plus physiques que techniques. Ils lancent néanmoins assaut sur assaut et c'est l'un d'eux que Rocheteau égalise de la tête après un centre de Patrick Revelli. La fin de match est extrêmement dure, tendu. Musemic à la 87e se procure la plus belle occasion. Mais Janvion repousse le ballon sur sa ligne de but ».


9e journée
Nîmes2 - 0ASSE


10e journée
ASSE2 - 2Nantes


Le match ASSE - Nantes décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« La pluie, la grève et un très prochain match de Coupe d'Europe ont incontestablement nuit au succès populaire. Les absents ont tort car les premiers échanges sont animés, techniques. Il en sera ainsi tout au long de cette première mi-temps.
On s'achemine vers un score nul à la pause lorsque sur un centre "travaillé" de Gadocha, Lopez adresse un superbe tir dans son propre but.
L'ASSE se rue littéralement à l'assaut du but de Bertrand Demanes dès la reprise, mais il faut attendre la 77e minute pour qu'elle obtienne le fruit de son travail. Rocheteau déborde, centre magnifiquement, lobe Bertrand Demanes et Patrick Revelli d'une belle détente, propulse la balle dans le but. Une égalisation superbe. Dix minutes plus tard, l'ASSE prend l'avantage par le même Revelli qui transforme un pénalty après une faute sur Synaeghel. L'ASSE paraît devoir s'imposer. Pourtant, à la toute dernière minute, un centre de Bossis est repris de la tête comme à la parade par Bargas, étonnamment libre de ses mouvements ».


11e journée
Lyon0 - 0ASSE


Le match Lyon - ASSE décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Un derby n'est pas un match comme les autres. Mais de là à penser qu'il dégénère en bataille de rue par la faute des Lyonnais incapable de maîtriser leurs nerfs et de canaliser leur passion, on était loin de l'imaginer. C'est pourtant ce qui se passa sous l’œil de M. Wurtz, fatigué et malade et rapidement dépassé par les événements. Le match débute pourtant bien, sur un rythme rapide et des actions intelligentes et spectaculaires de part et d'autre. Puis à la dix-septième minute, Janvion attaque Mariot par derrière. L'ailier lyonnais est "vengé" huitième minute plus tard par Maneiro qui agresse sévèrement l'Antillais à terre. Le geste est méchant, mérite l'expulsion. M. Wurtz accorde un coup-franc. Trente-troisième minute : Mihajlovic tacle sévèrement Patrick Revelli qui s'écroule : entorse du genou. M. Wurtz n'intervient pas. Le repos est sifflé sur le score de 0-0. De match, il n'y en a pas eu, si ce n'est que l'ASSE a affiché beaucoup plus de maîtrise technique que son adversaire. L'ASSE reprend le match à dix, Janvion et Patrick Revelli étant blessés. Cela ne l'empêche pas de se comporter en champion et de donner dès les premiers échanges une véritable leçon de football à un adversaire qui évolue de façon dispersé et sans imagination. Le match est en tout cas toujours très tendu et viril, mais l'ASSE fait remarquablement circuler le ballon et évite les affrontements singuliers.
Synaeghel, Bathenay et Larqué, le "milieu" stéphanois, se comporte de remarquable façon et les attaquants, notamment Rocheteau, sont dangereux chaque fois qu'ils entrent en possession du ballon. Hormis quelques percées et tir de Mariot et Jodar, les Lyonnais paraissent petits garçons devant les adultes stéphanois. En fin de partie, Rocheteau admirable, offre la balle de match à Schaer qui tire à côté... L'ASSE a gagné une nouvelle bataille, mais on oubliera bien vite ce derby ».


12e journée
ASSE2 - 0Valenciennes


13e journée
Troyes0 - 1ASSE


14e journée
ASSE2 - 1Strasbourg


15e journée
Nancy0 - 0ASSE


16e journée
ASSE2 - 0Sochaux


17e journée
Monaco0 - 3ASSE


Le match Monaco - ASSE décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Il a plu abondamment sur la Côte et la pelouse du stade Louis II est à la limite de la praticabilité lorsque les deux équipes font leur apparition. Les Monégasques prennent le meilleur départ et placent quelques accélérations dangereuses par Lechantre dont le duel avec Janvion est sans aménité. Pastoriza concrétise cet avantage territorial par un tir sur la transversale. Petit alerte également deux fois le gardien stéphanois, tandis que Onnis est "muselé" par Piazza. Peu à peu, pourtant, fidèle à son habitude, l'ASSE sous l'impulsion d'un excellent Larqué et d'un diabolique Rocheteau, impose sa meilleure technique collective sur ce terrain détrempé. Rocheteau est à deux doigts de surprendre Chauveau à la 25e minute. C'est un avertissement car quelques minutes plus tard, Bathenay s'engage du milieu de terrain entre Pastoriza et Petit, dribble Peruchini et en déséquilibre décroche un tir tendu et croisé qui fait mouche.
Après la pause, Monaco tente évidemment de refaire son retard mais l'ASSE joue un match remarquable à tous les niveaux. Son football complet ne permet aucune brèche de Monaco et tous les efforts de Petit ou de Lechantre sont régulièrement annihilés. On sent que les Stéphanois ont la possibilité de faire beaucoup mieux quant au score, tant leur ascendant est net. De fait, ils mettent fin aux illusions monégasques à la 75e minute. Synaeghel subtilise la balle à Petit, s'engage résolument, dribble Chauveau et avec un sang-froid remarquable, marque malgré un angle réduit. Il récidive neuf minutes plus tard sur une passe en retrait de Rocheteau et après que Chauveau eut repoussé un tir terrible de Farison. C'est le but d'un "bonus" précieux dans la course au titre. Le bonheur des Verts est complet. Hélas ! A la fin du match, il est contrarié par un geste d'énervement de Janvion sur Rouquette. Il s'ensuit une mêlée confuse regrettable et le carton rouge pour Janvion. Dommage !... »


18e journée
ASSE4 - 2Bastia


19e journée
Avignon1 - 3ASSE


20e journée
ASSE1 - 0Metz


Le match ASSE - Metz décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Le match est important, capital même entre deux équipes très proches d'une de l'autre au classement. Il se dispute hélas sur un terrain enneigé, glissant et l'on a un peu peur qu'il soit gâché ou faussé par les conditions atmosphériques. Quoi qu'il on soit, l'ASSE fidèle à sa manière entre dans le match comme Guy Drut dans un 110m haies. Sa domination est rapidement totale mais les Messins se défendent avec beaucoup de sang-froid, de lucidité, d'autorité, après une période difficile pour "équilibrer" leur grande carcasse sur le sol mouvant.
A la trentième minute, Curkovic connaît sa première véritable alerte sur un tir de Coustillet qui heurte la transversale. C'est dire combien la domination des Verts a été manifeste jusqu'alors et Rey a du intervenir de multiples fois sur des tirs très appuyés notamment de Schaer (poteau), Santini et Bathenay.
Après la pause, même scénario : domination massive des Stéphanois, réplique plus affirmée des Messins qui ont pris confiance. Battiston tire même sur le montant de Curkovic à la 55e minute et Braun a une occasion favorable qu'il rate lamentablement. Dans le camp d'en face pourtant, Rey multiplie les interventions et les exploits devant Larqué, Rocheteau, etc... On s'achemine donc vers un match nul qui eut comblé les Messins lorsque Piazza jaillit sur un corner de Santini et donne la victoire à son équipe. Il était temps mais l'ASSE ou Larqué, Janvion et Rocheteau ont joué un match admirable mérite son succès ».


21e journée
Lens1 - 1ASSE


22e journée
Bordeaux1 - 1ASSE


23e journée
ASSE1 - 0Marseille


Félin
24e journée
PSG2 - 1ASSE


25e journée
ASSE3 - 1Lille


26e journée
Nice1 - 1ASSE


27e journée
ASSE5 - 2Nîmes


28e journée
Nantes3 - 0ASSE


29e journée
ASSE1 - 1Lyon


30e journée
Valenciennes1 - 1ASSE


31e journée
ASSE3 - 0Troyes


32e journée
Strasbourg0 - 2ASSE


33e journée
ASSE3 - 0Nancy


34e journée
Sochaux1 - 1ASSE


35e journée
ASSE2 - 2Monaco


36e journée
Bastia2 - 2ASSE


37e journée
ASSE4 - 0Avignon


38e journée
Reims3 - 2ASSE


Le classement final



L'ASSE est championne de France de première division pour la neuvième fois
ÉquipesPtsVNDBPBCDiff.
1ASSE5718155683929
2Nice5417138674027
3Sochaux521614859509
4Nantes5015149674423
5Reims4717813684919
6Metz4718416726210
7Nancy4514101467598
8Bastia4514131159536
9Marseille422011760600
10Bordeaux401591459590
11Nîmes40149155053-3
12Valenciennes401310154454-10
13Lille40148165973-14
14PSG3913111463603
15Lens381016125866-8
16Lyon37137185561-6
17Troyes37916134854-6
18Monaco35129175373-20
19Strasbourg32911183956-17
20Avignon2076253080-50


La Coupe d'Europe des Clubs Champions

La Coupe d'Europe des Clubs Champions 1975-1976 est rentrée dans l'histoire de l'ASSE. La mythique finale qui a bouleversé tout un pays s'est déroulée le 12 mai 1976 à Hampden Park (Glasgow).

Dès cette édition, la finale n'est plus rejouée en cas d'égalité à l'issue de la prolongation (cas qui s'était produit en 1974). Les deux équipes sont départagés par une séance de tirs aux buts.


Les seizièmes de finale

Seizième de finale
Borussia MönchengladbachAller :
1 - 1
Retour :
6 - 1
Wacker


Seizième de finale
CSKA SofiaAller :
2 - 1
Retour :
0 - 2
Juventus


Seizième de finale
Slovan BratislavaAller :
1 - 0
Retour :
0 - 3
Derby County


Seizième de finale
Real MadridAller :
4 - 1
Retour :
0 - 1
Dynamo Bucarest


Seizième de finale
BenficaAller :
7 - 0
Retour :
0 - 1
Fenerbahçe


Seizième de finale
Újpesti DózsaAller :
4 - 0
Retour :
1 - 5

(2-1 TAB)
Zurich


Seizième de finale
Malmö FFAller :
2 - 1
Retour :
1 - 2

(2-1 TAB)
Magdeburg


Seizième de finale
Jeunesse EschAller :
0 - 5
Retour :
1 - 3
Bayern Munich


Seizième de finale
OlympiakosAller :
2 - 2
Retour :
0 - 1
Dynamo Kiev


Seizième de finale
OmoniaAller :
2 - 1
Retour :
0 - 4
ÍA Akranes


Seizième de finale
Glasgow RangersAller :
4 - 1
Retour :
1 - 1
Bohémiens


Seizième de finale
FlorianaAller :
0 - 5
Retour :
0 - 3
Hajduk Split


Seizième de finale
MolenbeekAller :
3 - 2
Retour :
1 - 0
Viking


Seizième de finale
Ruch ChorzówAller :
5 - 0
Retour :
2 - 2
KuPS


Seizième de finale
LinfieldAller :
1 - 2
Retour :
0 - 8
PSV Eindhoven


Seizième de finale
KB CopenhagueAller (17/09/75) :
0 - 2

7 500 spectateurs
Retour (01/10/75) :
1 - 3

17 051 spectateurs
ASSE


Le match aller contre KB Copenhague décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Tous amateurs véritables, les Danois ne se font pas beaucoup d'illusions avant même de recevoir le demi-finaliste de la Coupe d'Europe. D'autant que durant l'inter-saison, ils ont perdu leur meilleur attaquant parti s'immigrer sous le ciel de Bordeaux.
Les déclarations de l'entraîneur Mario Astori qui confie : "ils jouent pour le plaisir" ne sont d'ailleurs pas de nature à leur insuffler un esprit de conquérant. Quoi qu'il en soit, les "Verts" n'ont pas l'intention de céder à la facilité.
Abordant la rencontre avec sérieux et rigueur, ils contrôlent les opérations sans se livrer exagérément, se contentant d'utiliser leur fond technique et collectif pour mettre un frein à la fougue initiale de leur adversaire emmenés par un très bon Petersen. En fait, durant toute la première mi-temps, l'ASSE joue à sa main, éprouvant son adversaire par une meilleure circulation de balle, dans le but de lui porter ensuite l'estocade.
C'est Hervé Revelli "le doyen" stéphanois et Français de la Coupe d'Europe qui va permettre à son équipe d'obtenir ce but capital à l'extérieur. Alerté par Piazza, il part avec lui à la cinquante et unième minute à l'assaut du but danois.
Aux dix-huit mètres, il lui remet le ballon dans des conditions idéales. Le tir de l'argentin est d'une puissance telle que Ovist, le gardien danois, ne peut bloquer. Patrick Revelli est en embuscade, comme souvent. De volée, il expédie sans problème le ballon dans le but. Copenhague est éprouvé mais l'ASSE n'en profite pas immédiatement comme si elle était sûre de son fait, de sa supériorité.
Elle attend vingt bonnes minutes avant de "planter" une nouvelle accélération foudroyante et décisive. Hervé Revelli est encore dans le "coup". Il effectue pour Larqué une remise superbe qui permet au capitaine stéphanois de prendre à revers la défense danoise et de terminer son action par un lob d'une grande pureté. Un merveilleux second but dans la conception et la réalisation. C'est termine. L'ASSE a pratiquement assuré sa qualification sans puiser dans ses réserves, mais en utilisant la bonne méthode, celle si couramment employée par le Bayern : "wait and see" ».


Le match retour contre KB Copenhague décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Le match aller a rendu déjà un verdict définitif. Les dirigeants et les joueurs, sans l'avouer, pensent déjà au second tour de la compétition et le public relativement nombreux est venu assister en toute décontraction à un bon match de football, pressentant qu'il ne s'agirait pour l'ASSE que d'une simple formalité. Les premiers échanges ne le déçoivent pas. Les Danois, conscients de leur infériorité, sont venus pour limiter la "casse", et éventuellement donner une image sympathique du football danois. Ils ne ferment donc pas le jeu, ce qui favorise les desseins des stéphanois, soucieux avant tout de présenter un bon spectacle.
Prenant le match en main dès premiers échanges, ils concrétisent dès la septième minute leur avantage initial. Rocheteau est l'exécuteur après avoir profité d'un beau travail préparatoire de Larqué et d'une remise au millimètre d'Hervé Revelli, bien sûr. Si certains Danois nourrissaient quelques ambitions, ce but les leur ôta définitivement.
L'ASSE continue ensuite à contrôler les débats. Elle le fait avec le souci du travail bien fait, et, grâce à un Piazza des grands jours, donne aux fantastiques chevauchées, le piment qui agrémente toujours un spectacle. Peu après la demi-heure, malgré des efforts physiques méritoires des Danois, Patrick Revelli profite d'une percée irrésistible de Rocheteau et d'un centre impeccable de son frère pour concrétiser une supériorité technique et collective criarde.
La mi-temps est sifflée sur ce score de 2-0 traduisant justement la domination des "Verts". Trop grande supériorité nuit quelquefois, dans la mesure où elle entraîne à une certaines décontraction. Sûre d'elle, l'ASSE se démobilise un peu en début de seconde mi-temps, ce qui permet à Petersen, l'avant-centre danois, de sauver l'honneur d'un joli coup de tête. Il ne peut pas savoir à ce moment-là, qu'il sera le seul adversaire de l'ASSE à inscrire un but au stade Geoffroy Guichard cette saison en Coupe d'Europe. Ceci dit, sentant que son équipe s'endort sur ses lauriers, Piazza s'emploie à la "dynamiter" par des raids dévastateurs, et à la 85e minute , un beau centre de Patrick Revelli est repris "à la Larqué" par le capitaine stéphanois qui jette ainsi un merveilleux éclat sur la qualification de son équipe et donne au score une physionomie plus conforme à la réalité des débats ».


Les huitièmes de finale

Huitième de finale
Borussia MönchengladbachAller :
2 - 0
Retour :
2 - 2
Juventus


Huitième de finale
Derby CountyAller :
4 - 1
Retour :
1 - 5
Real Madrid


Huitième de finale
BenficaAller :
5 - 2
Retour :
1 - 3
Újpesti Dózsa


Huitième de finale
Malmö FFAller :
1 - 0
Retour :
0 - 2
Bayern Munich


Huitième de finale
Dynamo KievAller :
3 - 0
Retour :
2 - 0
ÍA Akranes


Huitième de finale
Hajduk SplitAller :
4 - 0
Retour :
3 - 2
Molenbeek


Huitième de finale
Ruch ChorzówAller :
1 - 3
Retour :
0 - 4
PSV Eindhoven


Huitième de finale
ASSEAller (22/10/75) :
2 - 0

28 394 spectateurs
Retour (05/11/75) :
2 - 1

30 000 spectateurs
Glasgow Rangers


Le match aller contre Glasgow Rangers décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Quinze minutes à peine avant le coup d'envoi, les écossais s'échauffent devant 30 000 spectateurs sans concessions pour ces gaillards athlétiques qui adressent des tirs très durs à leur gardien Mac Cloy. Un centre est venu de la droite. Colin Stein est à la réception, à six mètres de son gardien. Il reprend de volée avec une violence inouïe, comme si le match était déjà commencé. Le poignet de Mac Cloy est sur la trajectoire. Le choc apparaît très dur. Le gardien écossais s'écroule presque aussitôt en se tenant le poignet. C'est le tournant d'un match qui n'a pas encore débuté car Mac Cloy sera remplacé par Kennedy dont le talent est moins affirmé, moins sûr.
Culotte noire insolite, les "Verts" abordent en tout cas cette rencontre avec la détermination qu'on leur connaît au stade Geoffroy Guichard. Bousculés, dominés, les écossais frisent la "correctionnelle" dans le premier quart d'heure. D'abord, sur un tir de Larqué qui frappe l'extérieur des filets, puis sur un autre, remarquable de Patrick Revelli qui frôle la transversale et surtout sur une reprise de Bathenay effectuée de près au milieu d'un paquet de joueurs, mais que Kennedy, allongé par terre, détourne avec une certaine chance. Les écossais alors, durcissent le jeu. L'arbitre sévit, mais ne voit pas le coup de poing de Parlane sur Piazza. Les minutes s'égrènent, la passion monte dans le stade.
Les "Verts" s'énervent, jouent de façon trop aérienne. Et puis, tout à coup, c'est le déclic provoqué par l'inimitable Rocheteau. Décalé sur la gauche, l'angle vert effectue une série de dribbles, embarque deux adversaires, s'en débarrasse d'un merveilleux crochet intérieur et centre. Le ballon voltige jusqu'au second poteau. Patrick Revelli est là. L'angle est fermé mais Patrick Revelli parvient à la frapper en bout de course. Kennedy en déséquilibre est battu. C'est un but libérateur. On pense en effet que l'ASSE s'est ouvert la voie d'un plus large succès. D'autant qu'elle continue à attaquer généreusement, avec foi, confiance, talent. Ce second but, Piazza croit l'avoir marqué, d'une tête à bout portant, violente, rageuse, mais Kennedy, chanceux est sur la trajectoire. La plus belle occasion pourtant, c'est Rocheteau qui l'obtient à deux minutes de la mi-temps. Une habile déviation d'Hervé Revelli le place en position favorable à l'entrée de la surface. Il a le choix : tirer ou s'engager sur la gauche où l'adversaire est curieusement absent. Il opte pour la première solution et le ballon s'envole au-dessus de la transversale... La mi-temps survient donc sur cet avantage minime peu en rapport avec la physionomie des débats.
Pendant ces quarante-cinq minutes de la première mi-temps en effet, les écossais qui ont multiplié les manœuvres d'anti-jeu et tenté de durcir le jeu, n'ont été véritablement dangereux qu'en une seule occasion, sur une tête de Parlane bien stoppée par un Curkovic toujours concentré.
Même scénario en début de seconde mi-temps, alors que les clameurs reprennent, plus sourdes, plus effrayantes pour le champion écossais. Patrick Revelli est partout à la fois. Rocheteau multiplie les dribbles, les centres, Hervé Revelli et Larqué s'ingénient à gêner ces rudes écossais par des passes, des une-deux, des déviations rapides, instantanées. Mais il y a toujours une tête, un pied, celle Greig, celui de Stein pour repousser les assauts. A partir de la soixante-dixième minute, et après que les Rangers" aient brûlé leur dernière cartouche offensive sur une tête de Mac Donald, brillamment stoppée par Curkovic, la rencontre prend l'aspect d'un combat à sens unique. Le pressing intense des stéphanois semble aboutir en plusieurs occasions. Janvion, Farison deviennent de véritables attaquants. Et pourtant, rien ne se passe. Il reste deux minutes à jouer. Les écossais pensent tenir une défaite au goût de miel. Le public apparaît résigné. L'excellent arbitre hollandais consulte le chronomètre. Et puis tout à coups décisifs, s'en va sur la droite rageusement. Il bénéficie d'un contre favorable, s'avance, troue la défense, élimine deux adversaires d'un beau crochet intérieur et but violemment à ras de terre du coin des dix-huit mètres. Kennedy est battu. Le stade explose de soulagement et de joie. Les "Verts" viennent de donner une merveilleuse leçon de volonté et de courage. Ils iront sans peur affronter l'enfer d'Ibrox Park ».


Le match retour contre Glasgow Rangers décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Cinq novembre. Stade d'Ibrox Park en Écosse. Une pluie fine qui transperce. Une pelouse verte, souple, un public qui chante sa joie, sa confiance et Wallace, l'entraîneur des Rangers, qui a promis "l'enfer" aux joueurs stéphanois. Dans ce contexte, cet environnement exceptionnel, on craint le manque d'expérience européenne de l'ASSE qui vient la consécration, et on se souvient de la mésaventure d'une autre équipe stéphanoise dans ce même pays d'Écosse où l'on ne s'avoue jamais battu.
On craint aussi le premier fameux quart d'heure des Rangers. Et pourtant, le début de partie est favorable aux stéphanois. Groupés, solidaires, rigoureux dans le marquage, les coéquipiers de Larqué font impression par leur calme, leur extrême concentration, leur lucidité. Dès la deuxième minute, Schaer est en position de marquer en plein cœur de la défense écossaise, mais il rate son tir. Dix minutes plus tard, sur une action du même Schaer, Hervé Revelli à deux mètres des buts, voit son tir détourné in extremis par Greig... Le premier quart d'heure écossais... prévu comme dantesque pour les stéphanois n'aura pas eu lieu. Au vrai, les écossais paraissent surpris et troublés par la sérénité de leurs rivaux, leur manière collective et comprennent tout à coup que l'agressivité, la volonté, l'épreuve physique ne suffisent pas en football si elles ne s'accompagnent pas d'intelligence, de sang-froid, de maîtrise technique. Autant de qualités que Saint-Étienne, étonnant d'aisance, étale sous les yeux d'un public qui doute et ne chante plus avec autant de ferveur. Les écossais réagissent sporadiquement mais l'ASSE se comporte en véritable champion européen.
Au bout de la demi-heure, Rocheteau, prodigieux par ses dribbles, ses accélérations, ses chevauchées, emballe toute la machine stéphanoise et a l'occasion de marquer, mais Greig sauve désespérément. Contrariés dans leur poussée, contraints de courir après un ballon qui leur échappe le plus souvent, les écossais paraissent perdus, inadaptés devant un football auquel ils ne comprennent rien. Ils ont pourtant une occasion propice peu avant la mi-temps. Un formidable coup de tête de Johnstone, à la limite du hors-jeu, est détourné par Curkovic qui réalise en l'occurrence, une parade stupéfiante. C'est le tournant du match.
Dès la reprise en effet, les stéphanois, forts des enseignements de la première mi-temps, évoluent selon le même processus tactique et technique, privant l'adversaire du ballon, lui imposant un marquage strict et utilisant l'accélération. A ce jeu, Rocheteau est "époustouflant". Agressif, en embuscade, jetant par ses dribbles magiques le désarroi dans la défense adverse, il oblige les Rangers à une prudence de tous les instants. Mais irrités, épuisés, découragés par ce football français à la fois virevoltant et rigoureux, par ces adversaires qui échappent à leurs contacts, à leur emprise physique, ils cèdent le pas après un heure de jeu. Rocheteau saute sur l'occasion. Il démarre, feinte l'accélération sur l'aile, revient au centre à la hauteur des dix-huit mètres et au moment où deux écossais se précipitent sur lui, il tire sèchement, entre eux. La balle merveilleusement placée au ras du poteau, échappe au plongeon de Kennedy. C'est fini. L'ASSE est en quarts de finale de Coupe d'Europe, bien qu'il reste une demi-heure à jouer.
Dès lors en effet, l'ASSE agit à sa guise, versant même dans la démonstration.
Ce succès, la plus belle conquête stéphanoise en Coupe d'Europe, celle qui la propulse vers la consécration, les "Verts" ont voulu lui donner plus de piment encore.
Une percée de soixante mètres de "l'ange vert" aux longues boucles brunes, une course échevelée, saccadée, jusqu'au cœur de la surface de réparation adverse. Et puis, cette merveilleuse "passe, de la solidarité" à Hervé Revelli qui n'a plus qu'à caresser le ballon. 2-0 à Glasgow. On n'en croit pas ses yeux. En fin de match, le but marqué par Mac Donald n'est qu'une péripétie qui n'entame en rien la performance exceptionnelle d'une équipe "verte" qui a pris une autre dimension et rejoint les grands d'Europe. La suite allait le démontrer ».


Félin
Les quarts de finale

Quart de finale
Borussia MönchengladbachAller :
2 - 2
Retour :
1 - 1
Real Madrid


Quart de finale
BenficaAller :
0 - 0
Retour :
1 - 5
Bayern Munich


Quart de finale
Hajduk SplitAller :
2 - 0
Retour :
0 - 3
PSV Eindhoven


Quart de finale
Dynamo KievAller (03/03/76) :
2 - 0

40 000 spectateurs
Retour (17/03/76) :
0 - 3

(AP)
37 737 spectateurs
ASSE


Le match aller contre Dynamo Kiev décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Le vent, le froid, la neige, un stade bien vétuste, loin de correspondre à la dimension du match, un terrain lourd que les tuyères d'avion utilisées n'ont pu totalement assécher, 40 000 spectateurs vêtus de sombre, et un millier de supporters stéphanois, venus avec un espoir farouche, enfin des lumières crues, aveuglantes, donnant à ce décor un aspect irréel, presque lugubre.
Et pendant ce temps, aux vestiaires, des stéphanois qui doutent, qui ont peur parce que la réputation de l'adversaire est énorme. Des stéphanois qui ont vécu trois jours d'impatience, sur les nerfs, dans un hôtel d'un autre âge et une ambiance, un contexte peu en rapport avec leurs habitudes, leur manière d'être et de vivre.
Bref, ils sont perturbés psychologiquement lorsqu'ils pénètrent sur la pelouse du stade de Simféropol, mais ils entendent encore les recommandations de leur entraîneur : "Soyez attentifs, agressifs mais ne vous découvrez pas..." De fait, l'ASSE débute bien cette rencontre. Son application est extrême sur un terrain mouvant et Piazza montre la voie de la détermination en stoppant virilement Burjak. Larqué enchaîne par un coup-franc mais Rudakov est sur la trajectoire. C'est ensuite Rocheteau qui crée par deux fulgurants départs en dribbles des situations délicates dans le camp soviétique mais il est stoppé impitoyablement et l'arbitre, l'excellent M. Thomas, doit intervenir. Le premier quart d'heure, celui qu'on dit périlleux pour une formation évoluant en terre étrangère, est à présent passé, sans dommage pour l'ASSE. Certes, Curkovic est intervenu deux fois sur un tir de Burjak et une percée d'Onitchenko, mais il ne s'est agi pour lui que d'affaires courantes. Dans le camp des supporters stéphanois, on respire plus librement. Et pourtant... C'est à ce moment-là que la tâche de l'ASSE devient plus difficile car les coéquipiers de Blockine appuient davantage leurs actions.
Et à la vingt et unième minute, les "Verts" concèdent un premier but, de façon malheureuse sans doute mais un but quand même. Sur un corner de Matvienko, en effet, et une balle faiblement repoussée par la défense stéphanoise, Konkov, de vingt-cinq, effectue une sensationnelle reprise de volée. Curkovic est bien placé mais la hanche de Bathenay est aussi sur la trajectoire. Le ballon est détourné. C'est le but imparable. Dès lors, l'ASSE va souffrir, d'autant qu'elle ne parvient pas à tenir le ballon en milieu de terrain et commet des erreurs techniques inhabituelles. Kiev, de son côté, fait impression par sa vitesse de jeu, ses permutations incessantes, les offensives de son arrière-ailier Trochkine. Mais lorsque tout ne va pas pour le mieux sur le plan technique à l'ASSE, il lui reste toujours ses immenses qualités morales : la solidarité, l'abnégation, la volonté. C'est sur elles qu'elle s'appuie désormais pour faire face à "l'ouragan" soviétique. Un beau coup de tête d'Hervé Revelli sur un centre de Larqué rassure même les supporters stéphanois. Konkov, Vieremiejev contraignent bien Curkovic à des interventions de classe, alors que Blockine est "muselé" par un étonnant Janvion, mais les opérations se stabilisent en fin de mi-temps.
Dès la reprise, Kiev abandonne toute retenue et tente le KO. Kolotov donne un premier avertissement en obligeant Curkovic à une parade exceptionnelle et à la cinquante-quatrième minute, un coup-franc de Vieremiejev préalablement repoussé par le mur stéphanois est repris de vingt mètres par Blockine qui du tibia, expédie le ballon dans le but de Curkovic, masqué. Il reste plus qu'une demi-heure de jeu et l'ASSE apparaît en bien fâcheuse posture. 2-0 n'est pas un handicap insurmontable, mais c'est la limite qu'il convient de tenir par tous les moyens. Les "Verts" s'y emploient, farouchement, avec un merveilleux esprit de solidarité et d'abnégation. Repellini, Schaer aussi. Les deux hommes sont frais. Ils apportent un sang nouveau à une équipe qui se défend "becs et ongles". Curkovic réalise des prodiges sur des tentatives puissantes, réalistes de Kolotov et Vieremiev. Et l'ASSE tient, merveilleusement de courage, se permettant même en fin de match de séjourner dans les dix-huit mètres adverses. Mais lorsque l'arbitre siffle le terme de la rencontre, l'espoir est mince dans le camp des spécialistes car Kiev a dominé son sujet avec beaucoup de talent et de maîtrise.
Les joueurs eux, pensent que tout n'est pas perdu. On connaît la fabuleuse histoire du match retour ».


Le match retour contre Dynamo Kiev décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Une ville dans un stade. Une foule énorme qui hurle sa foi, qui crie sa confiance et qui pense que les miracles ont lieu toujours trois fois, après le Bayern, après Split. Dans les vestiaires, les "Verts" concentrés à l'extrême, blêmes, silencieux, entendent les clameurs. Ils savent que ce soir encore, ils pourront puiser leur douzième force dans le soutien inconditionnel de 40 000 personnes enchaînées à leur cause. Car ils sont là, certains depuis quatre ou cinq heures. Ils sont venus de partout, de Saint-Étienne, de la région, des quatre coins de France, pour gagner leur match, gagner un peu celui des "Verts". C'est un spectacle qui ne s'écrit pas, car on ne peut traduire l'émotion, les "coups de cœur" aussi fortement que je les ai ressentis ce soir-là. Les premières minutes sont haletantes car on les voudrait décisives. Les Soviétiques sont pris à la gorge. La domination stéphanoise est totale, souveraine, beaucoup plus massive et spectaculaire que celle du Dynamo à Simféropol. La tension monte à chaque accélération des "Verts". Les Soviétiques, froids, calculateurs, n'ont pas le temps de raisonner. Pas question de pouvoir "geler" le jeu devant le pressing incessant des "diables" Verts. Piazza déchire la défense de Kiev, mais Larqué ne peut exploiter la situation. Farison, qui a "oublié" Onitchenko, pique au centre et tire dans la foulée. Rudakov concède le corner. Deux minutes plus tard, Larqué expédie un tir-canon. Rudakov ne peut bloquer mais Rejko sauve de justesse devant Hervé Revelli.
Après cette flambée initiale, l'ASSE éprouve légitimement le besoin de souffler. Rocheteau (tête), Farison (tir) sont encore dangereux mais ce sont les Soviétiques qui terminent le plus fort cette mi-temps par deux actions de l'inévitable Blockine, mais Janvion et Curkovic veillent.
Durant le repos, les spécialistes font la grimace, mais il n'est pas un spectateur pour se résoudre à l'élimination. De son côté, Herbin conseille ses hommes : "continuez, ça va passer". Le jeu reprend sur le même mode : calme soviétique, pression stéphanoise. Les minutes passent trop vite. Rocheteau, Larqué provoquent des arrêts-réflexes de Rudakov mais rien ne passe. On en arrive alors à cette fabuleuse soixante-cinquième minute qui restera historique dans les annales du club. Blockine en position de contre, a récupéré le ballon sur l'aile droite. Il "grille" Janvion, évite Lopez dernier défenseur. C'est le face à face avec Curkovic qui a réduit l'angle et attend, exceptionnellement concentré. Blockine est-il impressionné, commet-il le péché d'orgueil ? Toujours est-il qu'il hésite à frapper, à s'engager. Lopez est revenu dans un sprint désespéré. Le "ballon d'or" soviétique qui à sa gauche Onitchenko, merveilleusement bien placé, tente un ultime crochet pour éliminer Lopez. Mais le libéro stéphanois à vu le coup. Il récupère le ballon on ne sait comment et lance immédiatement sur Piazza. L'Argentin, crinière au vent, trouve Patrick Revelli qui effectue une pichenette de l'extérieur du pied en direction de son frère. Rejko est lobé. Piazza est là, mais Hervé Revelli est le plus prompt. Déporté sur la gauche, il tire avec précision. Rudakov est battu. Le stade explose, croule sous l'ovation. Une minute s'est écoulée entre l'erreur de Blockine et l'exploit d'Hervé Revelli. Une minute entre le drame et l'espoir, la minute la plus folle qu'un de cette importance ait jamais fourni. L'ASSE trouve alors son second souffle dans un stade en délire. Les Soviétiques sentent la paniques les gagner. Six minutes ont passé depuis le but de l'espoir. La balle parvient à Hervé Revelli, à la hauteur des dis-huit mètres. Rejko précédemment humilié, ne se contrôle plus. Il bouscule l'avant-centre stéphanois. C'est le coup-franc immédiatement placé pour Larqué. Le capitaine des "Verts" prend son temps, puis tire brusquement. Il a vu le trou. La balle est comme téléguidée. Elle s'engouffre avec une précision diabolique au ras du poteau gauche de Rudakov. C'est comme si le tonnerre éclatait dans le stade. Tout est à refaire pour les Soviétiques. Tout recommence pour l'ASSE. Le dernier quart d'heure de ce match au "couteau", Hitchkock lui-même ne l'aurait pas désavoué. La qualification se trouve sur une lame de rasoir, prête à basculer dans l'un ou l'autre camp. Le coup de sifflet final de l'arbitre vient apporter le soulagement dans des cœurs qui battent trop vite. C'est l'inévitable prolongation. On conservera de ce temps de repos au bord de la touche des images hallucinantes. Les stéphanois, couchés, assis, le visage dans les mains, les yeux cernés, paraissent au bout des limites de la résistance humaine. Et pourtant, ils vont repartir au combat, alors que Santini a remplacé Larqué blessé. A coups de souffrance, de douleur, de sueur, ils tiennent tête dans un premier aux assauts des Soviétiques soudain revigorés. Rocheteau demande à sortir, Herbin ne l'entend pas. On assiste à la "dramatique" la plus palpitante de l'année. Piazza, la "bête", tombe à son tour, victime de crampes. Mais la foule l'aide à se relever. Curkovic sort le grand jeu sur un tir de Matvienko. Fin de la première prolongation. Le chemin de croix continue.
Et c'est la cent douzième minute. Santini, sur l'aile droite, réalise un petit chef-d’œuvre technique, évite Konkov, attire deux défenseurs et glisse le ballon entre eux à Patrick Revelli. Le parcours de l'indomptable Patrick Revelli est extraordinaire de détermination. Il éliminé Trochkine d'un dribble long mais la balle paraît sortir. Il la redresse dans un effort désespéré et centre. Hervé Revelli s'est précipité, attirant à lui deux défenseurs. Rocheteau est seul au point de pénalty, reprise instantanée de l'intérieur du pied droit. Le ballon file. Les filets tremblent. La folie dans les tribunes, les cœurs qui chavirent.
Il reste huit minutes à jouer, angoissantes, éprouvantes. On ne sait qu'elle miracle d'énergie permettra aux stéphanois d'éloigner le ballon, chaque fois et toujours, jusqu'à ce que M. Gonella délivre les poitrines, soulage les membres. L'ASSE vient de repousser les limites du possible. Le monstre soviétique est abattu et il ne comprend pas. Split non plus n'avait pas compris ».


Les demi-finales

Demi-finale
Real MadridAller :
1 - 1
Retour :
0 - 2
Bayern Munich


Demi-finale
ASSEAller (31/03/76) :
1 - 0

38 676 spectateurs
Retour (14/04/76) :
0 - 0

22 000 spectateurs
PSV Eindhoven


Le match aller contre PSV Eindhoven décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Les Bataves du PSV entourés de leur cortège de mystères, avec une réputation internationale encore mal établie, porteurs de la lourde succession du grand Ajax, ont pénétré sur la pelouse du stade Geoffroy Guichard. Le public qui établira ce soir-là tous les records d'affluence et de recettes de l'ASSE, siffle comme à l'habitude ces grands gaillards venus du Nord. Mais ils paraissent tout à fait imperméables aux cris, aux clameurs, à la passion qui déferlent des tribunes sur la pelouse.
Le public est fidèle à ce grand rendez-vous, les joueurs stéphanois allaient l'être également. Ils abordent ce match comme ils le font dans les grandes circonstances avec rigueur, sérieux, détermination, à un rythme éprouvant pour l'adversaire. Bathenay ouvre le "ban" à la troisième minute en expédiant un tir puissant. Larqué l'imite sur coup-franc, réglant la hausse en quelque sorte. Bousculé, contraint à la défensive, le PSV justifie néanmoins sa réputation d'équipe solidaire, athlétique. Après la dixième minute, la poussée stéphanoise se fait plus intense, les mouvements sont variés, intelligents. Sur le plan technique, les "Verts" disputent l'une de leurs meilleures parties européennes.
Le PSV alors se désunit un peu et a recours à des "trucs" pour neutraliser son adversaire et annihiler ses attaques qui arrivent comme un déferlement. Rocheteau n'est pas épargné et à la quinzième minute, un nouveau "fauchage" de Deykers sur l'"ange vert" provoque un coup-franc à vingt-cinq mètres des buts hollandais. Le public réclame Larqué. Il vient, se concentre longuement mais c'est Hervé Revelli qui s'élance. Manœuvre de diversion de nature à déplacer le "mur" car Larqué l'a suivi. Son tir claque comme un coup de fouet. Une frappe admirable, d'une pureté exceptionnelle, d'une précision diabolique.
Suivant une trajectoire insensée, le ballon pénètre au ras du poteau gauche du merveilleux Van Beveren qui ne peut qu'effleurer la balle du bout des doigts. Larqué vient de réussir le coup de Kiev mais il ne sait pas à cet instant précis qu'il vient de qualifier son équipe pour la finale de la Coupe d'Europe.
Le stade "bouillonne" et l'ASSE reprend sa course de son allure conquérante. C'est alors que Van Beveren fait étalage de ses dons prodigieux. Pris à contre-pied sur un tir de Synaeghel dévié par Stevens, il parvient par un saut de carpe à maîtriser le ballon. A la trente-sixième minute encore, après un très bon une-deux des frères Revelli, il a un arrêt-réflexe stupéfiant pour repousser le tir de Patrick Revelli à bout portant.
En fin de mi-temps pourtant, le PSV, bloc homogène à la fois solide et mobile, donne certaines inquiétudes à la défense stéphanoise et le frisson au public. Curkovic doit intervenir sur un tir de Deykers et Larqué dépossède Van de Kerkhof du ballon alors qu'il est en position de marqué après un contre favorable. Une fin de mi-temps pénible pour les "Verts", sorte de préfiguration de la seconde période.
Le PSV est en effet sorti de sa coquille dès la reprise du match. Bénéficiant d'une certaine baisse de régime des stéphanois émoussés par leurs généreux efforts de la première mi-temps, ils les privent de ballon et se font menaçants. Curkovic devient alors l'homme de la situation. Çà ne lui est pas arrivé depuis longtemps au stade Geoffroy Guichard. Par deux fois en cinq minutes, il sauve son camp sur des actions des frères Van de Kerkhof. On voit Kees Rijvers, revenu sur le théâtre de ses exploits, encourager les siens à aller plus loin à se montrer plus incisifs. Et puis, peu à peu, l'ASSE s'organise. Ce n'est pas le Saint-Étienne flambant de la première mi-temps mais un Saint-Étienne qui lutte pied à pied, avec opiniâtreté pour préserver son acquit. C'est lui qui finalement se crée dans un jeu de contres habituel au stade Geoffroy Guichard les meilleures occasions de conclure. Un tir de Rocheteau consécutif à un très bon travail de Patrick Revelli, frôle le montant des buts de Van Beveren. Puis une spectaculaire envolée du même Patrick Revelli, suivie d'une subtile déviation de son frère, placent Jean-Michel Larqué qui arrive en bolide dans une position de tir pratiquement idéale pour lui. La frappe du capitaine stéphanois est violente mais hélas mal cadrée. C'est la dernière occasion d'aggraver le score qui s'envole, mais ce 1-0 n'est pas une injustice tant le PSV a montré de qualités à tous les niveaux de jeu. Aussi le public qui quitte le stade ne paraît-il pas très confiant pour le match retour. Les joueurs stéphanois, eux, savent qu'ils ont préservé l'essentiel en évitant de se faire marquer un but. La suite leur donnera raison ».


Le match retour contre PSV Eindhoven décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Les Hollandais, qui ont pris l'habitude de "dévorer" quiconque se présente sur leur terrain mascotte d'Eindhoven, le grand Ajax en a conservé un souvenir cuisant en championnat, sont particulièrement confiants avant le venue de Saint-Étienne et ne pensent pas qu'ils puissent être contrariés dans leurs ambitions. Dans les rues, les supporters du PSV goguenards, arrogants, nous accostent et nous montrent main ouverte : PSV 3-0 Saint-Étienne. Les partisans français qui font grand tapage se contentent de hausser les épaules, mais ils ne sont pas très rassurés. Ils le font moins encore après cinq minutes de jeu sur la pelouse du stade Philips, véritable arène du football. Pendant ce laps de temps, en effet, Curkovic, magistral, a déjà sauvé trois fois son camp sur un tir de loin de Van de Kerkhof qu'il détourne en corner, puis sur une superbe tête d'Edstroem, véritable tour de contrôle, et enfin sur un nouveau tir de Van de Kuylen. La suprématie des Hollandais est complète, totale et on s'attend à l'égalisation sur l'ensemble des deux matchs. Et pourtant, rien ne vient. Mieux l'ASSE prend confiance, assurance, remonte le courant, s'organise, joue groupée, et vient poser des "bande-rilles" dans le camp hollandais par Synaeghel, Patrick Revelli puis Larqué.
C'est le Saint-Étienne de Glasgow qui commence son récital. Ne s'affolant jamais, pensant le jeu à la perfection, utilisant très adroitement le piège du hors-jeu, l'ASSE s'oppose avec intelligence aux assauts désordonnés, impétueux des joueurs de Rijvers. Surpris, gêné en effet par la puissance collective des "Verts", le PSV ne sait plus très bien comment agir. Attaquer bien sûr, mais défendre aussi car Rocheteau, sur talonnade de Hervé Revelli, vient de placer un tir fulgurant juste à côté du montant.
La maîtrise technique des stéphanois fait merveille. Curkovic est royal et Rocheteau, par ses percées rageuses, saccadées, balle rivée au pied, constitue un danger permanent pour la défense hollandaise. Mobilisant constamment deux arrières dont Deykers redoutable contre-attaquant, il ne permet pas au PSV de s'exprimer avec son aisance habituel dans le jeu d'attaque. Juste avant la mi-temps, Edstroem très en vue par ses prodigieux coups de tête et ses remises dangereuses, est touché au visage. Il ne reviendra pas sur le terrain après la pause. De son côté, Patrick Revelli expédie un tir formidable qui prend le chemin de la lucarne. L'excellent Van Beveren se détend en deux fois et détourne miraculeusement la balle. 0-0 à la mi-temps, c'est la moitié du chemin vers la finale, mais on se doute que le PSV n'a pas l'intention d'abdiquer si rapidement. Il attaque massivement au début de la seconde période. Et puis, tout à coup, c'est l'éclair. Sur un contre à la quarante-neuvième minute, Hervé Revelli servi par Larqué à la limite du hors-jeu, voit Rocheteau qui s'engage. Il centre intelligemment et "l'ange vert" marque de près. Hélas ! La joie des supporters et des joueurs est de courte durée car l'arbitre de touche a vu Rocheteau en position de hors-jeu, ce qui n'est pas l'avis de tout le monde. Après cet exploit mal payé, Rocheteau blessé, sort et Sarramagna rentre. Ce double coup du sort peut être de nature à traumatiser l'ASSE. Elle y puise des ressources nouvelles. Dès lors, c'est un véritable "corps à corps" qui va se jouer sur ce terrain d'Eindhoven où les minutes paraissent plus longues que des siècles. La ligne des 18m constitue la barrière à ne pas franchir. Piazza, tel un démon, joue de l'épaule, Lopez jaillit, Farison surgit, Janvion court plus vite que René Van de Kerkov, l'épouvantail. Ils paraissent ainsi, ces stéphanois admirables d'abnégation et de solidarité, jusqu'à dix minutes du coup de sifflet final. La qualification est au bout, épuisés mais debout, les "Verts" le savent et Curkovic en particulier. Son regard doux à ce soir l'éclat dur de l'acier. Il se dresse, hurle, repousse, sort, cueille la balle, plonge, boxe au-dessus des têtes. On a l'impression qu'en ce soir de triomphe, Yvan Curkovic le terrible est invulnérable.
La fin de partie est épique, pathétique. Les Hollandais se ruent littéralement à l'assaut du camp stéphanois. Trois minutes, deux minutes, une minute à jouer. Dalqvist a hérité de la balle à quelques mètres du but de Curkovic, près du poteau droit. Il tire. On frémit. Dans un suprême effort, venu d'on ne sait où, Yvan Curkovic stoppe le ballon. C'est le dernier exploit du merveilleux gardien stéphanois avant le coup de sifflet final de M. Taylor.
Les "Verts" ivres de joie, s'en vont saluer leurs supporters. Dix-sept ans après Reims, ils sont en finale de la Coupe d'Europe des clubs. Leur secret : une extraordinaire abnégation, vertu qui les distingue encore et toujours des grands d'Europe ».


La finale

Finale
Hampden Park (Glasgow)
Bayern Munich1 - 0
63 269 spectateurs
ASSE



L'équipe de la finale
Cette finale tout le monde l'attend depuis l'époque des glorieux rémois, la France du foot vit un printemps complètement vert.
La ferveur qui entoure l'équipe de Larqué, Santini, Bathenay et Rocheteau est portée par leurs exploits dans le Chaudron de Geoffroy-Guichard et la nouvelle épopée en Coupe d'Europe de l'ASSE.
Ce sont en fait les deux meilleures équipes d'Europe qui s'affrontent dans le stade d'Hampden Park à Glasgow : les Verts règnent sur l'hexagone avec deux doublés nationaux coupe-championnat, quant aux Allemands, emmenées par le « Kayzer » Franz Beckenbauer sont les doubles tenants du titre européen.


Le parcours des deux équipes

Pour arriver jusqu’en finale, Saint-Étienne a battu le FC Copenhague, les Glasgow Rangers, le Dynamo Kiev et le PSV Eindhoven. De son côté le Bayern de Munich a battu l’AS Jech, Malfö, le Benfica Lisbonne et le Real de Madrid.


Les compositions

Au coup d'envoi, il y a trois absents chez les stéphanois : Gérard Farison en défense (suspendu), Christian Synaeghel « la fourmi » du milieu de terrain (blessé), et surtout « l'ange vert » Dominique Rocheteau, en attaque, que Herbin a préféré laisser sur le banc.
Robert Herbin alignait son 4-3-3 classique, avec le Yougoslave Ivan Curkovic dans le but. En défense, il faisait confiance à l'Argentin volant Osvaldo Piazza à côté du jeune international Christian Lopez dans l'axe. A droite, on retrouvait le très rapide Gérard Janvion, et à gauche Pierre Repellini. Dans l'entre-jeu, Dominique Bathenay et Jacques Santini étaient auprès du capitaine Jean-Michel Larqué. Aux avants-postes, le trio était composé de Christian Sarramagna, de Patrick Revelli et de son frère Hervé.

En face, le Bayern se reposait sur l'ossature de l'équipe d'Allemagne championne du monde en 1974. Sepp Maier gardait le but. Devant lui, la charnière se composait de Schwarzenbeck et Beckenbauer, épaulés par Hansen et Horsmann. Au milieu de terrain, Durnberger, Kapellmann et Roth se chargeaient de neutraliser le jeu stéphanois. Devant, le Ballon d'or 1970, Gerd Muller, jouait à côté de Karl-Heinz Rummenigge, sacré plus tard en 1980 et 1981, et d'Uli Hoeness.


Le match

Le match décrit par l'auteur du livre « Association Sportive Saint-Étienne vice-champion d'Europe » :

« Il est 21h27 à Glasgow. L'ombre est tombé sur le vieil et glorieux Hampden Park tout habillé de vert. Beckenbauer, allure souple, conquérante, regard au dessus des têtes, a vu Muller s'engager vivement dans une manœuvre de démarquage. Sa passe est précise, sèche, expédiée avec désinvolture de l'extérieur du pied droit. Mais Piazza ne s'est pas laissé surprendre. Jusque-là, il a nettement dominé le "bombardier" allemand, le contraignant même à défendre lors de ses folles chevauchées. Mais si Muller n'est plus le vif argent de la dernière Coupe du Monde, il a conservé la ruse, l'astuce propre aux vieux professionnels. Il sent que Piazza va l'attaquer et il provoque la faute. Dos rond, "postérieur en retrait", il se met en position d'obstruction. Piazza est lancé. Il s'énerve devant l'attitude souventes fois répétées de son rival et le bouscule. L'arbitre le Hongrois Pilotai, jusque-là sans reproche, se laisse influencer et siffle un coup-franc indirect en faveur des Allemands, à vingt-cinq mètres des buts de Curkovic face à lui.
Beckenbauer a senti l'occasion propice. Il s'est avancé et là encore, l'astuce va triompher. Alors que l'arbitre fait reculer le mur stéphanois, le "Kaiser" effectue une petite passe sur sa droite à son coéquipier Roth. On connaît la puissance de tir du milieu de terrain allemand. Sa frappe est d'une violence inouïe. Les défenseurs stéphanois sont surpris et la balle va se jucher dans le coin droit des buts de Curkovic qui a plongé désespérément.
C'est le tournant du match. Le réalisme de "l'ours munichois" qui n'était jusqu'alors que deux ou trois sorti de sa tanière, triomphé de la générosité, du brio, de l'éclat de Saint-Étienne. C'était injuste, mais c'était ainsi. D'autant plus injuste que l'ASSE avait exercé depuis le début du match une domination presque totale sur le champion d'Europe en titre. On a vu en effet les Verts aborder cette rencontre sans le moindre complexe, avec cette confiance des Verts et cet esprit de challenger, sans démesure mais avec une impétuosité contrôlée. Et pourtant, le Bayern a été le premier en action. Dès l'engagement, Muller sollicité par Durnberger, efface Piazza et s'en va battre Curkovic malgré un angle fermé, n'écoutant pas ou ne voulant pas entendre le coup de sifflet de l'arbitre qui a signalé un hors-jeu. C'est un avertissement pour les Stéphanois qui se libèrent tout à fait quelques instants plus tard lorsque Patrick Revelli, commettant le crime de lèche-majesté dépossède Beckenbauer du ballon pour alerter Sarramagna dont le centre crée une situation dangereuse devant le but munichois. C'est le déclic qui permet dès lors à Saint-Étienne d'imposer sa manière face à un Bayern curieusement repliée sur lui-même et ne cherchant pas ou ne pouvant pas affirmer sa supériorité présumée. Un Bayern qui "gèle" le jeu, fait circuler le ballon, mais qui hésite à se porter en attaque comme s'il redoutait son adversaire autant que son adversaire le redoute. Il faut que Beckenbauer lui donne quelques impulsions pour que l'on constate la présence de Muller, de Rummenigge ou de Hoeness. Des impulsions dangereuses pour Curkovic mais beaucoup moins nombreuses et redoutables que celles des Stéphanois. Sur l'aile gauche en effet, un Sarramagna impétueux, vif-argent se joue d'Hansen et délivre des centres diaboliques. Patrick Revelli en reprend deux en pleine course, mais déporté par rapport à la trajectoire du ballon, il ne peut assurer ses tirs. Au milieu de terrain, l'ASSE contrôle les opérations bénéficiant pour se faire de la position d'attente adoptée par un rival dont l'impassibilité n'est qu'apparente. Santini effectue un remarquable travail de liaison dans cette partie du terrain marquée par l'ascendant collectif des Stéphanois, tandis que Larqué sérieusement pris en charge par Roth, n'a pas son rayonnement habituel, mais effectue d'utiles manœuvres de diversion pour ses coéquipiers. En défense enfin, pas de grosses inquiétudes si ce n'est sur cette action de Kapellmann alerté par Repellini.
La première demi-heure de jeu écoulée, les événements vont ensuite se précipiter. S'emparant du ballon au milieu de terrain, Bathenay s'en va dans son style de puncheur, enroulant la balle autour de son pied gauche pour éliminer un, puis deux, puis trois adversaires. Son tir décroché des vingt mètres est d'une violence exceptionnelle. La balle frappe la transversale alors que Maier n'a pas bougé. Hervé Revelli est à la réception.
Il ne sait pas qu'il est seul, qu'il a eu le réflexe le plus prompt. Il le regrettera longtemps au lieu de contrôler posément cette balle à dix mètres de Maier, il la reprend instantanément de la tête. Le gardien allemand est hélas sur la trajectoire. Cette action alimentera longtemps les conversations après cette finale et on en gardera toujours l'image. Le Bayern un instant troublé est le plus prompt à reprendre ses esprits et sur la contre-attaque, une action conjuguée Beckenbauer - Schwarzenbeck place Hoeness en position favorable à une dizaine de mètres des buts de Curkovic.
Sa frappe instantanée est d'une puissance inouïe et Curkovic doit s'y reprendre à deux et même trois fois pour empêcher la balle de pénétrer dans son but.
En quelques minutes donc, deux occasions très belles ont jeté deux éclats de lumière dans un match qui prend soudainement une nouvelle dimension. La fin de la première mi-temps est en effet vivante, colorée, le Bayern consentant à prendre certains risques, car il se rend compte enfin qu'il n'est pas suffisant de conduire sa barque avec application et sérieux pour battre Saint-Étienne. C'est pourtant l'ASSE qui termine cette première mi-temps sur le ton le plus élevé. A la trente-neuvième minute se jouera en effet, l'action la plus émouvante de la finale, celle qui en tout cas, fera couler le plus d'encre et de salive. Sarramagna est parti sur l'aile gauche. Pour la énième fois, il a éliminé son opposant et effectué un centre tendu au premier poteau. Santini s'est précipité. Sa reprise de la tête surprend tout le monde, Maier y compris qui est resté figé sur sa ligne. Là, une nouvelle fois, la balle frappe la fameuse transversale "carrée" du but de Maier, et revient en jeu. Une minute plus tard, un terrible sur coup-franc de Sarramagna frôle le montant des buts allemands. On se dit alors parmi les quelques 30 000 spectateurs des Verts que ce n'est pas le jour de l'ASSE, mais on espère encore.
Une espérance déçue par ce but de Roth narré en début de ce papier. Un but qui trouble évidemment la confiance des Stéphanois, mais n'entame pas sa qualité morale bien que Curkovic doit réaliser un authentique exploit sur une infiltration de Muller, puis un tir à bout portant de Hoeness. Contrainte de prendre des risques en effet, l'ASSE se lance à l'attaque, s'exposant aux contres. Mais qu'importe... Piazza par deux fois traverse tout le terrain, rageusement de son exploit, il ne peut assurer ses tirs.
Le temps travaille en faveur du Bayern qui s'applique à tisser sa toile autour de Beckenbauer, ne prenant plus aucun risque en fin de match. C'est alors qu'Herbin tente le tout pour le tout. Il lance "l'ange vert" blessé dans l'arène. Il reste moins de dix minutes à jouer. Ce que réalisera Rocheteau au cours de ces dix minutes, laissera des regrets profonds dans le cœur des Stéphanois car chacun sentit confusément que le prodige stéphanois pouvant faire toucher les épaules au vieux lion munichois. A la 85e minute, il s'infiltre dans la défense du Bayern, et le "Kaiser" lui-même est obligé d'aller le cueillir pour dégager en corner. A l'ultime minute enfin, il réalise un petit chef-d'œuvre technique, éliminant quatre adversaires dans un mouchoir avant de servir Patrick Revelli démarqué à six mètres des buts. Le tir du cadet des Revelli est trop mou, trop "calculé" est Maier peut intervenir. Les Stéphanois quittent le stade les larmes aux yeux. Ils ont perdu une bataille mais pas la guerre ».

Le Bayern réussit ainsi l'exploit de remporter trois années de suite le trophée. Seul le Real Madrid a fait mieux avec cinq trophées consécutifs, tandis que l'Ajax Amsterdam a réalisé la même chose en remportant lui aussi trois trophées d'affilée.

Robert Herbin déclare « à travers nous, le foot français est sorti de son amateurisme ».

La Une du journal « L'Équipe » au lendemain de la finale :



En savoir plus

Pour en savoir plus sur la finale, cliquez sur le lien suivant :

>> [12/05/16] Dispositif grand match (Bayern Munich - ASSE) <<
www.forumpeuplevert.com/t2039-12-05-16-dispositif-grand-match-bayern-munich-asse#finale


Les poteaux carrés

L'AS Saint-Étienne a forgé sa légende autour des nombreux titres glanés entre 1957 et 1981 et grâce aux fabuleux exploits réalisés en Coupe d'Europe...
Les Verts sont passés d'un rien à côté de la victoire finale en Coupe d'Europe des Clubs Champions le 12 mai 1976 à Glasgow face au Bayern Munich (0-1).


Poteaux carrés vs poteaux ronds

Dominique Bathenay d'une frappe lourde du pied gauche et Jacques Santini de la tête avaient en effet frappé les montants allemands en première période, avant que Roth ne transforme un coup-franc peu avant l'heure de jeu, offrant ainsi la victoire à l'équipe emmenée par Franz Beckenbauer. Ironie du sort, l'enceinte de la finale, le stade Hampden Park, disposait encore de poteaux de section carrée en guise de buts, une donnée technique qui a alors posé une question dont les supporters Foréziens n'auront probablement jamais la réponse : les frappes des deux milieux de terrains stéphanois auraient elles été accompagnées dans le but avec des poteaux de section ronde au lieu d'être repoussées ?


Les Verts veulent récupérer leur pire cauchemar

Afin de perpétuer le mythe de la formation entraînée par Robert Herbin trente-six ans plus tard, l'ASSE aurait alors demandé au musée écossais où elles sont entreposées de récupérer les trois poutres qui ont fait de ce match l'une des finales les plus controversées de l'histoire en France, mais aussi chez les observateurs européens de l'époque. « L'ASSE a envoyé un mail au conservateur du musée d'Hampden, afin de voir comment on pourrait faire pour récupérer les poteaux qui n'ont pas de réelle valeur pour les Écossais. Nous attendons la réponse », a ainsi expliqué Philippe Gastal, futur directeur du musée qui ouvrira ses portes au terme des travaux de rénovation de Geoffroy-Guichard...


Manufrance

Manufrance est une célèbre et emblématique entreprise stéphanoise. C'est la première société de vente par correspondance française.


L'histoire


Pierre Blachon

Étienne Mimard
17 octobre 1885

Étienne Mimard et Pierre Blachon achètent la « Manufacture Française d’Armes et de Tir » de Monsieur Martinier-Collin pour 50 000 pièces-or. La société devient la « Manufacture française d'armes de Saint-Étienne ».
La même année est créé « Le Chasseur français », un périodique sur le monde de la chasse. Le premier numéro porte la date du 15 juin 1885 et comporte quatre pages.

1886

La Manufacture crée le catalogue « Tarif-Album » qui consiste à présenter les armes commercialisées par l'entreprise et des articles pour chasseur, afin de les vendre par correspondance. Il est édité à 20 000 exemplaires.

1889

Le catalogue de vente par correspondance est édité à 300 000 exemplaires.

Années 1890

L'usine compte plus de 10 000 ouvriers et près de 9 000 machines ce qui permet de produire plus de 1 600 fusils par jour, ainsi que des revolvers, des carabines, des mousquetons, des épées et autres sabres-baïonnettes.

1892

Le premier magasin de vente à Paris ouvre, au 42 rue du Louvre. Peu de temps après la découverte de la bicyclette, l'entreprise lance la sienne sous le nom d'Hirondelle. L'entreprise est rebaptisée « Manufacture française d'armes et de cycles de Saint-Étienne ».

1893

Commence la construction des nouveaux bâtiments, au Cours Fauriel à Saint-Étienne.

1894

La société emménage dans ses nouveaux locaux.

1897

La Manufacture crée la carabine mono-coup « Buffalo », une carabine de tir et de jardin.

1900

80 succursales sont déjà ouvertes dans les colonies françaises.

1902

Une centrale électrique est construite pour l'usine.

1904

L'entreprise propose à ses clients ses premières cartouches prêtes à l'emploi.

1906

La Manufacture crée la machine à coudre « Omnia ». La société possède huit magasins en France et 367 agences à l'étranger et dans les départements d'Outre-Mer.

1907

Le catalogue de vente par correspondance compte 1 200 pages.

1908

La Manufacture lance le fusil « Simplex ».

1911

La société prend le nom de Manufrance et devient une société anonyme.

1913

Manufrance lance le fusil « Robust », un fusil de chasse juxtaposé, la référence pour ce type de fusil.
Elle sort également une bicyclette modèle grand tourisme, avec six vitesses rétro-directe et roue libre, pour un prix de deux cents francs.

1914

Pierre Blachon décède et lègue la majorité des actions aux Hospices civils de Saint-Étienne.
Manufrance lance le pistolet « Le Français » et met au point le pneu démontable.
La société a des magasins dans quinze des plus grosses villes françaises : Rouen, Paris, Avignon, Toulouse, Nantes, Lille, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Nancy, Troyes, Valence, Lyon, Nice...

1929

Avec la crise et la multiplication des taxes et des impôts sur la société, les affaires sont plus difficiles.

1939

Le Chasseur français est tiré à 450 000 exemplaires.

1944

Le fondateur, Étienne Mimard, décède. Il avait renoncé, depuis les grèves de 1937, à léguer la moitié des actions qu'il détenait à ses employés. Il les lègue à la municipalité de Saint-Étienne, ce qui marquera la fin de l'entreprise plus de quarante ans plus tard.
Pierre Drevet devient Président Directeur Général. Il occupera le poste pendant huit ans.

1945

Manufrance s'adjoint des commerces indépendants pour ouvrir des magasins agréés Manufrance.

1952

La Seconde Guerre mondiale a un lourd impact sur Manufrance. En effet, Étienne Mimard ne souhaitait pas collaborer avec les allemands et, de ce fait, ne bénéficie pas du matériel que ceux-ci pourraient fournir.
Manufrance crée la carabine « Reina » à répétition automatique et calibre 22 LR à huit coups.

1958

La société lance le fusil « Rapid », un fusil de chasse à pompe.

1962

Elle crée le fusil « Perfex », un fusil de chasse semi-automatique à trois coups.

1968

La société crée le fusil « Falcor », un fusil de tir et de trap.

1970

Manufrance fabrique plus de 70% des armes de chasse françaises. L'entreprise dispose de 125 000 m² d'usines à Saint-Étienne. Elle expédie chaque année 20 000 tonnes de marchandises en France et dans le monde entier. 48 magasins sont répartis dans toute la France. 1 500 000 foyers reçoivent le catalogue.

1973

A son apogée, Manufrance dispose de 64 magasins dans toute la France, 30 000 références sont présentes dans le catalogue, 30 000 machines à coudre Omnia sont livrées. Le Chasseur français est vendu à plus de 815 000 exemplaires. Manufrance est une société industrielle et commerciale à dimension internationale produisant plus de 80 000 fusils par an, avec plus de 4 000 salariés.
Cependant l’élargissement de la Communauté Économique Européenne (CEE) accentue la concurrence et celle-ci devient plus difficile encore à supporter avec l'ouverture au monde (lorsque sont introduites des machines à coudre japonaises sur le marché français par exemple).

1973-1979

La crise survient lorsque la mairie communiste dirigée par Joseph Sanguedolce doit gérer les difficultés de l'entreprise en tant que propriétaire. Depuis la mort du fondateur, la gestion de Manufrance n'a fait que décliner, du fait de l'absence de dynamisme et de la mauvaise gestion de certaines familles qui se sont succédé à sa tête.

7 février 1979

Manufrance est mise en liquidation judiciaire.

1979

La « Société Nouvelle Manufrance » est créée, prenant en location-gérance l'ensemble des biens et activités de Manufrance.
Mais elle ne peut pas servir les commandes par manque de fonds de roulement non-accordés par les banques.

23 octobre 1980

Le Tribunal de Commerce de Saint-Étienne annonce le dépôt de bilan et vend le réseau commercial ainsi que Le Chasseur français.

25 octobre 1980

La Société Nouvelle Manufrance est mise en liquidation judiciaire. Le personnel occupe les locaux.

30 décembre 1980

Une « Société de Coopérative Ouvrière de Production et Distribution » (SCOPD), appelée familièrement « Manufrance 3 », est mise en place en six jours. Après négociations, elle arrive à reprendre le contrat de location-gérance de la Société Nouvelle Manufrance, qui ne comprend ni le réseau commercial, ni Le Chasseur français, vendus deux mois auparavant. Bernard Tapie obtient l'exploitation de la marque, mais ne réussit pas à mettre la main sur les actifs de l'entreprise.
La société rassemble vingt et un coopérateurs. Leur nombre va ensuite évoluer en parallèle du développement de l'entreprise pour atteindre près de six cents personnes en janvier 1983.

1982

La société étant en difficulté, un plan de relance est établi mais sans succès.

4 avril 1985

La SCOPD est mise en liquidation judiciaire et les quatre cent salariés restants sont licenciés. Débute alors une nouvelle occupation de l’entreprise qui dure vingt mois jusqu’en décembre 1986.

19 février 1986

Le matériel, le mobilier et les immeubles sont vendus.

1er octobre 1988

Jacques Tavitian relance l'activité avec la création de la SARL « Manufacture française d'armes de Saint-Étienne » et le rachat de quelques marques du portefeuille de l'ancienne société Manufrance. Gérant, il ouvre un magasin à Saint-Étienne et crée à nouveau un catalogue de vente par correspondance. La conception des produits est réalisée en partenariat avec des fabricants français.

9 juillet 1992

Une action en justice a été lancée contre les dirigeants de la SCOPD, c'est l'« affaire Manufrance ». Le Tribunal de Grande Instance de Saint-Étienne rend son jugement. Bilan : « trente-six ans et deux mois d’emprisonnement dont vingt-deux ans et un mois avec sursis pour les quinze syndicalistes et deux experts comptables. 100 000 francs d'amendes pour ces derniers et, pour les syndicalistes, 36 406 000 francs à payer à un syndic de liquidation pour préjudice matériel et moral. Sur les dix-sept condamnés, les uns le sont pour abus de biens sociaux et recel, d'autres, les dirigeants syndicaux les plus responsables, pour complicité de vol et recel, d'autres enfin, les deux experts comptables, pour n'avoir pas dénoncé les faits que le tribunal a jugés délictueux ». Les dix-sept condamnés font appel.


Manifestation de soutien
31 mars 1993

Le procès en appel s'ouvre.
La CGT appelle à une manifestation nationale à Lyon en soutien aux militants condamnés. Soixante mille manifestants sont réunis.

2 juin 1993

La Cour d'appel de Lyon opte pour la relaxe de l'ensemble des dirigeants et syndicalistes de la SCOPD, marquant ainsi la fin de l'affaire Manufrance.

22 décembre 2002

Les façades, les toitures et le matériel industriel (tableaux électriques, pont roulant et deux moteurs) de la centrale électrique sont inscrits au titre des monuments historiques.


Félin
Manufrance et l'ASSE

Suite à la crise de mai 68, le Groupement du Football Professionnel (aujourd'hui LFP) autorise la possibilité pour les clubs d'avoir un sponsor unique. L'ASSE est, en 1973, dans une santé sportive globalement satisfaisante. Elle a déjà un palmarès particulièrement fourni, tant en championnat qu'en coupe. Six titres de champion de France en 1957, 1964, 1967, 1968, 1969 et 1970, ainsi que trois coupes de France 1962, 1968 et 1970. Le centre de formation alimente également généreusement l'équipe première. Les Verts de 1976 ont tous été formés dans le Forez de 1964 à 1972, sauf Curkovic, le gardien yougoslave et Piazza, le stoppeur argentin. Pourtant, depuis 1969-1970, aucun titre ne vient couronner l'équipe verte et, en mai 1971, l'affaire Carnus-Bosquier secoue le club. Au plan financier, la situation est difficile sans être catastrophique, le déficit prévisionnel pour la saison 1973-1974 s'élève à 500 000 francs. Le contrat liant le club à Manufrance permettra d'équilibrer les comptes.

Pour ce qui concerne Manufrance, la situation est momentanément relativement faste. Jusque dans les années 1970, l'entreprise réalise des bénéfices. Mais depuis la fin des années 1960, l'absence de politique à long terme (manque d'investissements dans les machines) est déplorée, aussi bien par les cadres que par les ouvriers. Une critique de plus en plus vive est adressée aux gestionnaires, ces derniers sont soupçonnés d'abuser de leur influence en faveur de leur entourage et d'incapacité à prendre les bonnes décisions. L'activité de production de l'entreprise commence à être remise en question et la vente par correspondance est menacée par la concurrence... comme l'ASSE l'est par l'Olympique de Marseille et le FC Nantes. Manufrance perd de l'argent dès 1975. En 1976, les pertes sont multipliées par six.


Maillot saison 1973-1974


Maillot entre 1974 et 1978


Maillot saison 1978-1979
Le premier contrat publicitaire liant Manufrance à l'ASSE est paraphé le 18 décembre 1972. Il prévoit la location d'un emplacement devant la partie centrale de la tribune Henri Point d'une superficie de vingt-quatre mètres carrés. Le contrat couvre la période du 1er décembre 1972 au 30 novembre 1975, le coût annuel s'élève à 10 000 francs, soit 30 000 francs pour trois ans. Une reconduction tacite du contrat est convenue si aucun « dénoncement » n'est demandé par l'ASSE ou Manufrance. Inflation oblige, une pondération sera automatiquement appliquée en fonction de l'indice INSEE. Les travaux d'installation de la publicité murale sont effectués par l'entreprise locale Delorme-Garzena et s'élève à 823 francs, dont Manufrance s'acquitte. Il s'agit ici du premier contrat publicitaire, avant que les panneaux roulants et les maillots ne se parent du logo de la manufacture.
Mais c'est bien sûr le deuxième contrat, celui qui est cosigné le 1er février 1973, qui cimente le partenariat entre l'ASSE et la société. Il stipule le port du nom « Manufrance » et/ou « Manufrance-Saint-Étienne » sur le torse et dans le dos des joueurs. Cette publicité est exclusive, seule la marque de l'équipementier Le Coq Sportif apparaît en médaillon. Le flocage se fera sur les maillots de matchs, mais aussi les survêtements, ainsi que les chasubles d'entraînement, sauf pour la Coupe de France et la Coupe d'Europe des Clubs Champions. Cette dernière est organisée par l'UEFA qui a son propre règlement en matière de sponsoring. Quant à la première, les deux sponsors les plus généreux sont choisis par la FFF et sont portés par chacune des équipes qui se rencontrent suite à un tirage au sort. Il est mentionné également, qu'en cas de retransmission télévisée, une demande de port de sponsor doit être faite auprès de l'ORTF. Le montant de l'opération s'élève à 500 000 francs pour une période allant du 1er février 1973 au 30 juin 1974. En juin 1974, le nouveau contrat doit avoir l'aval du Groupement du Football Professionnel. Ce dernier a donné son accord au sponsoring exclusif pour désamorcer la crise du football français palpable dès mai 68, mais s'est gardé la prérogative d'en évaluer le contenu. Ainsi, le contrat du 1er février est largement corrigé par le Groupement. Tout ce qui concerne les autorisations de port du survêtement Manufrance avant un match de Coupe de France et de Coupe d'Europe des Clubs Champions et/ou durant un match télévisé est purement et simplement supprimé. Dès lors, l'affaire est rendue publique par les médias.
L'ASSE souhaite un support publicitaire pour équilibrer son budget (environ 5,5 millions). Le montant de l'opération n'est pas divulgué, mais il est assez important. L'ASSE comblera une partie de son déficit prévisionnel. C'est l'association normale de deux images de marque de la ville. Ainsi se concrétise une heureuse association entre les deux symboles de Saint-Étienne, la « Manu » et l'ASSE, qui ont toutes deux une large audience dans les milieux sportifs.
Il est alors mentionné le montant de 500 000 francs pour les dix-huit mois à venir. Les premiers échanges financiers ont lieu dès le 3 février 1973, soit deux jours après la signature du contrat, Manufrance s'acquitte de la somme de 240 000 francs en guise d'acompte. Le flocage est réalisé par la société Duarig, Manufrance paie les 279,61 francs pour ce service. Les joueurs étrennent le maillot pour la première fois contre le FC Sedan Ardennes et les photos en pleine action des joueurs au logo « MF » sont largement diffusées par la presse locale. Six photos dont cinq en action et une en pose de l'équipe sont dans le quotidien régional « La Tribune-Le Progrès ». Pour agrémenter le tout, Roger Rocher invite Georges Drevet, le Président Directeur Général, à un repas très politique. Le premier mentionne qu'une plaquette de présentation résumant les principales décisions a été édictée et sera rendue publique en présence du Maire Durafour et du Préfet de la Loire Camous. Il est fait mention d'une collaboration industrielle et commerciale de la région avec l'ASSE. La présentation de la plaquette et le déjeuner ont lieu le jeudi 24 mai à 17h30. Le directeur de Manufrance inscrit au crayon « répondre favorablement ». Le 22 mai 1973, Manufrance envoie un nouveau logo à l'équipementier Le Coq Sportif. L'affaire est donc scellée, les sous-traitants, les autorités politiques et économiques locales et les médias labellisent le partenariat. Ce rapprochement se justifie par des enjeux financiers mais pas par une dimension culturelle.

Le partenariat prend fin en 1979, année de la liquidation judiciaire de Manufrance.


Réédition du maillot de 1976
Aujourd'hui, Manufrance est ancrée dans les esprits comme étant le maillot de la finale de Coupe d'Europe des Clubs Champions de 1976. En effet, les supporters retiennent Manufrance comme un maillot et non comme un sponsor. Ce « maillot Manufrance » est entré dans l'histoire du club tout comme Manufrance est entré dans l'histoire de l'industrie.
Les supporters continuent de porter le maillot Manufrance, lui qui a été réédité avec les techniques de fabrication contemporaine.


Les PDG

1892

Étienne Mimard

1944

Pierre Drevet

1952

Jean Fontvieille

1969

Georges Drevet

1975

André Blanc

1977

Henri Fontvieille

1977

Jacques Petit

1979

François Gadot-Clet
Auteur du livre « Une certaine idée de Manufrance, mes 300 jours de PDG », éditions Filippachi, 1979

1980

René Mestries

1988

Jacques Tavitian


La comparaison entre passé et présent





PasséPrésent

Société anonyme
51 cours Fauriel
Production :
- armes
- cycles
- machines à coudre
- articles de pêche
- ...


« Bien faire et le faire savoir »
plus de 4000 salariés
Logo

Forme juridique
Siège social
Activité




Slogan
Effectif

Société à responsabilité limitée
6 rue de Lodi
Vente de produits :
- cuisine et maison
- bricolage et jardinage
- extérieur
- loisirs et randonnée
- animalerie
- chasse

Pas de slogan
Quelques salariés


L'activité

Dans le passé

Manufrance s'est fait connaître dans le monde entier par son catalogue de vente par correspondance et son journal, Le Chasseur français. Elle produisait entre autres des armes, des cycles, des machines à coudre, des articles de pêche...

En 1977, le catalogue de 960 pages comprenait quatre parties :

  • La vie en plein air :
    • Jardin, camping, chasse ;
    • Pêche, cycles, sports ;
    • Autos, voyage ;
    • Habillement.
  • La maison :
    • Blanc, machines à coudre ;
    • Électroménager, chauffage ;
    • Ameublement, tapis, luminaires ;
    • Coutellerie, orfèvrerie, ménage.
  • Les loisirs :
    • Radio-télé, photo, bureau moderne, lecture, dessin ;
    • Reliure, jeux et jouets, horlogerie, cadeaux.
  • Le bricolage et le jardinage :
    • Bricolage, outillage, quincaillerie ;
    • Jardin, élevage, travaux d'extérieur.

La marque « Falcor » est déposée à l'INPI le 3 janvier 1979, un mois avant la liquidation judiciaire de Manufrance. Les marques « Simplex » et « Idéal » sont déposées le 13 juin 1980, quatre mois avant la liquidation judiciaire de la Société Nouvelle Manufrance.



Couverture du catalogue « Tarif-Album »

Produits figurant dans le catalogue

Produits figurant dans le catalogue


Produits figurant dans le catalogue

Produits figurant dans le catalogue

Page du périodique « Le Chasseur français »


Usine

Usine

Usine


Usine

Usine


Dans le présent

Manufrance commercialise par le biais de son catalogue général et du catalogue « Armes et munitions », de nombreux articles concernant la randonnée, la pêche, la chasse, la coutellerie... Un réseau de magasins Manufrance est en cours de développement. L'entreprise possède également une unité de production pour la fabrication d'armes de chasse, montées en France : fusil Robust, fusil Simplex et plus récemment le fusil Falcor. L'entreprise possède également un atelier d'armurerie en mesure de pouvoir restaurer les fusils Idéal et Perfex.
Manufrance réédite les anciennes affiches et des anciens tableaux.

En plus des marques « Falcor », « Simplex » et « Idéal » déjà déposées à l'INPI, la marque « Robust » est déposée le 7 avril 2008. Ces quatre marques ainsi que la marque « Manufrance » appartiennent à l'EURL « TJ Marque » de Jacques Tavitian.


Les bâtiments


Carte du site
Le site, qui s'appelle « Espace Fauriel » depuis 1988, comprend :

  • Le bâtiment de l'administration, en forme en « L » couché, parallèle à la route.
    Aujourd'hui, la partie du bâtiment parallèle à la route est notamment occupé par l'EKLYA School of Business, une école de commerce de la Chambre de Commerce et d'Industrie Lyon métropole Saint-Étienne Roanne, et l'EM Lyon Business School, une école de management et de commerce.
    Abandonnée depuis la fermeture de Manufrance et réhabilitée en 2020, aujourd'hui la partie du bâtiment perpendiculaire à la route s'appelle « La Verrière Fauriel ». Avec son architecture d'acier et de verre, elle offre une surface de 1 400 m² (1 000 m² au sol et 400 m² en mezzanine) et un parvis extérieure. Elle peut accueillir jusqu'à 1 000 personnes pour des déjeuners, des dîners, des soirées de gala, des conférences et des expositions. La Verrière Fauriel devient une extension du Centre des Congrès, tout proche.

  • Le bâtiment de la centrale électrique, situé à droite du bâtiment de l'administration. La centrale a pour but d'alimenter les machines du site.
    Aujourd'hui, il est occupé par Porcelanosa, un fabricant de produits en céramique, et Atelier d'Architecture Rivat.

  • Le siège de la CCI Lyon métropole Saint-Étienne Roanne s'est construit à droite de la centrale électrique.

  • Une première usine, située derrière le bâtiment de l'administration. Son architecture diffère des autres bâtiments avec sa toiture en dents de scie.
    Aujourd'hui, elle n'existe plus. A la place, se trouvent un parking souterrain et à la surface un jardin et le Planétarium de Saint-Étienne.

  • Une seconde usine, la monumentale « usine à étages » de 287 mètres de long sur vingt-six mètres de haut, située derrière la première usine. Appelée la « barre Lassaigne » du nom de son architecte, cette usine de 35 000 m² est l'expression des innovations ramenées par Étienne Mimard de ses voyages aux États-Unis.
    Aujourd'hui, le bâtiment est notamment occupé par :
    • Le siège social de la Caisse d'Épargne Loire Drôme Ardèche ;
    • Le Centre des Congrès, agrandi à l'arrière du bâtiment ;
    • Une partie de l'École nationale supérieure des mines ;
    • Une partie de Saint-Étienne Métropole ;
    • Une partie du Conseil générale de la Loire ;
    • Le service clients Carrefour ;
    • Une « délégation conseil MAIF » ;
    • Un centre d'affaires.



Vue aérienne du site à l'époque

Vue aérienne du site aujourd'hui

Bâtiment de l'administration à l'époque


Bâtiment de l'administration aujourd'hui

La Verrière Fauriel aujourd'hui

Bâtiment de la centrale électrique aujourd'hui


Usine à étages aujourd'hui, avec Planétarium

Usine à étages aujourd'hui


Pour finir...

Les liens

[12/05/16] Dispositif grand match (Bayern Munich - ASSE)
A l'occasion des quarante ans de la finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions

[06/02/20] Dispositif Roger Rocher
A l'occasion du centenaire de la naissance de Roger Rocher

Revivre les matchs de la saison 1975-1976

Les maillots (Manufrance)

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